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Paris, Delpire, 1957. In-12 oblong (185 x 210 mm), 103 pp. Cartonnage illustré de l'éditeur.
Édition originale dédiée à Tristan Tzara. La couverture est illustrée d'un tapa océanien. L'ouvrage reproduit également des objets d'art africain. Charles Ratton fut conseiller artistique du volume. L'exemplaire d'André Malraux. Cet ouvrage porte un envoi d'admiration de l'auteur à Malraux. Bel exemplaire.
Paris, Paul Ollendorf, 1895. In-12 (145 x 200 mm), 2 ff. n. ch., 23 pp. Broché, couverture ivoire illustrée d'éditeur rempliée.
Édition originale. L'exemplaire n°1 sur Chine. Ce délicieux ouvrage est composé de petites phrases échangées sur l'amour par des amants et des maîtresses. Ces petites tranches de vie sont chacune aggravées d'un commentaire au crayon par Lucien Métivet. Les illustrations ont été gravées en taille-douce et tirées en bistre. Il a été tiré de cet ouvrage 50 exemplaires numérotés sur Chine. Celui-ci porte le numéro 1 et est augmenté d'une suite en noir. Lucien Métivet (Paris 1863-Paris 1932) fut peintre, affichiste et illustrateur. Il exposa de 1889 à 1891 au Salon de la société des Artistes français. Il collabora à la décoration de la Taverne de Paris, illustra plusieurs ouvrages jusque dans les années 1920 et divers journaux : L'Assiette au beurre, Le Journal amusant, Le Rire… Très bel exemplaire.
Paris, Armand-Aubrée, 1833-1836. 46 volumes in-8 (205 x 125 mm). Demi-veau châtaigne, dos lisses ornés de faux nerfs dorés et de fleurons à froid, titre et tomaison dorés, tranches mouchetées, quelques frottements, petites rousseurs dans certains volumes (reliure de l’époque).
Édition originale de cette importante compilation de voyages, publiés, revus et parfois traduits par Albert Montémont. Elle rassemble les meilleurs récits depuis Magellan et Christophe Collomb jusqu’au début du xixe siècle, classés géographiquement puis chronologiquement. Les 21 premiers volumes concernent les relations de voyages autour du monde; viennent ensuite les voyages en Afrique (tomes 22 à 30), en Asie (tomes 31 à 37), en Amérique (tomes 38 à 42), en Océanie (tome 43), puis en Europe (tomes 44 à 46). Table générale des matières à la fin du dernier volume. L’ouvrage est orné de 90 belles planches finement coloriées d’autochtones en habit traditionnel gravées par Choubard d’après Massard, et parfois rehaussées d’or et d’argent. Elles sont toutes hors texte et placées en regard du récit de voyage correspondant. «Collection estimée que l’on trouve très rarement avec des figures coloriées» selon Chadenat. Un volume d'atlas in-folio contenant 22 cartes fut édité pour être joint à cette collection. On ne le trouve que rarement. Originaire de Lorraine, Albert Montémont (Rupt-sur-Moselle, 1788–Paris, 1862) a commencé sa carrière dans l’administration fiscale. Révoqué durant les Cent Jours, il émigra en Grande-Bretagne où il travailla comme précepteur, ce qui lui permit de voyager dans toute l’Europe. Il entra au Ministère des Finances en 1830, avant de rejoindre la Société de Géographie. Sa Bibliothèque universelle des voyages, «parfaitement accueillie» par les connaisseurs selon Quérard, reste son œuvre majeure. On lui doit également des recueils de poésie, plusieurs récits de voyages mais aussi des traductions d’auteurs anglais dont Walter Scott (cf. La Lorraine des écrivains, site de l’Université de Lorraine). De la bibliothèque du marquis Édouard de Champagné-Giffart (1802-1840), avec un ex-libris à son nom ou à celui du Château de Craon, acheté par son père en 1828. Très bel ensemble en reliure d’époque, avec les planches coloriées. Brunet, VI, 19793. Chadenat, 1058, 3133 & 5894. Sabin, n°50113. Quérard, VI, 235.
Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV, par feu M. l’abbé de Choisy.
Amsterdam, Bernard et Lucas, 1727. Trois tomes en un volume in-12 (172 x 101 mm), XIV pp., 191 pp.; 166 pp.; 200 pp. Maroquin rouge, super-ex-libris doré au centre des plats, dos à nerfs, titre, lieu et date dorés, double filet sur les coupes, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrures, légère éraflure sur le plat supérieur (Hardy-Mennil).
Mémoires renfermant de piquants portraits des grands personnages de la cour. Homme de cour et d’église, l’abbé de Choisy (Paris 1644-Paris, 1724) est resté dans les mémoires comme un personnage original du règne de Louis XIV, connu pour ses aventures frivoles et son goût du travestissement. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages historiques ou galants, bien servis par une écriture pleine de verve. Cette édition a paru l’année de l’originale, publiée à Utrecht, chez Wan-de-Vater. Exemplaire du bibliophile espagnol Isidoro Fernandez (1878-1963), avec son ex-libris et son super-ex-libris illustrant ses goûts: une balance qui penche du côté des Anciens par rapport aux Modernes. D’après une note au crayon sur la dernière garde, il proviendrait de la bibliothèque de l’historien Gabriel Hanotaux, dispersée en décembre 1927. Très bel exemplaire en maroquin rouge de Hardy-Mennil. Quérard, La France littéraire, II, p. 193.
Mimes d'Hérondas. Traduits en langage populaire par Jacques Dyssord.
Paris, Denoël & Steele, 1930. In-8 (165 x 241 mm), 2 ff. n. ch., IV pp., 68 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture crème imprimée d'éditeur rempliée.
Édition originale de la traduction. Exemplaire avec envoi. Cet ouvrage est le troisième publié par les toutes jeunes éditions Denoël et Steele, créées la même année. C'est aussi le premier livre illustré de l'éditeur. Cette traduction de Jacques Dyssord se veut une redécouverte de l'esprit originel de l'œuvre et de sa fraîcheur à travers l'emploi d'expressions contemporaines : J'ai donc formé le projet de retremper les Mimes d'Hérondas dans leur véritable atmosphère. Pour cela, j'ai cherché, soit dans notre argot, soit notre langue populaire, si riche et si savoureuse, l'équivalent des expressions et des termes employés par les personnages d'Hérondas sans redouter un seul instant, de tomber dans un nécessaire anachronisme. Le texte est précédé d'un avertissement du traducteur et est suivi d'une bibliographie sur Hérondas. Cette édition est illustrée de 19 compositions de Carlo Rim gouachées au pochoir par l'atelier Nervet : 8 en-têtes, 8 culs-de-lampes, 1 frontispice, 1 vignette de titre et un large encadrement à la justification. L'ouvrage a été imprimé à 870 exemplaires numérotés. Celui-ci est non numéroté sur papier vélin de Rivres, même papier que les 800 suivants 50 Hollande et 20 Japon. On peut lire au premier feuillet blanc l'envoi : au docteur Henri Flurin, en souvenir de la Fontaine Médicis, du d'Harcourt & de la Pension Laveur qui n'ont pas réussi à nous guérir de nos chères Pyrénées. Son compatriote et ami. Dévotement, Jacques Dyssord. Paris 2/2/37. Édouard Moreau de Bellaing, dit Jacques Dyssord (Oloron Sainte-Marie 1880-Villejuif 1952) quitte son Béarn natal après une licence de droit pour tenter une carrière littéraire à Paris. Son premier recueil (Le dernier chant de l'intermezzo, 1909) lui fait rencontrer Guillaume Apollinaire, Tristan Derème, Jules Supervielle, Francis Carco, André Salmon, Laurent Tailhade, Paul-Jean Toulet… Travailleur infatigable, il sera tour à tour poète, romancier, journaliste, essayiste, auteur de pièces de théâtre… Carlo Rim (Nîmes 1905-Peypin 1989), de son vrai nom Jean Marius Richard, fut journaliste, scénariste, réalisateur et dessinateur de presse. Cette illustration témoigne de son activité d'illustrateur avant qu'il ne s'investisse davantage dans le cinéma. En 1931, Carlo Rim est rédacteur en chef de Vu et de L'Instransigeant en 1933 et commence à écrire ses premiers scénarios. Il écrivit une trentaine de films et réalisa une dizaine de comédies à la verve satirique ayant pour acteurs Fernandel, Darry Cowl, Robert Lamoureux. À partir de 1960, il travaillera essentiellement pour la télévision. Très bel exemplaire. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°5993 ; Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes…, V, p. 159.
Amsterdam, Sumptibus societatis, 1725. 2 volumes in-12 (99 x 158 mm), 69 ff. n. ch., 24 pp., 895 pp. chiffrées 903 ; 1 f. n. ch., 928 pp. Vélin, dos lisse avec titre à l'encre, tranches mouchetées et brunes, petites restaurations à l'angle de 3 ff. sans atteinte au texte (reliure de l'époque).
L'Ancien Testament en grec. "Édition assez belle et fort recherchée" (Brunet) de la Septante imprimée sur deux colonnes. La Septante est la traduction de l'hébreu en grec de l'Ancien Testament. Elle aurait été réalisée à Alexandrie vers 270 avant Jésus-Christ par 72 (Septante deux) traducteurs. Par extension, on appelle Septante la version grecque ancienne de l'Ancien Testament chrétien. Le judaïsme n'a pas adopté la Septante, restant fidèle au texte hébreu ou à d'autres traductions grecques plus fidèles. Cette édition a été établie par David Mill, théologien et professeur de langues orientales à Utrecht. Elle suit celle de 1587, dite Sixtine, qui a constitué pendant près de trois siècles la version de référence. L'ouvrage est précédé d'une préface en latin par David Mill et de deux listes de variantes d'après le codex Colberto-Sarravianus, conservé à Leyde, et d'après des notes d'Isaac Voss. La préface contient un fac-similé d'un extrait du codex de Leyde. Cette édition a été publiée simultanément à Utrecht chez Guilielmi Vande Water et Jacob van Poolsum. Ex-libris manuscrit du XVIIIe siècle non identifié et cachet récent avec inscriptions en hébreu. Bel exemplaire en vélin de l'époque. Brunet, Manuel des libraires et de l'amateur de livres, I, p. 546.
Paris, Launette et Cie, 1889. 2 tomes en 4 volumes in-4. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, double filet sur les coupes, large encadrement intérieur décoré, doublure et garde de soie brodé, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, étuis bordés (Canape. R. D.).
Nouvelle édition illustrée de 96 compositions de Maurice Leloir, dont 62 hors-texte. Exemplaire sur Japon offert à Georges Sinoquet. Il comporte trois états des gravures et est orné d'une grande composition originale aquarellée en couleurs signée par Maurice Leloir, spécialement dessinée pour M. Sinoquet. Cet exemplaire est enrichi de 27 gravures des XVIIIe et XIXe siècles et d'un dessin original aquarellé non signé. Très bel exemplaire en maroquin de Canape.
Troyes, Noel Moreau, 1619. In-12 (170 x 97 mm), 4 ff. n. ch., 73 pp., 217 pp., 75 pp., 27 pp. Vélin souple, dos lisse, titre calligraphié à l’encre noire au dos, petite tache rousse en bordure du plat supérieur, déchirure p. 18 de la deuxième partie, feuillet blanc de garde en partie dérelié (reliure de l’époque).
Édition originale. Première édition de ce recueil de lettres, mémoires et traités regardant l’histoire du Royaume de France de l’an 1390 à l’an 1580, divisé en quatre parties. Il comprend en outre une préface de l’auteur, un formulaire utile aux secrétaires du roi et plusieurs extraits en latin. D'après Brunet, "dans quelques exemplaires seulement" se trouvent une cinquième et une sixième partie, comprenant respectivement 12 et 22 feuillets. Elles auraient été ajoutées après coup selon Barbier. Elles ne sont en effet pas mentionnées sur le feuillet imprimé pour "Indice au relieur pour la suite des cahiers de ce livre" qui indique bien les quatre parties présentes. Chanoine de la cathédrale de Troyes, Nicolas Camusat (Troyes, 1575-1655) fut un important bibliophile et érudit qui visita les plus grandes bibliothèques monastiques de son temps. Il porta principalement ses recherches sur les croisades et l’histoire ecclésiastique de la Champagne et traduisit de nombreux ouvrages historiques du français vers le latin. Ex-libris et signature manuscrite Debeaufort. Quelques annotations à l'encre. Très bon exemplaire en vélin d’époque. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, I, col. 1529. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, III, col. 117. Donatella Nebbiai, Pour la bibliothèque de Saint-Germain des Prés au 17e siècle : Nicolas Camusat (1575-1655), ses livres, ses recherches, dans Dom Jean Mabillon, figure majeure de l'Europe des lettres. Actes des deux colloques du tricentenaire de la mort de dom J. Mabillon, Jean Leclant, André Vauchez et Daniel Odon Hurel éds., Paris (Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 2010, p. 517-548.
[Rouen ?] 1707. 2 volumes in-12 (160 x 89 mm), 1 f. n. ch., 294 pp.; 1 f. n. ch., 302 pp., 12 pp. Veau granité, double filet doré en encadrement avec armes dorées au centre des plats et chérubins dorés aux écoinçons, dos à nerfs orné avec fers de chérubins répétés, pièces de titre et de tomaison grenat, coiffes et coupes décorées, quelques rousseurs éparses, fine restauration, dorure d’un chérubin en partie effacée (reliure de l’époque).
Première édition à pagination continue des Œuvres de Boisguilbertet la plus complète. Une partie de ce texte avait paru pour la première fois en 1695. Le Supplément est fondamental car il est à l’origine de l’arrêté du 14 mars 1707 qui condamne le livre de Boisguilbert. L’année 1707 vit paraître un autre livre majeur d’économie politique, La Dixme royale de Vauban, ami de Boisguilbert. Pierre Le Pesant de Boisguilbert (Rouen, 1646-Rouen, 1714), après des études à Port-Royal où il fut fortement influencé par Pierre Nicole, devint magistrat en 1676 en qualité de juge vicomte de Montivilliers. Il fut un administrateur avisé dans la deuxième période du règne de Louis XIV et un anti-colbertiste radical. Un précurseur de l'économie politique Dans "Le détail de la France", Boisguilbert présente le tableau le plus complet et le plus saisissant des conséquences des guerres continuelles et du désordre des finances. La cause de la diminution des biens y est indiquée avec netteté : la consommation est ruinée par la rapacité des traitants, les affaires extraordinaires, l’incertitude et l’injustice de la taille, la fraude certains commis. Il dresse également un portrait de l’administration financière de son temps. Ce texte constitue une première protestation contre le système économique de l’époque et une revendication de liberté pour le commerce et l’agriculture. Cette oeuvre importante ouvre la voie à l’économie politique du XVIIIesiècle. Il fut essentiellement un "humanitaire" (Bluche), préoccupé qu’il était par les conditions de vie du peuple. Portrait de l'auteur. Pierre de Boisguilbert (Rouen, 1646-Rouen, 1714), après des études à Port-Royal où il fut fortement influencé par Pierre Nicole, s’orienta vers les études deDroitet devint magistrat à partir de 1676en qualité de juge vicomte de Montivilliers. Il fut un administrateur avisé dans la deuxième période du règne de Louis XIV et un anti-colbertiste radical. Exemplaire aux armes de Bernard Chérin. Fils de Clair Chérin, marchand, et de Françoise Nicolette Cornette, Bernard Chérin (1718-1785) naquit à Ambonville en Champagne. "Très versé dans le droit féodal, il s'intéressa particulièrement à la généalogie et fut nommé le 3 février 1772 généalogiste des ordres du roi en remplacement de Jean-Nicolas Beaujon. En 1776, il devint également historiographe du roi. Dans l'accomplissement de ces charges, il se fit remarquer par l'étendue de ses connaissances, mais surtout par la sévérité avec laquelle il examinait les preuves qui lui étaient soumises, méritant ainsi le surnom "d'incorruptible". Il fut lui-même anobli par Louis XVI en 1774." (Belin). "Sa bibliothèque, considérable d'ailleurs, renfermait particulièrement des ouvrages manuscrits et imprimés sur toutes les familles nobles de France" (Guigard). De la bibliothèque de M. et Mme Bauchond-Deswarte, avec leur ex-libris gravé. Avocat au barreau de Valenciennes, ancien bâtonnier de l’ordre, Maurice Bauchond (Valenciennes, 1877-1941) fut membre de plusieurs sociétés savantes de France et de Belgique. Bibliophile averti, il rassembla une importante collection d’ouvrages juridiques et historiques, dont un grand nombre à portée régionale, et constitua dans sa demeure valenciennoise un véritable cabinet de curiosités. Bel exemplaire en veau aux armes de l’époque. Barbier, I, 1882, 913-914. Kress, n° 2542. INED, n° 581. Bluche, pp. 209-210. Guigard, Nouvel Armorial du bibliophile, II, p. 134. Belin, Bernard Chérin, généalogiste des ordres du roi. OHR, pl. 1212.
Paris, Mercure de France, 1926. 1 In-8 (140 x 223 mm), 12 pp., 1 f. n. ch. Broché, couverture jaune imprimée d'éditeur, petit manque au coin supérieur gauche de la couverture, légères marques de pliures aux feuillets, griffonnements à la mine de plomb sur 2 ff.
Rare tiré à part avec envoi à la duchesse de Clermont-Tonnerre. Ce texte est une méthode d'écriture recommandant notamment à l'auteur de ne pas utiliser de brouillon, de prendre le temps de choisir les mots, de se laisser porter par le rythme des idées et de vivre reclus et fier. Daté d'avril-mai 1916, ce texte a été publié dans le numéro du Mercure de France de juin 1916. Envoi : À madame la duchesse de Clermont-Tonnerre respectueux hommage Pierre Louÿs. Élisabeth de Gramont (1875-1954), duchesse de Clermont-Tonnerre fut l'une des femmes les plus célèbres de son temps. Ses convictions politiques et sa vie amoureuse provoquèrent le scandale. Dite "la duchesse rouge", elle défendra le marxisme et le Front populaire. Elle épousa Philibert de Clermont-Tonnerre dont elle aura deux filles. À l'âge de trente-quatre ans, elle rencontre la célèbre Amazone américaine Natalie Clifford Barney : c'est un véritable coup de foudre, qui, en dépit d'autres liaisons saphiques, durera plus de quarante-cinq années. Elle fit de nombreux voyages en Extrême-Orient, au Maghreb, en Amérique et en URSS, et écrivit de nombreux essais et livres de mémoires. Elle fréquenta parmi les plus importantes personnalités de l'époque : Pierre Louÿs, Remy de Gourmont, Romaine Brooks, Paul Valéry, Colette, Georges Clémenceau, Paul Morand, Gertrude Stein, Isadora Duncan, Valéry Larbaud, Arthur Honegger, Jacques Ibert, Léon Blum, James Joyce, Louis Aragon, René Crevel... Bon exemplaire, broché.
Cologne, Nicolas Schoute, 1685. In-12 (90 x 153 mm), 10 ff. n. ch., 369 pp. ch. 259, 96 pp. ch. 114. Veau brun moucheté de l'époque, dos à nerfs orné, roulette sur les coupes et les coiffes, tranches mouchetées, p.13 : petite déchirure en marge droite avec légère atteinte au texte sans manque, usures sur deux coins (reliure de l'époque).
Un chef d'œuvre de l'éloquence. "Conçues comme une défense d'Arnauld et de l'attitude de Port-Royal dans la controverse des "cinq propositions", les Provinciales se présentent comme un réquisitoire contre les jésuites français, leur politique et leur indulgence en matière de mœurs. Mais elles brisent aussi ce cadre accidentel et polémique en traitant du péché et de la grâce, questions cruciales du christianisme et objet d'un débat perpétuel au sein même de l'Église catholique." (T. Prieur). Les dix-huit Provinciales parurent d'abord séparément et anonymement de janvier 1656 à mars 1657. À la fin de 1657, une édition en recueil fut publiée et signée du pseudonyme Louis de Montalte. L'anonymat ne fut levé qu'en 1659. L'ouvrage remporta un grand succès et fut tout de suite mis à l'index. "Unanimement admirées par les grands maîtres de l'éloquence et de la controverse du XVIIe et du XVIIIe siècle, elles finirent par s'imposer comme le modèle de toute polémique." (T. Prieur). La plupart des éditions anciennes, comme celle-ci publiée à Cologne, contiennent une dix-neuvième lettre, connue aussi sous le titre Lettre d'un avocat au Parlement à un de ses amis, et d'autres textes liés à la querelle opposant jansénistes et jésuites comme Avis de messieurs les curés de Paris à messieurs les curés des autres diocèses de France. Bel exemplaire en veau moucheté de l'époque. Dictionnaire des écrivains de langue française, Larousse, 2001, II, p. 1361, notice de Thierry Prieur.
Paris, Rameau d’or, 1945. 4 volumes in-4 (245 x 195 mm), 228 pp. ; 218 pp. ; 249 pp. ; 253 pp. Couverture imprimée rempliée de l’éditeur.
"Édition recherchée" (Carteret). Cet ouvrage a été tiré à 1000 exemplaires, celui-ci sur papier Hermine. L’illustration comprend 128 aquarelles en couleurs de Jacques Touchet reproduites au pochoir par Beaufumé, ainsi que de nombreux culs-de-lampe et lettrines en noir. Dessinateur à la verve humoristique, Jacques Touchet (Paris, 1887-Paris, 1949) collabora avec plusieurs journaux dont L’illustration et Le Matin avant de se consacrer à l’illustration. Il réalisa des compositions pour des grands classiques de la littérature dont Erasme, Voltaire et Rabelais. Très bel exemplaire. Carteret IV, p. 96. Monod, 2442. Bénézit, X, p. 243.
Paris, Vincent, 1773. In-12 (100 x 163 mm). 6 ff. n. ch., 748 pp. ; 1 f. n. ch., 820 pp. Veau moucheté, dos à nerfs orné au chiffre du duc de Rohan, pièces de titre et tomaison havane, filet doré sur les coupes et les coiffes, tranches rouges, rousseurs et taches éparses (reliure de l'époque).
Edition originale de ce recueil d'anecdotes divisé en deux parties, chacune formant un volume. Elle parut de façon anonyme. L'ouvrage était autrefois attribué en partie à Gabriel Mailhol par Barbier et Cioranescu, mais par confusion avec une édition homonyme de 1752. Une lettre d'Edme Mentelle, découverte par la librairie Chamonal, donne la preuve qu'il est bien l'auteur de la première partie et que la seconde a été composée par l'historien Jean-François de La Croix. Les anecdotes de Mentelle portent sur les anciens Rois de Perse, & les différentes Dynasties Perses, Turques & Mogoles, qui se sont élevées successivement en Asie, jusqu'aux Califes & aux Sophis exclusivement, celles de Jean-François de La Croix concernent les Rois de Perse, de la Dynastie des Sophis, les Mogols ou Empereurs de l'Indoustan, & les Sultans Turcs de la famille Ottomane, depuis la fondation de ces grands Empires jusqu'à l'époque de la publication du livre. Edme Mentelle (Paris, 1730-1815) fut professeur de géographie et membre de nombreuses académies scientifiques et se rendit célèbre pour avoir construit un globe avec des parties amovibles pour Louis XVI. Il obtint un poste de professeur de géographie et d'histoire à l'École militaire deux années après la publication remarquée de ses Éléments de géographie (1758). En 1792, il ouvrit des cours privés puis fut chargé de cours à l'École centrale et à l'École normale. Il fut nommé sous la Convention membre de l'Institut dès sa création. Il publia de très nombreux ouvrages associant histoire et géographie parmi lesquels un Précis de l'histoire universelle (1800, dans lequel il traite Jésus-Christ d'imposteur), la Géographie universelle (1803-1804) en collaboration avec Malte-Brun… De son coté Jean-François de Lacroix, originaire de Compiègne, a contribué à plusieurs dictionnaires (par exemple le Dictionnaire portatif des femmes célèbres) et recueils d'anecdotes historiques. Bel exemplaire au chiffre du maréchal de Soubise, Charles de Rohan (1715-1787), ami intime de Louis XV. La collection de ce “bibliophile émérite {…] fut vendue aux enchères en 1788” (OHR, pl. 2034, fers 8 et 9). Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, I, 185. Bibliothèque Chadenat, II, n°5252.
Gli Asolani di monsignor P. Bembo.
Venise, Bartholomeo e Francesco Imperatore, 1546. Petit in-8 (88 x 142 mm). 104 ff. Veau brun moucheté, filet à froid encadrant les plats, dos lisse à la grotesque avec pièce de titre et d'auteur rouge, filet doré sur les coupes et les coiffes, tranches dorées, frottements sur les charnières, large tache au premier plat de reliure, petit travail de ver au titre, restauration angulaire au dernier feuillet, petites salissures éparses (reliure du XVIIIe siècle).
Edition vénitienne, la dernière du vivant de l'auteur mort en 1547. Fausse mention de seconde édition au verso du titre. Ce fameux dialogue d'amour inspira grandement la Renaissance française. L'auteur, cardinal et humaniste italien est né à Venise en 1470 et mort à Rome en 1547. Proche des papes Léon X et Paul III, c'est dans le plus pur latin cicéronien qu'il rédigea les bulles pontificales, ce qui ne l'empêche pas de publier sa "prose en langue vulgaire". Il écrit ainsi une histoire de Venise qu'il traduira en italien. Comblé d'honneur, il était considéré au moment de sa mort, comme le plus probable successeur du souverain pontife. L’œuvre avait été composée par Bembo entre 1497 et 1503, peut-être en hommage à Maria Savorgnan, et sa publication retardée par la mort de son jeune frère. Le poète dédia son livre à Lucrezia Borgia, dédicace qui ne figure pas dans notre édition. La première traduction française complète par Jean Martin, précisément faite d'après une édition vénitienne des années 1540, a été publiée en 1545. L'exemplaire de Colbert, dans une élégante reliure en veau à la grotesque ("Bibliotheca colbertina" en tête du titre de la main de Baluze). Bibliotheca colbertina, Paris, 1728, tome 3, n° 18140. Nombreuses notes marginales corrigeant parfois le texte. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, I, 766. J. Balsamo, Poètes italiens de la Renaissance dans la collection Barbier-Mueller, volume 2, n° 40 (notes p. 104). Edit16, n° 5021.
L'Art d'accoucher réduit à ses principes […].Avec l'Histoire sommaire de l'art d'accoucher.
Paris, Guillaume Cavelier, 1766. In-12 (163 x 97 mm), LXXXVII pp., 392 pp. Maroquin rouge, triple filet doré sur les plats, petit fer au gland en écoinçon, dos à nerfs orné, roulette dorée sur les coupes et les chasses, tranches dorées, gardes de papier dominoté avec alternance d'étoiles et de points dorés, taches de gouache bleue sur les premières gardes et en marge du faux-titre (reliure de l'époque).
Édition originale. Cet ouvrage est le dernier que donna le médecin Jean Astruc (Sauve, 1684-Paris, 1766). Il suivit le Traité des maladies des femmes avec un catalogue chronologique des médecins qui ont écrit sur ces maladies qui parut de 1761 à 1765 et qui comporte 6 volumes. Il expose les pratiques les plus sûres et les plus utilisées alors selon les différents types d'accouchement. L’Histoire de l’art d’accoucher donne un intéressant historique sur les premiers pas, les progrès et le développement de cette science. Reçu docteur à l'âge de 19 ans et nommé professeur d'anatomie à Toulouse en 1710, puis professeur de médecine à Montpellier en 1716, en remplacement de Pierre Chirac, son maître. En 1729, Auguste II de Pologne le nomma son premier médecin, mais il revint un an plus tard à Paris, où Louis XV le prit pour médecin consultant. Il fut également dès 1723 le médecin personnel et l'amant de Mme de Tencin. Astruc devint titulaire de la chaire de médecine au Collège royal en 1731, puis à la faculté de médecine de Paris. Il fut élu membre de l'Académie de médecine en 1743. Avant tout médecin théoricien, il est l'auteur du premier ouvrage récapitulatif important sur la syphilis et les maladies vénériennes ainsi que l'un des pionniers de l'exégèse moderne. Bel exemplaire en maroquin du temps. Osler, Bibliotheca osleriana, n°1858 pour l'édition de 1771. Bayle & Thillaye, Biographie médicale, II, p. 215 à 220. Quérard, La France littéraire, I, p. 105.
Notre-Dame des Miracles. Fête de mai.
Mauriac (Auvergne), 1927. In-8 (154 x 210 mm), 2 ff. bl., 24 ff. n. ch., 4 ff. bl. Vélin blanc, plats aquarellés d'un grand motif central, au premier plat la Vierge à l'enfant en grand habit, au plat inférieur la basilique Notre-Dame des Miracles, dos lisse, lacet central, mouillure au dos et sur les bords des plats, plats légèrement empoussiérés et épatés, gardes de moiré vert et or (reliure de l'époque).
Beau manuscrit enluminé, consacré à l'histoire de la basilique Notre-Dame-des-Miracles à Mauriac en Auvergne, dans le diocèse de Saint-Flour, et au pèlerinage qui y a cours. Le manuscrit a été confectionné pour la fête de Marie, en mai 1928. Il s'achève sur des hymnes latines. Le manuscrit, écrit en gothique sur papier simili Japon, est illustré de 2 aquarelles sur les plats, d'1 aquarelle à pleine page représentant la chapelle du Puy st Mary, d'un décor aquarellé en bandeau à chaque page (soit 18 bandeaux et 1 cul-de-lampe) et d'initiales rubriquées et majuscules peintes. Le hors-texte aquarellé est signé I. Nugam 1927. L'église romane de Notre-Dame des Miracles fut construite au XIIe siècle près du monastère bénédictin Saint-Pierre et de la Chapelle Notre-Dame des miracles, qu'on dit fondés par Théodechilde, fille de Clovis, à qui la Vierge Marie était apparue. Signe de son importance, le 13mai 1855, la Vierge a été couronnée et parée d’un diadème d’or et de pierreries, offert par le Pape Pie IX et l’église venait d'être érigée en basilique mineure par le Pape Benoît XV en octobre 1921. Sur une garde, note manuscrite à l'encre : "Diocèse de Saint-Flour, Imprimatur Sancti-Fleri die 18 octobris 1927. Vaulx (?). Ecclesia I. St Flour ". Exemplaire unique.
Amsterdam, Paris, Le Clerc & Barois, 1782. 2 volumes in-12 (165 x 95 mm), 2 ff. n. ch., xxxii-318 pp.; 2 ff. n. ch., 358 pp. Veau blond moucheté, roulette dorée en encadrement sur les plats, dos lisses ornés, chiffre PB doré en queue, pièces de maroquin rouge pour le titre et la tomaison, roulette dorée sur les coupes, tranches vert pâle, dos légèrement éclaircis (reliure de l’époque).
Seconde édition corrigée, après l’originale de 1724 due à l’abbé Foucher, un parent de Gourville. Une vie rocambolesque. D’origine modeste, Jean Hérault (La Rochefoucauld, 1625 – Paris, 1703) sut s’élever et faire fortune grâce à ses talents et à ses relations. Il devint dès 1643 valet de chambre de l’abbé de La Rochefoucauld, puis du duc de La Rochefoucauld, le futur auteur des Maximes qu’il suivit pendant la Fronde. S’étant rapproché de l’intendant Fouquet, il fut receveur des tailles en Guyenne et s’enrichit promptement. En 1660, il acquit ainsi la terre de Gourville. Après un passage à la Bastille en 1655, la chute de Fouquet l’amena à se réfugier en Bourgogne puis à l’étranger. Il profita de cette période pour devenir diplomate et se rapprocher des ministres de Louis XIV, ce qui lui permit de revenir en grâce. Apprécié dans les hautes sphères, Gourville s’occupa longuement de la maison de Condé, qui le considérait comme un ami, avant d’entreprendre la rédaction de ses mémoires en 1702. «Il était quelque chose comme le Gil Blas et le Figaro du XVIIe siècle» selon Sainte-Beuve. L’histoire financière et sociale du XVIIe siècle. «En parlant de lui-même, il a été amené à exposer, puisqu’il était un homme de finance, la situation financière des états qu’il a parcourus au cours de ses négociations, et surtout celle des nobles qui ont eu recours à son habileté. En ce sens, ses mémoires sont curieux: d’autres nous ont décrit la faiblesse politique de l’aristocratie pendant la Fronde; Gourville nous en fait connaître la détresse financière» (Bourgeois et André, Les Sources de l’Histoire de France XVIIe siècle, II, 808). Ses Mémoires constituent un précieux témoignage sur les pratiques financières et sociales de la seconde moitié du XVIIe siècle, mais aussi sur les possibilités d’ascension sociale sous le règne de Louis XIV. L’exemplaire de l’impératrice Joséphine et de l'Empereur Napoléon Ier. De la bibliothèque de Joséphine de Beauharnais au château de La Malmaison, avec le chiffre PB (Pagerie Bonaparte) en queue des dos et le cachet ex-libris Bibliothèque de La Malmaison aux titres des deux volumes. Bonaparte avait ordonné en 1800 la construction de cette bibliothèque qui abritait près de 13 000 ouvrages en 1814.
Paris, Lapina, 1926. 2 volumes in-4 (315 x 215 mm) 2 ff. blancs, 2 ff. n. ch., XI pp., 168 pp., 3 ff. n. ch., 2 ff. blancs; 3 ff. blancs, pp. 169 à 379, 4 ff. n. ch., 3 ff. blancs. En feuilles, couvertures en parchemin rempliées et imprimées, chemises en demi-maroquin violet, auteur, titre, illustrateur, tomaison, état et date en doré, étui bordé, dos passé.
Ce très bel ouvrage est illustré de 20 pointes-sèches originales en noir et blanc et 121 bois en couleurs dans le texte par Louis Jou. Il fut tiré à 535 exemplaires dont 500 mis dans le commerce. Celui-ci est un des 25 sur Japon Impérial, contenant un original, deux états des pointes-sèches, un état des cuivres barrés et une suite complète des bois sur Japon. Cet exemplaire est enrichi d'une seconde aquarelle originale de Louis Jou. “Vingt pointes-sèches formant dans cette discipline un des plus beaux ensembles de Jou, où la finesse du trait contraste avec le burin puissant des premiers albums d'eaux-fortes” (Feuille). Bel exemplaire. Feuille, Louis Jou, bibliographie, p.91, n°53. Mahé, Bibliographie des livres de luxe…, II, col. 110. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 168. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°4900.
Recueil d’ouvrages sur le commerce des grains.
Amsterdam & Paris, Desaint, 1768. Cinq ouvrages en un volume in-8 (195 x 124 mm), IV pp., 162 pp., 3 tables dépl.; 48 pp.(interversion du texte avec le quatrième ouvrage à partir du cahier C); 8 pp.; 8 pp.; un tableau dépl., 147 pp. et 1 p. n. ch.; 2 ff. n. ch., 314 pp., 1 f. n. ch. Veau porphyre, triple filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné de caissons avec pièce d'armes au cerf doré répété, pièces de titre vert foncé et rouge, coupes filetées, tranches marbrées, habiles restaurations (reliure de l’époque).
Réunion de 5 rares et importants ouvrages sur le commerce à la fin du règne de Louis XV, tous en édition originale: -Louis-Paul Abeille. Principes sur la liberté du commerce des grains. Juillet 1768. Amsterdam & Paris, Desaint, 1768. -[Louis Claude Bigot de Sainte-Croix]. Avis du Parlement de Dauphiné sur la libre circulation des Grains et la réduction naturelle des prix dans les années de cherté. [Grenoble], 1769. -Jean-Baptiste des Gallois La Tour. Lettre écrite à M. le Contrôleur-Général, le 8 Juillet 1768, par M. de La Tour, premier Président du Parlement de Provence; en double. -Louis-Paul Abeille. Faits qui ont influé sur la cherté des grains en France & en Angleterre. 1768. -Ferdinando Galiani. Dialogues sur le commerce des bleds. Londres [Paris], 1770. Un vif débat sur la libéralisation de l’économie. Strictement contrôlé par l’État depuis le XVIe siècle, le commerce du grain fut progressivement libéralisé dans le royaume à partir des années 1763-1764. Ces réformes furent favorablement accueillies par les philosophes progressistes et les physiocrates, opposés aux monopoles et aux corporatismes. Mais la spéculation induite, associée à de mauvaises récoltes, entraîna une forte augmentation du prix du pain, des famines et des révoltes, obligeant l’État à reprendre progressivement la main sur les prix entre 1768 et 1770. Cette situation instable alimenta un vif débat parmi les économistes de l’époque. Dans les Principes sur la liberté du commerce des grains, Louis-Paul Abeille (1719-1807), inspecteur général des manufactures et secrétaire général du Bureau du Commerce, plaide pour l’abolition de toutes les lois prohibitives en fait de commerce. La même année, ce physiocrate convaincu exposait les Faits qui ont influé sur la cherté des grains, en attaquant déjà le monopole et la spéculation. Ces deux ouvrages définissent la position d’Abeille, qui avait l’oreille du contrôleur général des finances Maynon d’Invault. En 1769, tandis que les Parlements de province prenaient position sur le débat qui faisait rage, le Parlement du Dauphiné rendit un Avis qui était une exposition magistrale de la doctrine physiocratique. «Cet ouvrage est devenu bientôt excessivement rare, parce que le système qu’on propose à Sa Majesté est totalement opposé à ce que les Parlements de Paris et de Rouen ont écrit sur cette matière» note Bachaumont dans ses Mémoires secrets. Le Parlement de Paris tenta en effet de le faire disparaître, sans pouvoir effacer l’influence qu’il exerça sur l’opinion. Le libre commerce du grain est cependant mis à mal dans les Dialogues sur le commerce des bleds, ouvrage majeur de l’économiste italien Ferdinando Galiani (1728-1787). Beau parleur et curieux de tout, familier du salon de Mme d’Épinay et de la société du baron d’Holbach, il avait su convaincre Diderot qui aurait revu, publié et défendu son traité. Voltaire a évoqué le débat et l’ouvrage de Galiani dans son Dictionnaire philosophique, à l’article «Blé»: «M. l’Abbé Galiani, Napolitain, réjouit la nation Française sur l’exportation des blés; il trouva le secret de faire, même en français, des Dialogues aussi amusants que nos meilleurs romans et aussi instructifs que nos meilleurs livres sérieux. Si cet ouvrage ne fit pas diminuer le prix du pain, il donna beaucoup de plaisir à la nation, ce qui vaut beaucoup mieux pour elle.» Exemplaire aux pièces d’armes de l’intendant des finances Philibert Trudaine de Montigny (Clermont-Ferrand, 1733-Paris, 1777). Fils de Daniel-Charles Trudaine, intendant des finances et directeur du département des Ponts et Chaussées, il collabora avec son père dès 1757 et lui succéda à sa mort en 1769. Ami des Physiocrates, défenseur des libertés économiques, Philibert Trudaine était également un chimiste réputé, membre de l’Académie des sciences, et un mécène pour les savants. À Montigny, il avait fait aménager un laboratoire et recevait ses amis Malesherbes, Turgot, Montesquieu, Diderot, Lavoisier, Clairaut, etc. «Trudaine, dont les connaissances étaient très étendues et qui recherchait l’amitié et la société des savants et des gens de lettres, projetait de se consacrer à des recherches sur la physique et la chimie quand le mort le surprit. Sa bibliothèque, augmentée de celle de son père, fut vendue après son décès» (Olivier, Hermal et de Roton). Elle passa en réalité à son fils Charles-Louis Trudaine, ami de Chénier guillotiné comme lui en 1794, avant d’être dispersée en 1801. Cet exemplaire figure sous le n°196 du catalogue de la vente. Il fut acquis par le fermier général Adrien Charles Saulot de Bospin, administrateur des domaines du roi avant la Révolution, dont l’ex-libris figure au premier contreplat. Sa bibliothèque fut vendue en 1804. Très intéressant recueil, en veau armorié de l’époque. The Kress library of business and economics, I, n°6512, 6513 et 6730. O. H. R., Manuel de l’amateur de reliures armoriées, pl. 1195. Suzanne Delorme, «Une famille de grands Commis de l’État, amis des Sciences, au XVIIIe siècle: Les Trudaine», Revue d’histoire des sciences, 1950, t. III, n°2, pp. 101-109. Catalogue des livres de la bibliothèque de feu Charles-Louis Trudaine l’aîné, Bleuet, 1801, n°196.
Anvers, Plantin-Balthasar Moretus, 1652. In-folio (242 x 450 mm), 10 ff. n. ch., XXXVI pp., 911 pp. Vélin rigide, double encadrement de double filet à froid et large fer estampé au centre des plats, dos à nerfs avec titre ancien à l’encre, petite mouillure marginale sur les premiers feuillets et mouillure angulaire sur les derniers feuillets, petite tache au plat inférieur (reliure de l’époque).
Belle édition plantinienne définitive de Sénèque par Juste Lipse. Edition illustrée d’un beau frontispice de Lipse par Cornelius Galle d’après Rubens, d’un titre-frontispice gravé baroque, d’un portrait frappant de Sénèque se donnant la mort sur ordre de Néron et d’un buste du même. Elle est encore agrémentée de bandeaux, culs-de-lampe et lettrines. C’est la quatrième édition plantinienne, contenant les œuvres morales et philosophiques de Sénèque, revue et complétée par Libert Froidmont (1587-1653), théologien et scientifique liégeois, professeur à l’Université de Louvain. Au rapport de Brunet, “édition estimée. Les trois précédentes sont moins complètes”. Froidmont complète la grande œuvre de Lipse mort en mars 1606 avant d’avoir pu achever son grand oeuvre. Selon Jeannine De Landtsheer, “à Rome déjà, (Lipse) avait manifesté un intérêt grandissant pour Sénèque, auteur qu’il avait d’ailleurs régulièrement inscrit au programme de ses cours. Durant les années passées à Leyde, il rédigea deux traités philosophiques originaux, le De constantia (1584) et les Politica (1589), qui connurent tous deux un nombre considérable de rééditions et de traductions. Il essayait d’y concilier l’ancienne pensée stoïcienne avec les idées chrétiennes”. L’illustration et les commentaires de Lipse en font un parfait manuel de néo-stoïcisme. Notre exemplaire comporte bien l’état avec la dédicace au pape Urbain VIII où on appelle à considérer Sénèque l’auteur le plus sage de l’Antiquité et l’auteur profane le plus chrétien. Rares notes marginales anciennes (p. 113). Brunet, Manuel de l’amateur, IV, pp. 276-277. Dibdin, Introduction to the Knowledge… of Greek and Latin Classics, II, 397 (“Harwood speeks highly magnificence and beauty of the volume”). De Landtsheer, “Juste Lipse et son De bibliothecis syntagma”, Littératures classiques, 2008, pp. 81-91.
Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1796.
Paris, Magimel, Ancelin et Pochard, 1818. In-8 (118 x 196 mm), 2 ff. n. ch., IV pp., 352 pp., 1 f. n. ch., 1 f. bl. Demi-basane blonde, dos lisse orné de filets dorés et de dentelles à froid, chiffre doré en tête, cote en queue, petits frottements sur la coiffe supérieure et les coins, infimes rousseurs éparses (reliure de l'époque).
Edition originale. Relation de la campagne de l'armée de Sambre et Meuse en 1796 sous les ordres du général Jourdan au début du Directoire. Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833) reste dans l'histoire pour avoir remporté la victoire décisive de Fleurus en juin 1794 qui permit à la France révolutionnaire d'annexer la Belgique. Maréchal d'Empire, il se rallia à la monarchie sous la seconde Restauration. Après la Révolution de juillet 1830, il fut brièvement ministre des Affaires Etrangères avant d'être nommé gouverneur des Invalides. Remarquable exemplaire enrichi, au verso du faux-titre, d'une dédicace de l'auteur au maréchal Sérurier, gouverneur des Invalides : "A Monsieur le Maréchal Comte Serrurier, de la part de l'auteur". Maréchal d'Empire, Jean-Mathieu Sérurier (1742-1819) s'illustra dans les campagnes d'Italie. Trop âgé pour participer aux campagnes napoléoniennes, il se contenta du poste de gouverneur des Invalides. Il devint pair de France au début de la Restauration. Il est amusant de noter que l'auteur et son dédicataire furent tous deux gouverneur des Invalides. Selon J. Garnier, "Les mémoires ont été publiés pour répondre à l'ouvrage de l'archiduc Charles. Le manuscrit avait été donné en communication aux éditeurs des Victoires et conquêtes, qui en avaient reproduit de larges extraits, sans en signaler l'origine." (Dictionnaire des batailles de l'histoire de France, 749). Bel exemplaire, il est bien complet des 4 planches dépliantes sur les états de situation des armées. Quelques corrections à l'encre (pp. 125, 143, 220, 241). De la bibliothèque de Jean-Mathieu Serurier. Chiffre E.B. doré au dos. Ex-libris gravé de Maurice Bauchond (1877-1941) (ex-libris au Pierrot pendu). Fierro , Bibliographie critique des mémoires sur la Restauration, Genève, 1988, n°743.
Les Trois Veritez contre les athees, idolatres, juifs, mahumetans, heretiques et schismatiques.
Bordeaux, Simon Millanges, 1593. In-8 (94 x 61 mm),16 pp. n. ch., 533 pp., 3 pp. n. ch. Maroquin janséniste noir, dos à nerfs, double filet doré sur les coupes et les coiffes, tranches dorées, dentelle intérieure (L. Bauser).
Edition originale.Important traité d’apologétique catholique, c’est le premier livre de Pierre Charron (1541-1603), théologien et philosophe parisien, disciple de Montaigne. Il séjourna comme théologal auprès de nombreux évêques du Sud-Ouest. En 1595 il futéludéputéà l'assembléeduclergéqui devait se tenir àParisen 1596. Cette première édition a paru anonymement chez Simon Millanges, l'imprimeur des Essais de Montaigne, comme Charron s'en explique dans l'avertissement de la deuxième édition: “L'an passé je mis au jour mon livre desTrois veritez,sans m'y nommer, me tenant couvert et caché, comme le bon Apelles derrière son ouvrage, pour entendre ce qu'en diroyent les passans, et amender sa besoigne selon qu'il en prendroit avis du jugement d'autrui”. Tout le tirage de cette édition fut écoulé en six mois. On a conservé un intéressant contrat liant Millanges et Charron pour une réédition de cet ouvrage en 1598 (G. Loirette, “Simon Millangesou la profession de maître Imprimeur en 1598”, Bulletin de la Société des bibliophiles de Guyenne, VI, 1936, 182). Un autre contrat entre eux, pour De la Sagesse en 1601, précise que l’imprimeur était tenu de donner à l’auteur 50 exemplaires moitié en blanc, moitié reliés, et 30 exemplaires de chaque réimpression (Dast de Boisville, Simon Millanges, imprimeur à Bordeaux de 1572 à 1623, 1896). Dans cet ouvrage, Charron établit trois principes pour lui irrévocables: que la religion est nécessaire, que le christianisme est révélé, et que l'Église romaine est la véritable Église.La troisième partie, très développée, est une réfutation Traité de l’Eglise de Duplessis-Mornay. Celui-ci, en réponse, laissa publier une violente diatribe émanant du milieu protestant : le cœur des griefs concernait le premier plan à donner l'Ecriture Sainte, selon les protestants, tandis que Charron, catholique, préfère insister sur la prééminence desdéfinitionsdes conciles (L. Desgraves, “Aspects des controverses entre catholiques et protestants dans le Sud-Ouest, entre 1580 et 1630”, Annales du Midi, 1964, pp. 153-187). Le XVIIe siècle se méfiera des ouvrages de Charron en tant que sectateur des sceptiques; Mersenne demandait de l’exclure comme particulièrement dangereux (L’impiété des déistes, athées, 1624) tandis que des rationalistes comme Guy Patin l’incluait dans une liste de livres “capables de prendre le monde par le nez” au côté de Rabelais, Montaigne, Bodin et Lipse (lettre du 27 mars 1665 à M. de Salins de Beaune). L’édition, extrêmement recherchée, a été collectionnée par les plus grands amateurs. Elle figurait dans les collections Bouhier (armes Chartraine de Bourbonne à la BM de Troyes), Mac-Carthy Reagh (Cat. 1815, I, n°839, en vélin), Pixerécourt (Cat. 1838, n° 2268, en vélin). L’exemplaire de Gilbert de Botton a été légué à Cambridge, UB. Bel exemplaire en maroquin de Bauser, de la bibliothèque de Ferdinand Brunetière, professeur de Sorbonne et académicien (vignette ex-libris contrecollée). C. Bauser était relieur à Paris rue de Nesle et exerçait dans le dernier quart du XIXe siècle. Note de possession manuscrite au titre “Cornieli Riemens”, peut-être Cornelis Riemens (1751-1827). Tchemerzine, Bibliographie d'éditions originales et rares, II, 244. Brunet, Manuel de l’amateur, I, 1809-1810.
La Légende de Saint Julien l'Hospitalier.
Léon Courbouleix, vers 1950. In-4 (318 x 245 mm), 2 ff. blancs, 36 ff. En feuilles, couverture illustrée rempliée, étui cartonné de l'éditeur.
Cette “édition recherchée” (Carteret) fut entièrement gravée à l'eau-forte, texte et illustrations, et imprimée sur la presse à bras par Léon Courbouleix. Elle comprend 44 illustrations gravées à l'eau-forte, dont une sur la couverture, une vignette de titre et 42 dans le texte dont 3 à pleine page, in-texte et culs-de-lampe. Chaque planche, à l'exception de celle justificative, est encadrée d'une frise florale tirée en bistre. Les grandes capitales en tête de paragraphe furent remplies et colorées en rouge. Cet ouvrage fut tiré à 300 exemplaires, dont quinze sur Japon, et 10 exemplaires hors commerce. Cet exemplaire est un des 285 sur papier d'Auvergne fait à la main, revêtu de la signature de l'artiste. Très bel exemplaire. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 158. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°4653.
Les Martyrs, ou le Triomphe de la Religion chrétienne.
Paris, Le Normant, 1809. 2 volumes in-8 (202 x 125 mm), XXIV pp., 414 pp.; 2 ff. n. ch., 403 pp., 1 f. n. ch. (errata), 10 pp. (catalogue). Maroquin rouge à long grain, roulettes dorées et à froid en encadrement sur les plats, dos lisses ornés de fleurons et de frises dorés, auteur et titre dorés, roulette dorée sur les coupes et les chasses, tranches dorées, petit manque en marge d’un feuillet du catalogue (reliure de l’époque).
Édition originale, bien complète des 6 cartons qui modifient certains passages dans le premier tome, du feuillet d’errata et du catalogue du libraire en fin du second tome. Les Martyrs sont l’aboutissement d’un projet de Chateaubriand qui souhaitait écrire une épopée chrétienne, mêlant les derniers temps du paganisme aux vertus de la religion chrétienne naissante. «Le roman est habilement construit, d’un intérêt soutenu et les caractères y sont fort bien campés.» (Laffont-Bompiani, Dictionnaire des Œuvres). Il offre également une série de descriptions pour lesquelles Chateaubriand avait parcouru la Grèce, l’Asie mineure, la Palestine et l’Égypte durant l’année 1806. «Enfin non content de toutes ces études, de tous ces sacrifices, de tous ces scrupules, je me suis embarqué, et j’ai été voir les sites que je voulais peindre. Quand mon ouvrage n’auroit d’ailleurs aucun mérite, il auroit au moins l’intérêt d’un voyage fait aux lieux les plus fameux de l’histoire. […] Ainsi, en lisant les descriptions qui se trouvent dans les Martyrs, le lecteur peut être assuré que ce sont des portraits ressemblants, et non des descriptions vagues et ambitieuses. Quelques-unes de ces descriptions sont tout-à-fait nouvelles: aucun voyageur moderne, du moins que je sache, n’a donné le tableau de la Messenie, d’une partie de l’Arcadie, et de la vallée de la Laconie.» «Difficile à rencontrer en reliures de l’époque de belle qualité» selon Clouzot. Très bel exemplaire en maroquin à long grain de l’époque. Carteret, I, 162. Clouzot, 63. Vicaire, II, 284-286.
Paris, d'Houry, 1782. In-8 (156 x 190 mm), 683 pp., 1 p. bl. Maroquin rouge aux armes, triple filet doré encadrant les plats, fleurs de lis dorées en écoinçons, larges armes dorées au centre des plats, dos à nerfs orné, coupes et coiffes décorées, dentelle intérieure dorée, gardes de moiré bleu, tranches dorées, petites griffures et discrètes restaurations au premier plat, petit manque sur une garde à la fin du volume, infimes rousseurs éparses (reliure de l'époque).
L'annuaire officiel de la Cour au XVIIIe siècle. Cet almanach fut publié de 1700 à 1792 par Laurent d'Houry et ses héritiers successifs par autorisation expresse de Louis XIV. Il fut remplacé par l'Almanach national. "D'une sorte de calendrier qu'il était à l'origine, se contentant d'un "discours général sur les changements de l'air et autres événements de l'année" et de quelques prédictions politiques plus ou moins banales, l'Almanach devint un véritable annuaire officiel, n'ayant plus que faire des "discours" et des "prédictions" (Grand-Carteret). En plus de l'indispensable calendrier, on trouve notamment dans cet ouvrage les dates de naissance et d'alliances, la liste des membres du clergé, des responsables des Maisons royales, des officiers de l'armée, des acteurs de la vie politique (parlementaires, conseillers d'État, fermiers généraux…), des membres des ordres de chevalerie ; la liste des bibliothèques, des membres des Académies, des chirurgiens et pharmaciens royaux, des foires les plus importantes ; les heures de départ des postes pour le courrier et le transport de personnes… L'ouvrage s'achève par une table des matières. L'exemplaire de Louis Guillaume de Villevault (1716-1786), commissaire du roi à la compagnie des Indes puis intendant du commerce auprès du département de la Marine de 1767 à 1780/1871, avec large ex-libris gravé "A la teste noire". Il possédait notamment le domaine de Brestel en Rouessé-Fontaine, dans la Sarthe. Il est cité par OHR: "Fer frappé... sur un "Almanach royal, année 1783" (Bibl. de M. Caplain, à Compiègne". Il précise que Villevault possédait un certain nombre d'almanachs royaux. Bel exemplaire en maroquin aux armes. Grand-Carteret, Les Almanachs français, n°91, pp. 26-30. OHR, pl. 1350.
Galeries historiques de Versailles.
Paris, Charles Gavard, 1838-1849. 19 volumes grand in-folio (585 x 425 mm). Demi-chagrin rouge à coins, deux filets dorés en bordure sur les plats, dos à 6 nerfs ornés de caissons de filets dorés et à froid, armes dorées dans le caisson supérieur, chiffre dans le caisson inférieur, titre et tomaison en doré, têtes dorées, quelques feuillets brunis, restauration de papier sur un feuillet du t. VI sans atteinte au texte (reliure de l’époque).
Monumental ouvrage rassemblant plus de 1750 planches. L’ensemble des Galeries historiques de Versailles fut publié par souscription en 460 livraisons (462 selon Vicaire), dont la première fut annoncée le 1er mai 1837. Trois éditions étaient alors disponibles: une édition de luxe, format grand in-folio avec les gravures sur Chine, avec texte orné de vignettes, culs-de-lampe et ornements gravés sur bois; une édition format petit in-folio, avec les mêmes gravures et textes, mais sans les ornements; une édition format in-4 contenant un choix de gravures parmi les autres éditions. Très rare exemplaire de l’édition de luxe grand in-folio, qui plus est complet. Elle fut sans doute tirée à un nombre restreint tant il est rare de trouver la série complète dans ce format. Les 19 volumes rassemblent 1752 planches gravées sur acier au moyen du pantographe et du diagraphe et terminées à l’eau-forte et au burin par les meilleurs artistes de l’époque. Les feuillets de texte et les titres sont de plus ornés de nombreuses figures, bandeaux et culs-de-lampe, soit plus de 1150 ornements gravés sur bois pour l’ensemble. En 1836, Louis-Philippe avait accordé au polytechnicien Charles Gavard (Paris, 1794–Versailles, 1871) les droits exclusifs sur la reproduction de chaque œuvre du Musée historique de Versailles à l’aide d’un outil de son invention, le diagraphe. Présenté aux Salons de 1833 et 1834 et à l’Exposition des produits de l’industrie française de 1834, ce nouveau procédé constituait une aide au dessin permettant de tracer les contours d’un objet en suivant un point de mire. Il se révéla utile à plus d’un titre pour la réalisation de l’ouvrage: il permit en effet la production d’un nombre considérable de gravures en un temps record et assura leur large diffusion. Bien qu’il fut perçu par certains comme une menace pour l’art, le diagraphe ne pouvait remplacer le travail des artistes. Gavard avait ainsi confié à Luigi Calamatta et Paolo Mercuri la direction d'une équipe de 154 graveurs et 32 dessinateurs réputés, qui donnèrent toute leur force aux gravures des Galeries historiques. L’ouvrage est divisé en 11 séries dépeignant l’histoire de France des origines à Louis-Philippe, chacune divisée en sections. Le tome I est dévolu aux plans et vues (plans de Versailles, châteaux et demeures royales…) et aux premiers tableaux; les t. II à VII présentent les tableaux par périodes chronologiques, les t.VIII à XII les portraits des grands hommes, le t. XIII les statues et les bustes, ainsi que la liste des souscripteurs in-fine. Six volumes de suppléments complètent les différentes séries dont nous donnons le détail ci-dessous. Une table de classement des textes et gravures et une table alphabétique des personnages se trouvent à la fin du t. XIII et du t. supplément VI. Précieux exemplaire aux armes et au chiffre de Louis-Philippe Ier, qui entreprit la transformation de Versailles en musée. À son avènement en 1830, le roi Louis-Philippe s’attacha à faire du château de Versailles, symbole de l’Ancien Régime, un monument national dédié à la gloire de la France, de façon à réconcilier républicains, légitimistes et bonapartistes tout en inscrivant son règne dans l’histoire nationale. Il imagina un musée ouvert à tous présentant «une version officielle de l’histoire, accessible et visuellement stimulante» (Katie Hornstein). Les tableaux, les portraits et les bustes ainsi réunis à Versailles provenaient soit des dépôts de la couronne et des résidences royales, soit de commandes auprès d’artistes réputés (Horace Vernet, Delacroix, François Gérard…). Victor Hugo, présent à l’inauguration des galeries historiques en 1837, approuva «d’avoir donné à ce livre magnifique qu’on appelle l’histoire de France cette magnifique reliure qu’on appelle Versailles». Les 19 volumes des Galeries de Versailles en sont l’éblouissant catalogue. Exceptionnel exemplaire, certainement l'un des plus désirables. Brunet, II, 1508-1509. Graesse, III, 13. Vicaire, III, 950-952. Katie Hornstein, «Le diagraphe de Charles Gavard et l’âge de la reproduction mécanique visuelle en France», Histoire de l’art, n°70, juillet 2012, pp. 73-82. O. H. R., pl. 2577, fer n°11 pour le chiffre.
Paris, Jean Camusat, 1635. In-folio (368 x 236 mm), 20 ff. n. ch., 871 pp., 1 p. n. ch., 11 ff. n. ch. Maroquin noir, dos à nerfs orné à la grotesque au pointillé, titre et tranches dorés, feuillet de titre réenmargé, fines restaurations, étui moderne (reliure de l'époque).
Second tirage de cette très importante édition des Essais donnée par Melle de Gournay, illustrée d'un beau portrait gravé de Montaigne, et dédiée au Cardinal de Richelieu. Ce nouveau tirage corrige nombre d'erreurs qui étaient apparues dans le premier, publié par Toussaint Le Bray et ajoute au titre des armes dans les socles à l'antique. Dans de nombreux passages, cette édition revient au texte de l'édition de 1595, avec quelques inévitables rafraîchissements du vocabulaire. Pour Brunet, "Cette édition, dédiée au cardinal de Richelieu, l'emporte peut-être sur celle de 1595, à cause des pièces qui y sont jointes, et parce qu'elle donne la traduction des citations (...)". Notre exemplaire contient bien les 19 corrections portées à la plume par Mlle de Gournay elle-même, répertoriées par Sayce et Maskell, auxquelles elle fait référence dans sa longue préface : "nous avons pris la peine de corriger la plus part des erreurs avec la plume, & recueillir en un Errata bien exact le reste de celles qui peuvent importer". A titre d'exemple, à la p. 14, soy est corrigé en elle, à la page 18, forte devient haute. C'est un témoignage de l'exigence d'exactitude de celle qui s'était voulue la fidèle dépositaire de l'oeuvre de son père spirituel. Les traductions des citations grecques et latines, placées à la fin de chaque essai, répondent certainement à l'empire croissant du français sanctionné par la création de l'Académie française selon la volonté du Cardinal, quelques mois seulement avant la dédicace de Marie de Gournay. Précieux exemplaire en maroquin du temps. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, III, 1837. Tchemerzine, Éditions originales et rares XVe-XVIIIe siècles, VIII, 428. Sayce & Maskell, A Descriptive bibliography of Montaigne’s Essais 1580-1700, n°25.
Paris, Prault, 1737. 2 tomes en 2 volumes petits in-8 (162 x 88 mm), 2 ff. n. ch., 332 pp., 2 ff. n. ch.; 1 f. n. ch., 350 pp., 11 ff. n. ch. Maroquin rouge à coins ronds, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, double filet doré sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées, quelques taches au plat supérieur du t. II, petites rousseurs (Lortic fils).
Edition augmentée, illustrée d’un beau frontispice représentant l’apparition du diable et de 12 jolies figures par F. Dubercelle. Notre édition contient pour la première fois deux textes de l’abbé Laurent Bordelon : Les entretiens sérieux et comiques des cheminées de Madrid, et Les béquilles du diable. Les figures sont en second tirage, d’après l’édition de 1726. C’est le premier grand succès de Lesage. Célèbre conte à l’espagnole, sans le rire de «histoires comiques», le canevas est emprunté au Diablo cojuelo de Luis de Guevara auquel l’auteur a payé sa dette dans la préface. Le diable emporte un mortel sur les toits et observe les scènes dans les habitations, prétexte à de nombreuses discussions et satires sur les mœurs des parisiens. Le Diable boiteux est d’abord paru en 1707 mais Lesage en a repris l’ordonnance et en a presque doublé le volume en 1726. L’ouvrage connut un succès ininterrompu jusqu’au XIXe siècle et Favart en fit un bel opéra en 1782. Alain-René Lesage (Sarzeau, 1668-Boulogne, 1747) est resté attaché toute sa vie à la littérature espagnole à laquelle il avait été initié par l’abbé de Lyonne. Avant le Diable boiteux, il traduisit deux pièces de Fernando de Rojas et Lope de Vega, puis le Don Quichotte de Cervantès. Très bel exemplaire dans un maroquin rouge parfaitement exécuté par Lortic fils. A la fois relieur et doreur, Marcellin Lortic (1852-1928) succéda à son père en 1884 et travailla avec un souci constant de l'excellence jusque dans les années 1920. Ex-libris gravés Eugène Vincent (n° 126 ms.) et Denis Chambon, Marseille. Tchemerzine IV, 173. Cohen, 629. Fléty, p. 115.
Paris, Paul Ollendorff, 1890. In-12 (117 x 181 mm). 2 ff., 300 pp. Demi-maroquin orangé janséniste à coins, dos à nerfs, tête dorée, couvertures et dos conservés (Hans Asper).
Édition originale de ce roman sentimental réaliste, écrit dans une langue simple à l'opposé de l'écriture artiste en vogue. Il renferme de belles descriptions de la forêt de Fontainebleau, de la Normandie et du mont Saint-Michel, chers au coeur de l'auteur natif de Tourville-sur-Arques. Le dernier roman achevé de Maupassant. Maupassant, mort moins de trois ans plus tard, passe pour y avoir livré une sorte d'autoportrait au travers d'un personnage secondaire d'écrivain, comme l'a souligné Anatole France dans sa critique du Temps: «Il est impossible de ne pas reconnaître l'auteur de Bel-Ami en ce Gaston de Lamarthe qu'on nous dit “doué de deux sens très simples, une vision nette des formes et une intuition instinctive des dessous”». En cette année 1890, Maupassant était déjà fort atteint par la syphilis qui allait l'emporter au rapport du Journal d'Edmond de Goncourt qui le voit à l'occasion de l'inauguration d'un monument Flaubert à Rouen : "(...) ... Je suis frappé, ce matin, de la mauvaise mine de Maupassant, du décharnement de sa figure, de son teint briqueté, du caractère marqué, ainsi qu'on dit au théâtre, qu'a pris sa personne, et même de la fixité maladive de son regard. Il ne semble pas destiné à faire de vieux os» (23 novembre 1890). Il entreprendra en 1891 un roman intitulé L'Angélus qu'il ne parvient pas à achever. Bel exemplaire, dans une sobre demi-reliure du genevois Asper. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, II, p. 122. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 198. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V, col. 622.
Paris, Jouaust Librairie des Bibliophiles, 1886. In-8 (217 x 131 mm), 2 ff. n. ch., 239 pp., 1 p. bl., 2 ff. n. ch. Reliure à la bradel, percaline crème, dos lisse orné d'un fleuron et de la date en pied dorés, pièce bleu nuit portant le titre et l'auteur en doré, couvertures conservées, infimes rousseurs au début de l'ouvrage, dos légèrement assombri (Pierson).
Troisième édition, illustrée d’un portrait de l’auteur en frontispice et de 6 figures gravées à l’eau-forte, en double état, par Champollion, d’après Julien Le Blant. Ce roman s'inspire librement de la vie du héros chouan Jacques Destouches de La Fresnay. Un des 25 exemplaires sur Chine, avec figures en double état. Exemplaire partiellement non coupé, aux marges non rognées. Jacques Destouches (Granville, 1780-Caen, 1858) était issu d'une famille d'armateurs; jeune courrier royaliste entre Granville et Jersey, il fut arrêté sur dénonciation en juillet 1798 puis condamné à mort, il est secouru par un coup de force chouan. Exilé en Angleterre et placé dans une maison de santé à cause de troubles mentaux, il revint en France sous la Restauration en 1823. Ayant rechuté, il est interné en 1826 à l'asile du Bon-Sauveur à Caen où il mourut. Barbey l'y rencontra en 1856. L'exemplaire est en reliure d'époque signée de Henri-Joseph Pierson qui fut notamment le relieur des frères Goncourt. Relieur du dernier tiers du XIXe siècle, établi 30 rue Mazarine, il obtint une médaille d'argent à l'exposition de 1878. Henry Joseph lui succéda en 1895. Bon exemplaire en reliure de Pierson. Talvart et Place, Bibliographie des auteurs modernes…, I, p. 216. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, I, 109-110. Fléty, Dictionnaire des relieurs français…, p. 144.
Paris, Ollendorff, 1890. In-12 (142 x 192). 2 ff. n. ch., 233 pp., 1 p. bl., 1 f. n. ch. Broché, premier plat de couverture illustré, dos jauni, plats et gardes légèrement brunis, petite faiblesse au dos en pied.
Edition originale, 1 des 100 exemplaires numérotés sur hollande, seul grand papier, tel que paru. Ce recueil de sept récits a été composés par Maupassant lors d'un voyage en Méditerranée. Maupassant réalisa une enquête journalistique, attiré par l'exotisme de l'Italie du sud et du du Maghreb. Ce recueil renferme les textes suivants: Lassitude; La Nuit; La côte italienne; La Sicile; D’Alger à Tunis; Tunis; Vers Kairouan. C'est une oeuvre de la maturité d'un auteur qui mourra seulement trois ans plus tard de la syphilis. Maupassant lecteur de Baudelaire et Rimbaud La Nuit cite des vers de Baudelaire («Correspondances», Les Fleurs du mal) et reproduit surtout in-extenso le fameux Sonnet des voyelles de Rimbaud (p. 19), alors une nouveauté, paru en revue dans Lutèce (1883) avant d’être repris dans les Poètes de Verlaine l’année suivante. On note deux variantes par rapport au texte authentique: bourdonnent (v. 4) au lieu de bombillent; ombrelles au v. 6 au lieu d’ombelles. Maupassantfait suivre sa citation de ce commentaire : «A-t-il tort, a-t-il raison? Pour le casseur de pierre des routes, même pour beaucoup de nos grands hommes, ce poète est un fou ou un fumiste. Pour d’autres, il a découvert et exprimé une absolue vérité (…)». Parfait exemplaire non rogné, tel que paru. Talvart et Place, Bibliographie des auteurs modernes…, XIII, p. 260. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 198. Stendhal, Baudelaire, et leurs émules, cat. Bérès 92, n°773.
Paris, A. Romagnol, 1911. In-4 (289 x 204 mm), 282 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture imprimée rempliée, chemise et étui.
Exemplaire de tête sur Japon avec trois états des eaux-fortes. Cette édition est illustrée d'un portrait-frontispice et de 51 eaux-fortes originales de Lobel-Riche. Cet exemplaire est un des 150 premiers, imprimés sur papier du Japon ou sur vélin Van Gelder Zonen, comportant trois états des gravures dont l'état terminé, l'eau-forte pure, et l'état terminé avec remarques. Celui-ci fut tiré sur papier Japon. L'ouvrage fut imprimé à 352 exemplaires au total. “Très belle publication cotée, qui mérite encore plus d'attention, car elle prouve que, même sans couleur, un graveur de grand talent comme Lobel-Riche est capable de donner toutes les satisfactions avec l'eau-forte originale en noir.” (Carteret). Très bel exemplaire. Mahé, Bibliographie des livres de luxe…, II, col. 250. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 338. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°9629.
Paris, Marie-Françoise Dumur, 1982-1986. In-4 (300 x 245 mm), 43 ff. n. ch. Veau ivoire, décor de stries et d'aplats sur les plats, jeux d'ombres, titre et auteur sur le premier plat, dos muet, chemise, étui (Marie-Françoise Dumur, mars 1986).
Exemplaire unique. Cet ouvrage fut entièrement réalisé à la main par l'artiste Marie-Françoise Dumur. Le texte de René Char est entièrement manuscrit. L'ouvrage est décoré et illustré à l'aquarelle et à la gouache sur papier d'Arches. Il fut dédicacé par René Char : “A Marie-Françoise Dumur, reconnaissant et ici même. R. C.”, à qui l'artiste avait adressé une lettre pour le rencontrer. Le poète lui répondit qu'il la recevra: “en me réjouissant de connaître votre travail sur Partage formel.” Il cite le nom du grand historien Pierre Vidal-Naquet qui servit d'intermédiaire entre eux. La lettre et son enveloppe furent reliées dans l'exemplaire. Exceptionnelle réalisation originale et unique, qui fut appréciée par René Char.
Histoire des comtes d'Hollande et estat et gouvernement des Provinces-Unies du Pays-Bas.
Paris, Simeon Piget, 1666. In-12 (77 x 138 mm). 4 ff. n. ch., 424 pp. Maroquin vieux rouge, double filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, gardes et coiffes travaillées, discrètes restaurations sur les mors et coiffes, petits frottements sur les plats, coins légèrement émoussés, petite mouillure angulaire sur les premiers feuillets, infimes rousseurs éparses (reliure de l'époque).
Seconde édition en français, traduite des Principes Hollandiae et Westfrisiae de Pieter Schrijver (Scriverius) qui avait paru à Haarlem en 1650. Notre édition suit l'elzévirienne publiée à La Haye par Adrian Vlaq en 1664. Ce volume contient l'histoire de la Hollande et des Pays-Bas, assortie des généalogies des familles des princes et comtes, insistant sur leur système de gouvernement et leur histoire politique depuis l'an 863 jusqu'en 1662. Scriverius (Haarlem 1576-Leyde 1660) publia des éditions de classiques latins (Martial, Sénèque, Apulée) et fut un promoteur de la langue néerlandaise et de l'histoire nationale hollandaise. Il n'accepta ni emploi, ni plus tard de chaire lorsqu'il fut connu pour son travail d'historien, se montrant satisfait de suppléer selon les besoins les professeurs de collèges de l'université de Leyde. Elégant exemplaire en maroquin rouge de l'époque. Petite note manuscrite de main ancienne sur la page de titre ; quelques annotations (pp. 27, 29, 120, 222), indiquant des références historiennes anciennes (Florus, Plutarque). Ex-libris ancien biffé sur une garde. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 743. Willems, Les Elzevier, n°1729.
La Légende de Saint Julien l'Hospitalier.
Léon Courbouleix [vers 1950]. In-4 (321 x 250 mm), 2 ff. blancs, 36 ff. En feuilles, couverture illustrée rempliée, dos légèrement froissé.
Cette “édition recherchée” (Carteret) fut entièrement gravée à l'eau-forte, texte et illustrations, et imprimée sur la presse à bras par Léon Courbouleix. Elle comprend 44 illustrations gravées à l'eau-forte, dont une sur la couverture, une vignette de titre et 42 dans le texte dont 3 à pleine page, in-texte et culs-de-lampe. Chaque planche, à l'exception de celle justificative, est encadrée d'une frise florale tirée en bistre. Les grandes capitales en tête de paragraphe furent remplies et colorées en rouge. Un des dix exemplaires hors commerce, sur Japon supernacré, enrichi de deux aquarelles originales. Cet ouvrage fut tiré à 300 exemplaires, dont quinze sur Japon, et 10 exemplaires hors commerce. Cet exemplaire est un des 10 hors commerce tirés pour l'artiste sur papier Japon supernacré et revêtu de sa signature. Il est enrichi de deux aquarelles originales ayant servi pour l'ouvrage et d'une suite en sanguine des hors-texte, du titre, des têtes de chapitre et de la couverture, comme pour les quinze exemplaires de tête sur Japon impérial. Bel exemplaire. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 158. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°4653.
Paris, Éditions du bâteau ivre, 1946. In-12 (118 x 185 mm), 234 pp., 3 ff. n. ch. Broché, couverture grise imprimée d'éditeur, dos légèrement insolé.
Édition originale avec envoi. Ce roman est accompagné au faux-titre de l'envoi : à Pierre Cheymol cette vieille histoire pour rajeunir nos prochaines rencontres. Amitiés Jacques Baron 12 nov. 74. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, Éditions surréalistes, 1965. In-4 (224 x 280 mm), 15 ff. n. ch., Broché, couverture illustrée d'éditeur, rempliée.
Édition orignale avec envoi à Pierre Cheymol. Ce recueil de poèmes est illustré de 4 illustrations de Jean Benoît. Cet ouvrage a été imprimé à 151 exemplaires numérotés. Georges Sebbag n'annonce que 134 exemplaires par rapport à la justification et donc seulement 8 exemplaires hors commerce au lieu de 25. Cet exemplaire est un des 100 (n°86) dans le format in-4 carré avec l'envoi : Mets et tor le jor du cri, le cri du ri que tu dis, Pierre avec Sylvie. Vincent. Cet exemplaire est enrichi d'une carte postale signée par Vincent Bounoure représentant une grotte de laveuses à Royat. L'auteur évoque son lieu de villegiature et regrette l'absence de chats. On a joint également une carte postale représentant une œuvre de Jean Benoît et annonçant une exposition de collages surréalistes qui eut lieu du 19 décembre 1978 au 13 janvier 1979 à la galerie le Triskele à Paris. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Très bel exemplaire. Sebbag, Les Éditions surréalistes, Paris, Imec éditions, 1993, p. 146, n°53.
Lausanne, Aux escaliers de Lausanne, 1950. In-8 (237 x 187 mm), 224 pp., 30 ff. n. ch. Broché, partiellement non coupé, papier uniformément bruni.
Édition originale, pour laquelle il n’a pas été tiré de grand papier. L’ouvrage comprend le roman de Jean Isidore Isou, un Essai sur la définition, l’évolution et le bouleversement total de la prose et du roman et une «préface-défide l’éditeur-métagraphe» Maurice Lemaître. Il est illustré in fine de 50 planches métagraphiques de Jean Isidore Isou tirées en bleu, rouge et jaune illustrant l’Ancien Testament selon les principes du «roman isouien». De la bibliothèque Pierre Cheymol, avec son ex-libris gravé. Bon exemplaire.
Paris, Seghers, 1967. In-4 (200 x 260 mm), 57 pp., 2 ff. n. ch. En feuilles, couverture ocre imprimée d'éditeur à rabats, chemise en demi-chagrin marron, titre et auteur en long au dos, étui bordé (P. Goy & C. Vilaine).
Édition originale avec envoi, enrichie de manuscrits de l'auteur. Jean-Louis Bédouin (Neuilly sur Seine 1929-Paris 1996) fut l'un des principaux animateurs du groupe surréaliste parisien d'après guerre. Il participa aux diverses revues comme Médium et Bief et fut l'auteur d'un des premiers essais sur André Breton (1950). Il sera de ceux qui ne se résignent pas à la dissolution de 1969 et poursuivent quelque temps l'aventure à travers le Bulletin de liaison surréaliste. Il est auteur de Vingt ans de Surréalisme (1961), de "picto-poèmes" (L'Arbre descend du singe), d'émissions de radio et du film L'invention du monde (réalisé avec Zimbacca et Péret, 1951). Libre espace est le premier recueil de poèmes de Jean-Louis Bédouin. Suivront L'Arbre descend du singe (1975) et L'Épaule du large (1992). Cet ouvrage a été imprimé à 466 exemplaires. Celui-ci est un des 16 hors commerce marqué H. C. sur vélin de Hollande avec une eau-forte originale de Jorge Camacho. On peut lire au faux-titre l'envoi : à Pierre et Sylvie Cheymol, pour leur bibliothèque sous la mer, avec mon amitié affectueuse, J.-L. Bédouin. Cet exemplaire est enrichi des documents suivants : - Trois poèmes manuscrits tirés de l'ouvrage signés et datés par Jean-Louis Bédouin. On remarque que le poème Libre espace s'intitulait d'abord Cher espace. Le manuscrit de L'oreille interne comprend deux corrections : un changement de mot pour un autre et une phrase rayée. - Une extraordinaire lettre de deux pages de Jean-Louis Bédouin adressée à Pierre et Sylvie Cheymol : Je plonge dans l'état de veille comme un noyé dans un sac. J'émerge parfois d'un rêve, pour me passer à travers le corps l'épée creuse du petit jour. Le stylo est un stylet de comédie. Vous me retrouverez bien mort, en costume de plage, place d'Enfer… - Trois poèmes tapuscrits de Jean-Louis Bédouin dont un dédié à Pierre et Sylvie Cheymol. Le premier est daté du 20 janvier 1969 (2 pages), le deuxième du 2 mai 1969 (3 pages) et le dernier du 27 juillet 1969 (2 pages). - Une carte postale signée J.-L. adressée à Pierre Cheymol. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Exemplaire unique.
Paris, Éditions surréalistes, 1967. In-4 (160 x 280 mm), 55 pp., 1 f. n. ch. Broché, couverture crème imprimée d'éditeur rempliée, chemise demi-chagrin rouge, titre, auteur, illustrateur et éditeur en doré, étui bordé (P. Goy & C. Vilaine).
Édition originale avec envoi et dessin original de Camacho, enrichie de "Talismans" inédits de la main de l'auteur. Cet ouvrage met en regard des poèmes de Vincent Bounoure et des illustrations de Jorge Camacho pris dans un cercle de couleur, l'ensemble décrivant l'avers et le revers d'une médaille. Dans la présentation du livre on trouve quelques indications sur la création de l'ouvrage. L'intention du poète et de l'artiste était de "blasonner sur le corps féminin". Bounoure et Camacho étaient tous deux face à face pendant le processus de création. Cet ouvrage a été imprimé à 651 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 600 (n°375) sur vélin blanc. Il comprend le double envoi du poète et de l'artiste : À Pierre et Sylvie avec l'amitié de Camacho. Et le loup au front de Vincent Bounoure. L'envoi de Camacho est accompagné d'un superbe dessin à l'encre. Cet exemplaire est enrichi d'un bi-feuillet manuscrit écrit à l'encre rouge intitulé Suite libre des Talismans (texte) 1967. Il comprend six poèmes autographes inédits signés Vincent Bounoure et est accompagné d'un envoi à l'encre noire : Pour Sylvie et Pierre avec l'amitié de VB (décembre 1972). Ces six poèmes devaient faire écho aux six eaux-fortes supplémentaires de Camacho que l'on trouve dans les 50 exemplaires sur vélin d'Arches. Le bi-feuillet renferme une photographie de l'auteur datée de mars 1976. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Exemplaire à l'état de neuf. Sebbag, Les Éditions surréalistes, Paris, Imec éditions, 1993, p. 147, n°54.
Paris, G.L.M., 1952. In-12 (120 x 192 mm), 28 pp., 1 f. n. ch. Broché, couverture bleue imprimée d'éditeur, dos et marge supérieure légèrement passés.
Édition en partie originale. "Recueil collectif comprenant "Lascaux", "Transir", "Quatre fascinants" et "La Minutieuse". Ces deux dernières parties avaient été publiées en un volume en mars 1931." (Les Éditions G. L. M. 1923-1974, p. 76, n°361). Cet ouvrage a été imprimé à environ 975 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 920 (n°371) sur vélin. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris manuscrit et gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, Alphonse Lemerre, 1882. In-12 (180 x 119 mm), 1 f. n. ch., 153 pp. Demi-chagrin maroquiné bordeaux, dos janséniste à nerfs, titre, auteur et date en doré, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (P. Goy & C. Vilaine).
Édition originale avec envoi et corrections autographes de l'auteur. Le Sang des dieux est le premier recueil de poésies par Jean Lorrain. Dédié à Leconte de Lisle et publié à compte d'auteur, il sera le tremplin qui le fera connaître aux grands écrivains de son temps. Cela fait tout juste deux ans que l'auteur s'est définitivement installé à Paris pour mener une carrière littéraire. Il fréquente le Chat noir, rencontre les hydropathes et les zutistes, Jean Moréas et Jean Richepin. Lors de la publication du Sang des dieux, il se fait remarquer par Jose-Maria de Heredia et Leconte de Lisle. François Coppée est le premier à signaler le volume dans la presse. Lorrain ne tardera pas à rencontrer Robert de Montesquiou, Edmond de Goncourt, Barbey d'Aurevilly, Huysmans, Laurent Tailhade, Léon Bloy… Cet exemplaire comprend l'envoi : À monsieur Armand d'Artois, à la chanson du printemps, sympathique et sincère hommage Jehan Lorrain. L'auteur a également indiqué à la mine de plomb sept corrections : variantes, ajouts de mots oubliés dans la composition du texte et modifications typographiques. Jules François Armand Dartois de Bournonville (1845-1912), qui signait Armand d'Artois, fut conservateur à la bibliothèque Mazarine de 1884 à 1912 et auteur d'un roman et de pièces de théâtre. En 1882, il était déjà l'auteur de plusieurs pièces dont une en collaboration avec François Coppée (La Guerre de Cent ans, 1878). Il acquit une certaine notoriété pour son adaptation de Lorenzaccio de Musset pour Sarah Bernhardt en 1896. Cet ouvrage a été imprimé à 525 exemplaires numérotés, 500 sur vélin teinté et 25 sur Hollande. Celui-ci, sur vélin teinté n'est pas numéroté. Il est illustré d'un frontispice en héliogravure reproduisant un dessin de Gustave Moreau. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire parfaitement établi. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V, p. 399 ; Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes…, XII, p. 308.
Les Quatre temps suivi de L'imitation sentimentale.
Paris, Seghers, 1956. In-12 (133 x 175 mm), 76 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture rouge et blanche illustrée d'éditeur.
Édition originale avec envoi. Cet ouvrage est illustré d'un portrait de l'auteur par Gaston-Louis Roux. Il comprend l'envoi : à Pierre Cheymol en toute amitié Jacques Baron. Les trois premiers poèmes de ce recueil, bien que chacun ait été écrit à plusieurs années d'intervalle, et dans des circonstances très différentes, me semblent former comme une histoire d'un homme qui se demande continuellement ce qui se passe et qui ne trouve pas de réponse satisfaisante, ni en lui-même, ni au-dehors… De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Traité physique et historique de l'Aurore boréale.
Paris, Imprimerie royale, 1754. 1 In-4. Veau fauve marbré, armes sur les plats, dos à nerfs orné, pièce de titre en maroquin rouge, double filet sur les coupes (reliure d'époque).
Seconde édition, la plus complète, revue et augmentée de plusieurs éclaircissements. Ami de Voltaire, membre de plusieurs académies des Sciences et doué d'une prodigieuse culture historique et artistique, Mairan écrivit de nombreux traités et mémoires sur les sujets les plus divers. Chargé de trouver une méthode de jaugeage des bateaux afin de prévenir les fraudes et les abus ou encore de perfectionner la conservation des aliments par l'utilisation de la glace, il était soucieux de trouver les applications pratiques et utiles à toutes ses recherches. Son talent d'écrivain le fit entrer à l'Académie française en 1743. Villemain dit de lui qu'il découvrit là où Fontenelle avait agréablement parlé… L'ouvrage est illustré de 17 planches dépliantes contenant 36 figures d'après P. Simmoneau. Plusieurs planches gravées représentent des aurores boréales et la voûte céleste. Son Traité de l'aurore boréale, sujet pourtant abstrait, est un modèle de clarté et d'exactitude. Ses recherches sur la composition de l'atmosphère, de la lumière et de l'influence de l’activité solaire sont de toute première importance. Exceptionnel exemplaire du duc de La Vallière. Petit-neveu de la duchesse de La Vallière, favorite de Louis XIV, Louis-César de la Baume Le Blanc, duc de la Vallière (1708-1780), fut l’un des plus puissants seigneurs de la Cour de Louis XV. Il fut l’un des plus grands bibliophiles du XVIIIe siècle. Avec l'aide de son bibliothécaire, l'abbé Rive, il rassembla une bibliothèque choisie, achetant des bibliothèques entières et revendant les ouvrages qu'il avait en double. Sa bibliothèque a été vendue en trois vacations en 1767, 1783 et 1788. Une partie en a été acquise par le comte d'Artois et incorporée au fonds de la bibliothèque de l'Arsenal. Les exemplaires aux armes du duc de La Vallière sont devenus rares. Très bel exemplaire en veau du temps.
Paris, Rieder, 1934. In-12 (117 x 186 mm), 246 pp. Broché, couverture jaune imprimée d'éditeur.
Édition originale avec envoi. Cet exemplaire de service de presse comprend l'envoi : à M. Cl. Bordas. Très cordial souvenir. Philippe Soupault. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, N.R.F., 1926. In-12 ; 65 pp., 1 f.n.ch. Broché, couverture crème imprimée d'éditeur.
Édition originale. Un des 718 exemplaires numérotés sur vélin Navarre (n°180). Illustré en frontispice d'un portrait de l'auteur sur bois par Joseph Sima. Les poèmes de Jouve publiés entre 1925 et 1937 représentent un des plus hauts sommets de la poésie du vingtième siècle. La Vita Nuova a commencé en 1925 par la publication chez Stock des MystÈrieuses Noces, suivie en 1926 des Nouvelles Noces. Lors de la réunion de ces deux recueils, en 1928 au Sans Pareil sous le titre de Noces, Jouve annonce dans la postface sa rupture avec son œuvre antérieure à 1925. Très bel exemplaire. Provenance : Bibliothèque de Pierre Cheymol (ex-libris gravé).
Paris, Éditions Sansot, 1925. In-12 (140 x 192 mm), 130 pp., 1 f. n. ch. Broché, couverture orange imprimée d'éditeur, dos légèrement insolé.
Édition originale avec envoi. Ce recueil de poèmes imite l'haï-ku, forme de poésie courte d'origine japonaise. On peut lire au faux-titre l'envoi : à Monsieur Dolques en très amical hommage Maurice Heim. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, H. Piazza, 1922. In-8 (163 x 231 mm), 160 pp., 3 ff. n. ch. Broché, couverture violette imprimée d'éditeur rempliée, étui.
Exemplaire sur Japon enrichi d'une aquarelle originale. Cette "Belle publication très cotée en grand papier" (Carteret) est illustrée de 41 compositions d'Henri Cassiers en couleurs rehaussées : 1 frontispice, 15 à pleine page et 25 in-texte. Cet ouvrage a été imprimé à 900 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 140 sur Japon contenant une suite en noir venant après 40 sur Japon avec une suite en couleurs et une en noir et avant 720 sur Vélin. Cet exemplaire est enrichi du prospectus de souscription illustré d'une aquarelle originale d'Henri Cassiers signée. Très bel exemplaire. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 391 ; Mahé, Bibliographie des livres de luxe…, III, p. 642.
Mainpierre, 1976. In-folio (280 x 380 mm). En feuilles sous chemise rempliée de papier fort, emboîtage sculpture de Jean-Jacques Morvan en toile grise, bouchons de liège flottés, collés dans une découpe, sur fond ocre, blanc et noir, quelques rousseurs sur le dos de la couverture.
Les poèmes de Tristan Corbière sont illustrés de 37 belles lithographies originales en couleurs de Jean-Jacques Morvan. L’ouvrage, tiré à 135 exemplaires sur vélin d’Arches (n°84), a été conçu par Jean-Jacques Morvan, ainsi que la couverture: un filet de pêche noyé dans la pâte à papier. Il a été imprimé par l’imprimerie Grou-Radenez. Chaque exemplaire est unique car le filet a une forme et une couleur différente; de même que l’emboîtage sculpture est décoré de bouchons de liège flottés que l’artiste a ramassé sur la grève. Ce premier livre édité par MAINPIERRE a été achevé pour les marées d’équinoxe de septembre 1976. Bel exemplaire du plus célèbre ouvrage de l’artiste.
Marseille, Les Cahiers du Sud, 1929. In-12 (140 x 190 mm), 82 pp., 1 f. bl., 1 f. n. ch. Broché, couverture blanche imprimée d'éditeur.
Édition originale avec envoi, enrichie d'une carte postale signée de l'auteur. Cet recueil de poèmes est illustré d'un frontispice de Max Ernst. C'est le dixième et le dernier de la collection "Poètes" a été tiré à 418 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 400 (n°378) sur Alfa. On peut lire au faux-titre l'envoi : Pour Pierre Cheymol ces paroles d'ancien temps pour une année nouvelle avec ma fidèle amitié. Jacques Baron 26-12-85. Et mon bon cœur à Sylvie. Cet exemplaire est enrichi d'une carte postale du Pont au diable envoyé par Jacques Baron à Pierre et Sylvie Cheymol. De la bibliothèque de Pierre Cheymol. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Martinique charmeuse de serpents.
Paris, Éditions du Sagittaire, 1948. In-12 (138 x 187 mm), 111 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture illustrée d'éditeur.
Édition originale. Ayant obtenu un visa d'entrée aux États-Unis grâce à l'action du Comité de secours américain aux intellectuels, Breton quitte Marseille au printemps de 1941, accompagné de Jacqueline et de leur petite fille Aube et fait une escale forcée à la Martinique. Ce séjour inspirera certains poèmes en prose de cet ouvrage. Breton découvrira à la Martinique la nature tropicale dont la "végétation forcenée" concilie à ses yeux "le saisissable et l'éperdu, la vie et le rêve" et rejoint la mythologie de l'enfance. Cette période marque aussi le moment de l'importante rencontre entre Aimé Césaire et André Breton. Cet ouvrage est illustré de compositions d'André Masson in-texte et à pleine page en noir et en bleu. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris manuscrit et gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Aventure de Catherine Crachat.
Paris, Egloff, 1947. In-8 (134 x 206 mm), 422 pp., 7 ff. n. ch. Broché, couverture blanche imprimée d'éditeur rempliée, petites piqûres au premier plat.
Première édition collective avec envoi au peintre Marcel Gromaire. Cette édition réunit pour la première fois sous le titre d'Aventure de Catherine Crachat les deux romans Hécate (1928) et Vagadu (1931). Cet exemplaire de service de presse comprend l'envoi : pour le peintre M. Gromaire avec grande estime et sympathie. Pierre Jean Jouve 3 octobre 1947. Marcel Gromaire (Noyelle-sur-Sambre 1892-Paris 1971), peintre et graveur français. Fortement influencé par Cézanne, il a su affirmer un style personnel différent du cubisme. Il obtint de nombreux prix et fonda avec Jean Lurçat la nouvelle école d'Aubusson. Il s'est attaché à représenter la vie des ports, les travaux rustiques, des nus, des paysages urbains (Paris, New-York)… Gromaire fut aussi l'un des grands graveurs de la première moitié du XXe siècle. Il illustra notamment Baudelaire, Aloysius Bretrand, Shakespeare… De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, Gallimard, 1967. In-12 (196 x 124 mm), 274 pp., 2 ff. n. ch., 1 f. bl. Couverture à rabats, haut des plats et dos légèrement jaunis.
Edition originale, un des 105 exemplaires sur vélin Lafuma, après 30 sur Hollande, seuls grands papiers.Ces textes de théâtre sont trois comédies grinçantes de Marcel Aymé, dont deux en un acte.Ex-libris de Pierre Cheymol, médecin de son état, auteur de cinq ouvrages chez José Corti dont les Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum…Bon exemplaire.
Paris, Paul Ollendorff, 1890. In-12 (180 x 116 mm). Maroquin rouge, double filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, titre, auteur, lieu et date en pied dorés, décor doré sur les chasses, non rogné, tête dorée, couvertures conservées , petit accroc à un nerfs (reliure début XXe).
Édition originale de ce roman sentimental réaliste, écrit dans une langue simple à l'opposé de l'écriture artiste en vogue. Il renferme de belles descriptions de la forêt de Fontainebleau, de la Normandie et du mont Saint-Michel, chers au coeur de l'auteur natif de Tourville-sur-Arques. Le dernier roman achevé de Maupassant. Maupassant, mort moins de trois ans plus tard, passe pour y avoir livré une sorte d'autoportrait au travers d'un personnage secondaire d'écrivain, comme l'a souligné Anatole France dans sa critique du Temps: «Il est impossible de ne pas reconnaître l'auteur de Bel-Ami en ce Gaston de Lamarthe qu'on nous dit “doué de deux sens très simples, une vision nette des formes et une intuition instinctive des dessous”». En cette année 1890, Maupassant était déjà fort atteint par la syphilis qui allait l'emporter au rapport du Journal d'Edmond de Goncourt qui le voit à l'occasion de l'inauguration d'un monument Flaubert à Rouen : "(...) ... Je suis frappé, ce matin, de la mauvaise mine de Maupassant, du décharnement de sa figure, de son teint briqueté, du caractère marqué, ainsi qu'on dit au théâtre, qu'a pris sa personne, et même de la fixité maladive de son regard. Il ne semble pas destiné à faire de vieux os» (23 novembre 1890). Il entreprendra en 1891 un roman intitulé L'Angélus qu'il ne parvient pas à achever. Bel exemplaire, en maroquin rouge. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, II, p. 122. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 198. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V, col. 622.
Paris, Collection Littérature, 1924. In-8 carré (211 x 163 mm), 6 ff. n. ch. Broché, couverture orange, premier plat imprimé, dos un peu sali, chemise en demi-chagrin rouge, titre, auteur et date dorés, étui bordé, plats recouverts d'un beau papier flammé (P. Goy & C. Vilaine).
Edition originale, illustrée d’un frontispice de Man Ray. Tirage limité à 201 exemplaires numérotés. 1 des 120 exemplaires sur vélin (celui-ci n° 97), enrichi d’un bel envoi autographe de Benjamin Péret : « A Jacques Decourt. Nous grandissons dans le bruit des coups de pioche. Benjamin Péret ». Ce vers reprend le vers 9 du 3e poème du recueil. Cette plaquette qui rassemble 6 courts poèmes est la troisième publication de Benjamin Péret (Rezé, Loire-Atlantique, 1899-Paris, 1959) après Le Passager du transatlantique et Au 125 du boulevard Saint-Germain. Comme les deux premiers essais de Péret, ce recueil témoigne de l’état d’onirisme et de liberté verbale caractéristique du surréalisme. Médecin neurologue, professeur à la Faculté de médecine de Paris, Jacques Decourt (1898-1989) fut un compagnon de route des surréalistes. Le poème « La Carrière du printemps » d’Aragon lui est dédié. D’abord tenté par une carrière littéraire, il choisit la médecine par tradition familiale. Ses mémoires ont paru en 1985 aux éditions La Pensée universelle sous le titre Un sentier dans le siècle. Bel exemplaire conservé dans une délicieuse réalisation de Goy & Vilaine. De la bibliothèque de Tristan Tzara, Paris, 4 mars 1989, n° 310.
Paris, Editions de la sirène, 1920. In-12 (172 x 130 mm), 302 pp., 1 f. n. ch. Broché, dos cassé, petits manques de papier aux coiffes.
Édition originale. Tirage à 1245 exemplaires, celui-ci un des 1200 sur vergé anglais (avec les initiales de l’auteur). Ex-libris gravé volant de Pierre Cheymol (1918-1991), écrivain proche des derniers surréalistes, et étiquette de Georges Crès. Bon exemplaire. Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes…, X, p. 19.
Bruxelles, Adolphe Stapleaux, 1815. In-8 (116 x 197 mm), 129 pp. ; 19 pp., 1 f. n. ch. Maroquin rouge, encadrement de filet et de roulettes, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin vert, filet sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale. Ce mémoire prend la défense des membres de la commission des hospices civils de Tournai contre l'abbé d'Ysembart, auteur d'un libelle diffamatoire à leur égard. L'abbé d'Ysembart reproche aux membres de la commission de n'avoir pas respecté les termes du testament de l'abbé Leclercq, fondateur de l'hospice de Montifaut à Tournai. Il accuse notamment la commission d'avoir spollié les biens de l'hospice et de ne pas l'avoir nommé maître chapelain de l'établissement, poste qu'il estime lui revenir de droit. Le libelle fut propagé dans toute la région, dans les ministères et jusqu'au prince lui-même. La défense de l'avocat est suivie du compte-rendu du tribunal. Sa plaidoirie fut entendue car l'abbé d'Ysembart fut reconnu coupable de calomnie et condamné par contumace à deux mois de prison, à mille francs d'amende, au paiement des frais de justice, au versement de dix mille francs de dommages et intérêts ainsi qu'à la publication à 300 exemplaires de ce mémoire. Le texte indiquant que l'abbé d'Ysembart avait fuit en France, nous ne savons pas s'il fut imprimé à ses frais. L'auteur de cette défense, le comte Charles Amé Joseph Le Hon (Tournai 1792-Paris 1868), connut par la suite une grande carrière politique. D'abord avocat, il fut élu député à la seconde chambre des états généraux pendant la période néerlandaise, puis au Congrès national en 1830 et fit partie, en 1831, de la délégation de députés envoyés à Paris proposer la couronne à Louis d'Orléans. Il négocia le mariage de Louise d'Orléans avec Léopold Ier, fut ambassadeur à Paris, député à la chambre des réprésentants de Belgique et enfin ministre d'état en 1856. Son épouse, Fanny Mosselman du Chenoy, femme d'esprit, douée de talents artistiques et possédant une beauté qu'on disait éblouissante, institua un prestigieux salon parisien de tendance orléaniste. Devenue la maîtresse de Charles, duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, son amant construisit l'Hôtel qui porte son nom au rond-point des Champs-Élysées. Il fit aussi ériger une demeure voisine de la sienne le rapprochant de sa maîtresse. Fanny Le Hon créa en ces lieux un des grands salons du quartier des Chamsp-Élysées du second Empire. Très bel exemplaire en maroquin rouge de l'époque.
Numa Pompilius, second roi de Rome.
Paris, Didot l'aîné, 1786. In-8 (113 x 185 mm), 2 ff. n. ch., 418 pp., 1 f. n. ch. Maroquin rouge, triple filet d'encadrement, dos lisse orné, pièces de titre et d'éditeur avec la date en maroquin olive, filets sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées, faux-titre remonté sur onglet, coiffe supérieure légèrement fendillée (reliure de l'époque).
Édition originale. Ce récit est inspiré de la vie de Numa Pompilius (-715, -673), le deuxième roi légendaire de Rome. À l'instar de Gonzalve de Cordoue (1791), autre roman de l'auteur, l'ouvrage s'inscrit dans la tradition des grands romans héroïques du XVIIe siècle. Il est illustré d'un frontispice de Queverdo gravé en taille-douce par Dambrun. Jean-Pierre Claris de Florian (Château de Florian près de Sauve 1755-Sceaux 1794) est considéré comme le meilleur fabuliste français après La Fontaine. Il perd sa mère très jeune et est élevé au château de Florian par son oncle, lié par alliance à Voltaire. Il vécut deux ans à Ferney auprès de Voltaire qui le surnommait Florianet. Sous la protection du duc de Penthièvre, il fut nommé page, gentilhomme ordinaire puis officier de dragons de son régiment. Ses chansons, poèmes, pastorales, nouvelles, traductions de Cervantès, romans et pièces de théâtre lui donnèrent de nombreux succès. Il fut élu à l'Académie française en 1782. Ses chansons, comme Plaisir d'amour, étaient très recherchées des musiciens. Certaines de ses morales et expressions de ses fables sont passées à la postérité : Pour vivre heureux vivons cachés ; Rira bien qui rira le dernier… Proche des Bourbons, il fut incarcéré à la prison de la Bourbe pendant un mois et mourut peu après n'ayant pu supporter cet événement. Trois ex-libris grattés dont un avec le chiffre A.S. Très bel exemplaire en maroquin de l'époque. Quérard, La France littéraire, III, p. 141 ; Cioranescu, Bibliographie de la littérature française du XVIIIe siècle, II, p. 801, n°28775.
Manuel Bruker, 1963. In-4 (323 x 253 mm), 50 pp., 1 f. blanc, 2 ff. n. ch., 2 ff. blancs. En feuilles, couverture ivoire rempliée imprimée au dos et sur le premier plat, bande sur un plat et dos insolés.
Edition originale. Cet ouvrage est illustré de 6 lithographies originales de Michel Rodde, monochromes et en couleurs, dont 5 sur double-page. Il fut tiré à 200 exemplaires numérotés, tous sur vélin d'Arches, dont les vingt premiers avec une suite sur vélin du Marais. Cette suite manque à cet exemplaire qui porte le numéro 13. “Manuel Bruker, de son vrai nom Mendel Brucker, est né en 1891 à Radaut en Roumanie. Il est âgé de trois ans lorsque sa famille arrive en France et s’installe à Paris vers 1894. Après des études de médecine et une thèse de doctorat en 1917, il devient oto-rhino-laryngologiste. Le docteur Manuel Bruker est, selon l’expression de Pierre Mac Orlan, un « mordu du beau livre », animé d’une véritable passion pour l’art. Dès 1926, à tout juste trente-cinq ans, il crée sa propre maison d’édition sur les conseils de son ami le docteur Lucien-Graux, « le prince des bibliophiles ». Près de quatre- vingts ouvrages illustrés de gravures seront publiés dans le cadre d’un programme éditorial ambitieux : Les grands styles du livre moderne établis par l’éditeur d’art Manuel Bruker. Entre 1931 et 1963, il se consacre à ce qui sera la part la plus originale et la plus personnelle de son travail d’éditeur : la création des Eloges et des Portraits d’artistes. Il choisit parmi ses contemporains ceux dont il estime particulièrement le travail ; collaborant avec eux, il leur passe commande d’estampes destinées à illustrer les textes qui sont rédigés par des écrivains ou des critiques d’art souvent proches de l’artiste. Au cours de ces trois décennies Manuel Bruker publie quarante-six Eloges et Portraits” (Manuel Bruker, collectionneur et éditeur d’art, exposition organisée par le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux du 18 juin au 28 août 2005, sous le commissariat général d'Olivier Le Bihan). Très bon exemplaire conservé dans ses couvertures d'édition.
La Haye, Freres Vaillant & Nicolas Prevost, 1722. 5 volumes in-12 (154 x 94 mm), frontispice, titre, 300 pp., 21 pp. n. ch. ; 2 ff. n. ch., 399 pp. ; 2 ff. n. ch., 399 pp. (mal chiffrées 397) ; 2 ff. n. ch., 380 pp. (mal chiffrées 398) ; 4 ff. n. ch., 426 pp., 2 ff. n. ch. Maroquin citron, filet d'encadrement, dos à nerfs orné, pièce de titre et de tomaison en maroquin olive, filet sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées sur marbrure, déchirure sans manque sur 2 cm pages 105/106 du tome 1, légère décoloration en haut d'un plat au tome 5 (reliure de l'époque).
L'édition recueillie par Prosper Marchand. Cette édition collective comprend les grandes oeuvres de l'abbé de Saint-Réal : "De l'usage de l'histoire" (1671), "Dom Carlos" (1672, qui inspira Schiller) et "Conjuration des Espagnols contre la République de Venise" (1674). L'édition comprend aussi les nombreux essais de l'auteur sur la théologie, la philosophie, la politique, la littérature et la critique ; des traductions, des maximes, quelques extraits critiques sur l'auteur, ainsi que des ouvrages attribués à Saint-Réal, comme les "Mémoires de madame la duchesse de Mazarin". L'ensemble est précédé d'un avertissement de Prosper Marchand. Cette édition est illustrée de 8 compositions gravées en taille-douce par de Coster. César Vichard, abbé de Saint-Réal (Chambéry, 1639-Chambéry, 1692) est considéré comme l'un des inventeurs du roman historique moderne. Il fut le disciple du Père Ménestrier et de l'historien Antoine Varillas auprès de qui il travailla à la bibliothèque royale et dont il apprit autant la rigueur historique que la souplesse dans la fiction. Dans "De l'usage de l'histoire" (1671), Saint-Réal plaide ainsi pour une connaissance des passions humaines. L'année suivante, il produisit une oeuvre décisive pour le roman moderne, "Dom Carlos". À l'opposé des romans baroques, fleuves, fondés sur un passé mythique, Saint-Réal invente le roman historique, court, centré sur la sphère privée, dans lequel l'amour tient plus de place que la politique. Dom Carlos inspire Madame de Lafayette qui se lance la même année dans la rédaction de La princesse de Clèves. En raison de la force narrative et de la méthode historique dont il faisait preuve, Voltaire le qualifia de "Salluste français" (sénateur et historien romain, ami de César). Dans "Le Rouge et le noir", Stendhal met en exergue du chapitre XIII une citation qu'il attribue à Saint-Réal : "le roman, c'est un miroir que l'on promène le long d'un chemin". Très bel exemplaire en maroquin citron de l'époque. Quérard, La France littéraire, VIII, p. 372.
1926. 3 volumes (174 x 121 mm; 228 x 142 mm; 216 x 142 mm), les deux plus grands sont reliés en vélin, avec un grand décor doré d'encadrement sur les plats, mention Château de Vertcoeur en doré au centre du premier plat, dos lisse à faux nerfs dorés, titre et auteur en doré, non rogné; et un volume janséniste relié en peau de reptile, réparations de papier en marge supérieur.
Exceptionnelle réunion de trois jeux d'épreuves corrigées et manuscrits avant l'impression définitive. Comme l'explique l'auteur Eugène Marsan dans sa lettre autographe manuscrite adressée à l'amateur et collectionneur René Philipon, Souvenir de l'Exposition reprend différents articles déjà publiés, mais révisés, agencés, et augmentés ici de nouvelles parties. Le premier volume, dans l'ordre chronologique de la création, est constitué de 43 feuillets mêlant des parties imprimées découpées, avec corrections, et des parties manuscrites, le tout sur le recto des feuillets. On dénombre 23 feuillets manuscrits, dont 18 de texte et 5 d'indications de titre, chapitres, etc., et 20 feuillets d'articles déjà imprimés, dont deux avec une moitié manuscrite. Les 18 pages de texte portent environ 70 corrections, additions ou suppressions. Le second volume est un jeu d'épreuve comprenant 35 feuillets imprimés sur le recto, comprenant plus de 250 corrections manuscrites, un feuillet de texte manuscrit et 10 feuillets manuscrite d'indications typographiques pour le titre, la justification, la table, les chapitres, les livres parus de l'auteur, etc. Les corrections constituent pour la plupart en des modifications de texte, incluant de nombreux ajouts, des suppressions, et quelques corrections de ponctuation, voir d'orthographe. Le troisième volume, entièrement imprimé recto-verso, est un jeu d'épreuves en vue du bon à tirer. Il comprend 63 pages et contient quatre indications typographiques et une soixantaine de corrections manuscrites. Ce volume, relié en peau de reptile, est enrichi d'une lettre autographe d'Eugène Marsan à René Philipon, pour lui offrir cette “copie […] promise”, lui précisant que “il n'y a pas eu de manuscrits. C'est un recueil d'articles avec des parties nouvelles; des additions1. Bien à vous. Eugène. 1 Nonchalance initiale que j'ai payée par des corrections innombrables. Je joins le fruit des épreuves corrigées.” Le comte René Philipon (1870-1936) grandit et vécut au Château de VertCœur, dans la Vallée de Chevreuse. Rentier, grand officier de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre, il fut spécialiste en sciences occultes, entomologiste, mécène et collectionneur. Il collabora à la revue L’Initiation (1895) sous le pseudonyme de Jean Tabris. Précieux et unique ensemble.
Amsterdam, Louis & Daniel Elzevier, 1662. In-16 (75x133 m). 8 ff. n. ch., 622 pp., 4 ff. n. ch. Maroquin rouge à grain long, roulette aux petits fers sur les plats, dos à nerfs orné, filet sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de la période du Premier Empire).
Unique édition des Elzevier d'Amsterdam, fort bien exécutée (Willems). L'édition est ornée d'un frontispice gravé à l'eau-forte illustrant le sujet de l'ouvrage. Cette composition symbolique fait l'objet d'une description explicative après la page de titre: la Sagesse personnifiée par un femme nue sur un piédestal, couronnée de rameaux de laurier et d'olivier en signe de victoire et de paix. Derrière elle, se déploie la devise de la Sagesse et celle de Charron sur deux phylactères: Je ne sais et Paix et peu. Un traité sur la tolérance religieuse. Le traité De la sagesse (1601) fut rédigé en réponse à des attaques dont Pierre Charron faisait l'objet à la suite de ses précédents ouvrages sur la religion, Trois vérités et Discours chrétiens. Il y défendit la tolérance religieuse, séparant la religion de la morale, ce qui ouvrit, le chemin à une pensée laïque. Il fut accusé d'athéisme et l'ouvrage fut mis à l'Index Librorum Prohibitum. Un émule de Montaigne. Pierre Charron (Paris 1541-1603), fils d'un libraire, fit de brillantes études. Théologien et philosophe, il fut un des moralistes les plus célèbres de son temps. Il fut le prédicateur de Marguerite de Navarre. Il fut l'ami de Montaigne, dont les Essais l'inspirèrent profondément; il en retranscrivit d'ailleurs certains passages ne pouvant le dire mieux. De la bibliothèque de M. Babouot avec inscription manuscrite: E. Babouot artiste peintre Paris. Bel exemplaire en maroquin rouge du XVIIIe siècle. Willems, Les Elzevier, n°1281, p. 325; H. Hallam, Histoire de la littérature de l'Europe pendant les quinzième, seizième et dix-septième siècles, vol. 3, pp. 246-247.
Belle chair. Lithographies originales de Cara Costea.
Paris, Les Francs Bibliophiles, 1967. In-4 (323 x 254 mm). En feuilles, couverture illustrée à rabat, chemise et étui de l'éditeur.
13 lithographies originales en couleurs de Philippe Cara Costea (Méréville, 1925-Méréville, 2006), dont la couverture à double-page et 2 doubles-pages hors-texte, et 10 hors-texte. Tirage total à 170 exemplaires tous sur vélin de Rives. Cet exemplaire est enrichi d'une des 18 suites de deux lithographies non utilisées, numérotées et signées par l'artiste et du menu sur lequel on retrouve cette lithographie. On joint 9 lithographies tirées sur Japon nacré Kaji, dont deux à double-page. Parfait exemplaire. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°11018.
Cours de pathologie et de thérapeutique chirurgicales.
Paris, Mequignon l'aîné, 1780. In-8 (200 x 130 mm), XVI et 690 pp., 1 f. n. ch. Maroquin grenat, triple filet doré, dos à nerfs orné, coupes filetées, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale. Cet ouvrage de Jean-François Simon (posthume), rédigé et enrichi par le célèbre chirurgien Prudent Hévin, est un traité destiné à la formation des étudiants. Il décrit en 6 chapitres les causes et les symptômes des maladies chirurgicales (les tumeurs, les plaies, les ulcères, les fractures, les luxations, et les maladies de la substance des os). Jean-François Simon (?-1770), professeur royal au collège de chirurgie de Paris, et premier chirurgien de l’électeur de Bavière, confia ses recherches et son manuscrit à Prudent Hévin. Celui-ci en fit la rédaction et l'enrichit considérablement, en particulier de nombreuses maladies et descriptions ‹‹ j'ai ensuite ajouté la description et le traitement des différentes maladies chirurgicales dont l'auteur n'avait point parlé, ou qui n'étaient encore qu'ébauchées. […] J'y ai même employé une grande partie des matériaux qui font la base de mes leçons sur la pathologie et la thérapeutique chirurgicales. ›› Il l'augmenta et la transforma encore par la suite pour en faire une nouvelle édition en deux volumes, qu'il publia sous son nom seul en 1784. Un exemplaire de présent. Prudent Hévin (1715-1789), également professeur, fut premier chirurgien des Dauphins, devint celui de Madame en 1770, vice-directeur de l’Académie royale de chirurgie, inspecteur des hôpitaux militaires et fut membre de nombreuses sociétés savantes et étrangères. Cet exemplaire comporte un ex-dono manuscrit de son nom, à la date de 1781. Très bel exemplaire en maroquin de l'époque. Bayle & Thillaye, Biographie médicale, II, p. 409-410 ; Wellcome, III-259 ; Dezeimeris ; Sallander, Bibliotheca Walleriana, n°4419, pour la 3e édition.
Paris, Floury, 1896. In-12 (165 x 122 mm), 32 pp. Broché, non coupé, couverture illustrée rempliée, tout petit accroc en haut du dos, dos et bords de la couverture légèrement plus foncés.
Un des quelques exemplaires sur papier du Japon de cette édition illustrée de 30 compositions en noir d’Albert Robida. Ce conte avait d’abord paru en provençal dans L’Aioli du 17 août 1896. Il est dédié "À mon ami Angelo Mariani" et fait partie d’une petite série de huit contes illustrés publiés pour le célèbre inventeur du vin Mariani, ami des artistes et redoutable publicitaire. L'édition originale parut à la même date en tirage in-4. Très bon exemplaire. Talvart et Place, Bibliographie des auteurs modernes, XVIII, p. 81.
Tangu et Félime ; Éloge de Voltaire ; Les Muses rivales.
Paris, Pissot, 1779-1780. In-12 (185 x 119 mm). 64 pp. ; IV pp., 112 pp. ; 31 pp. Maroquin rouge, triple filet avec rosace aux angles en encadrement sur les plats, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin fauve, triple filet horizontal sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées, doublure et garde de papier tourniquet (reliure de l'époque).
Éditions originales. Ce recueil réunit trois œuvres de Jean-François de La Harpe: Tangu et Félime (s. d. 1780), Éloge de Voltaire (1780), Les Muses rivales (1779). Tangu et Félime est agrémenté de 5 gravures à l'eau-forte hors-texte d'après Marillier: 1 titre gravé et 4 compositions à pleine page. Les trois textes sont ornées de bandeaux et de culs-de-lampe. Ils sont représentatifs de l'œuvre de La Harpe et de son époque: Tangu et Félime est un poème érotique; l'Éloge de Voltaire est représentatif du talent d'orateur de La Harpe et de son amitié avec le plus grand esprit des Lumières; Les Muses rivales est une comédie dramatique, représentée pour la première fois au Théâtre français le 1er février 1779. Un ami et un complice littéraire de Voltaire. Jean-François de La Harpe (Paris 1739-1803), écrivain et critique, fut un excellent orateur dès son plus jeune age. L'anticléricalisme dont il fit preuve dans les Héroïdes lui valut la protection de Voltaire. Il fut suspecté d'avoir dérobé un manuscrit à Voltaire lors d'un séjour à Ferney, qu'il fit publié sous nom: la Guerre de Genève, deuxième chant. On ne sait toutefois pas si les deux hommes ne s'étaient pas entendus car Voltaire lui garda son amitié et le soutint pour son élection à l'Académie française en 1776. C'est pour l'Éloge de Voltaire que La Harpe remporta le prix d'éloquence de l'Académie. L'exemplaire d'un éminent Lord du XIXe siècle, le comte de Grey. Thomas Philip de Grey (1781-1859), fut Lord Grantham de 1786 à 1833 et second Earl de Grey en 1833. Politicien et homme d'état anglais, il fut membre de l'Ordre de saint-George, du Privy Councile of United Kingdom, et fellow de la Royal Society. Son ex-libris porte la mention "Wrest Park" du nom de la propriété qu'il fit construire entre 1834 et 1839 selon ses plans, inspirés par les dessins de l'Architecture Française de Jacques-François Blondel (1752). Architecte amateur, il fut le premier président du Royal Institute of British Architects. Wrest Park est encore un des plus grands et plus beaux jardins du sud de l'Angleterre visités aujourd'hui. De la bibliothèque d'Émile Moreau avec son ex-libris gravé (par Stern) et coloré. Originaire de St Léomer (86), Émile Moreau (1868-1950) fut chef de cabinet du ministre des Finances Rouvier de 1902 à 1905, gouverneur de la Banque d'Algérie de 1906 à 1926, puis gouverneur de la Banque de France de 1926 à 1930. Il participa au redressement de la monnaie avec Poincaré. Démissionnaire en 1930, il devint président de la Banque de Paris et des Pays-Bas jusqu'en 1940. Il a écrit : Souvenir d'un Gouverneur de la Banque de France, Histoire de la stabilisation du Franc (1926-28). Très bel exemplaire en maroquin du XVIIIe siècle. Cohen/de Ricci, Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, p. 589.
Carpentras, Dominique-Gaspard Quenin, 1776. In-12 (96x161 mm). XXVIII pp., 764 pp. Maroquin rouge, triple filet avec rosace aux angles sur les plats, dos à nerfs orné, pièce de titre en maroquin vert, filet sur les coupes et les coiffes, roulette aux petits fers intérieure, tranches dorées, l'écriture transparaît pp. 99-119 (reliure de l'époque).
Édition originale. Cette ouvrage est composée de sept livres regroupant les types de maladies affectant les différentes parties du corps, leurs causes, leurs effets et la guérison par le Remède universel. L'auteur montre que le Remède de Jean Ailhaud est le meilleur et que lui-même, malgré ses recherches, n'en a pas trouvé de meilleur. L'ouvrage comprend également des témoignages de malades guéris grâce à la poudre miraculeuse. Celle-ci n'aurait été qu'un mélange de résine, de Scamonée [gomme provenant de la racine de cette plante] et de pain brulé pulvérisé. On rapporte qu'elle aurait parfaitement réussi à l'équipage du chevailier de Boullers au Sénégal... Quant aux ouvrages qu'on attribue a Ailhaud le fils, pas un seul n'est de lui (Michaux, Biographie universelle). Ailhaud, père et fils: une famille de charlatans prospères au siècle des Lumières. Jean-Gaspard d'Aihauld-Castelelet (?-1800), était le fils de l'inventeur de la poudre purgative grâce à laquelle son père s'était considérablement enrichi jusqu'à devenir un des plus grands propriétaires de Provence. Il s'était établi docteur à Aix et publia en 1738 un Traité de l'origine des maladies et des effets de la poudre purgative en latin et en français. Jean-gaspard, l'auteur supposé du Traité de la vraie cause des maladies, grâce à la supercherie de son père, put acheter une charge de secrétaire du roi. Il fut docteur à la faculté de médecine d'Aix-en-provence et baron du Castelet. Plusieurs ouvrages lui sont attribués qui font l'apologie de la poudre de son père: Médecine universelle prouvée par le raisonnement ou Précis du traité de J. Ailhaud (1762) et L'Ami des malades, ou Discours historiques et apologétiques de la poudre purgative (1765). Très bel exemplaire en maroquin rouge.
Les Avantures de l'infortuné Florentin, ou l'histoire de Marco Mario Brufalini.
Amsterdam, Pierre Mortier, 1729. 2 volumes in-12 (141 x 80 mm), frontispice, titre, 12 ff. n. ch., 203 pp. ; frontispice, titre, 2 ff. n. ch., 191 pp. Maroquin citron, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, filet doré sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale. Cet ouvrage demeuré anonyme est illustré d'un frontispice répété au second volume et de 6 gravures hors texte non signées. L'exemplaire de Guyon de Sardière et du duc de La Vallière. Cet exemplaire porte la signature de Guyon de Sardière sur chaque volume. Fils cadet de Jacques Guyon et de la célèbre Jeanne-Marie de La Motte (Madame Guyon, 1648-1717), Denis Guyon , seigneur de Sardière (1674-1759), a deux ans lorsque son père meurt. Il fut un grand bibliophile. Sa bibliothèque était formée d'ouvrages de littérature française et d'histoire. Il acquit une grande partie des livres de la bibliothèque de Diane de Poitiers, à la vente qui eut lieu au château d'Anet en 1724. Son extraordinaire collection fut négociée et achetée en bloc avant la vente par la duc de la Vallière. Cet exemplaire figurait sous le n°1011 du catalogue imprimé pour la vente en 1759. Petit-neveu de la duchesse de La Vallière, favorite de Louis XIV, Louis-César de la Baume Le Blanc, duc de la Vallière (1708-1780), fut l’un des plus puissants seigneurs de la Cour de Louis XV. Il fut l’un des plus grands bibliophiles du XVIIIe siècle. Avec l'aide de son bibliothécaire, l'abbé Rive, il rassembla une bibliothèque choisie, achetant des bibliothèques entières et revendant les ouvrages qu'il avait en double. Sa bibliothèque a été vendue en trois vacations en 1767, 1783 et 1788. Une partie en a été acquise par le comte d'Artois et incorporée au fonds de la bibliothèque de l'Arsenal. Bel exemplaire en maroquin citron de l'époque.
Barbey d’Aurevilly, amoureux et dupe.
Paris, Corréa, 1934. In-8 (245 x 150 mm), 217 pp., 3 ff. n. ch. Broché, non coupé.
Édition originale de cette biographie illustrée de plusieurs fac-similés hors texte dont un portrait de Barbey d’Aurevilly avec sa limousine en frontispice. Écrivain, libraire et éditeur, René-Louis Doyon (Blida, Algérie, 1885-Paris, 1966) dirigeait la maison d’édition La Connaissance et la revue du même nom. Il publia les premiers textes de Marcel Jouhandeau et d’André Malraux. Un des 30 premiers exemplaires sur papier de Hollande, enrichi d’un envoi autographe "Pour André Dubois qui a, involontairement, collaboré à ce livre, son vieil ami, René-Louis Doyon", accompagné du tampon ex-libris de l’auteur. André Dubois était un des plus proches amis de René-Louis Doyon, présent à ses côtés jusqu’aux dernières heures (cf. Jules Roy, Les Années cavalières. Journal 2 : 1966-1985, Albin Michel, 1999, p. 15). Très bon exemplaire.
Paris, Armand Magnier, 1897. Deux volumes in-8 (250 x 155 mm), 1 f. bl., 3 ff. n. ch., 162 pp.; 1 f. bl., 3 ff. n. ch., pp. 163 à 302, 1 f. n. ch., 5 ff. (bulletin de souscription). Maroquin janséniste acajou, dos à nerfs avec auteur et titre en dorés, doublure de maroquin châtain pour le premier vol., bleu sombre pour le second, décorée de branches et feuillages mosaïqués de tons différents pour les deux volumes, gardes de soie moirée, tranches dorées sur témoins, couverture (Marius Michel).
Belle édition ornée de 50 compositions d’Auguste-François Gorguet, dont 16 figures hors-texte, gravées à l’eau forte par Louis Muller. «Publication estimée» (Carteret). De la Collection des Dix. Tirage à 300 exemplaires numérotés, celui-ci n°86, un des 40 exemplaires sur papier vélin de cuve, 3e papier, contenant une double suite des vignettes du texte et trois états des figures hors-texte. Cet exemplaire, duquel on a retiré les suites du tirage régulier, contient deux états de toutes les gravures dont les eaux-fortes pures avec remarques, pour toutes les compositions; l’état avec lettre pour les vignettes du texte, et un état avant la lettre, avec remarques, sur papier de Hollande, pour les figures hors-texte. Exemplaire du grand bibliophile Henri Beraldi (Paris, 1849 – 1931) avec son ex-libris en lettres dorées au bas du contreplat du premier volume. Homme de lettres, fondateur et président de la Société des livres, collectionneur d’estampes, bibliophile, écrivain d’art et éditeur français, sa bibliothèque figurait dans les années 1920 parmi les quatre plus célèbres bibliothèques aux côtés de celles de Ferdinand von Rothschild, Louis Roederer et Robert Schuhmann. Sa collection fut dispersée en salle des ventes en 1934 et 1935. Il publia notamment La Reliure au XIXe siècle, retraçant de manière savoureuse l’histoire de la bibliophilie et des bibliophiles. De la bibliothèque de M. Albert Natural (1880-1960), bibliophile suisse, avec son ex libris contrecollé sur une garde. Une élégante reliure de Marius Michel. Henri Marius Michel (Paris, 1846 – 1925). Fils d’un doreur parisien de renom, Jean Michel dit Marius Michel père, il fit entrer la modernité dans la profession. Dans La Reliure française contemporaine (1880) et L’Ornementation des reliures modernes (1889), il mit en avant le sujet du livre comme source du décor. Il renouvela particulièrement le décor ornemental ancien en y adaptant un élément nouveau, la flore ornementale, devenant ainsi «le maître le plus influent de la décoration de la reliure du XIXe siècle» (Fléty). Parfait exemplaire en maroquin doublé et mosaïqué. Carteret, IV, 132. Monod, I, n°3493. Bibliothèque Henri Beraldi, IV, 1935, n° 44. Fléty, 121.
Paris, Édition Galatea, 1944. In-folio (340 x 256 mm), 2 ff. n. ch., 116 pp., 2 ff. n. ch. Demi-maroquin rouge à bandes, filet d'encadrement doré sur les plats, dos lisse orné en doré du titre, du noms de l'auteur et de l'illustrateur, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés, étui bordé (Alix).
“Publication estimée” (Carteret). Cet ouvrage fut tiré à 300 exemplaires, celui-ci est un des 221 sur Lana. Il est illustré de 27 lithographies originales en couleurs d'Antoni Clavé, dont un frontispice, 7 hors-texte, 14 dans le texte et 5 culs-de-lampe. Des lithographies parmi les premières illustrations pour bibliophiles du célèbre peintre. Peintre en bâtiment, Antoni Clavé (Barcelone, 1913-Saint-Tropez, 2005) suivit des cours du soir à l'École des Beaux-Arts de Barcelone, dès 1926, et commença à faire des illustrations, affiches et décors. Son activité fut interrompue avec la guerre civile, en 1936, alors qu'il devint combattant de l'armée républicaine. Il arriva en France en 1939, fut interné à Prats de Mollo, puis au camp des Haras à Perpignan. Libéré grâce à Martin Vivès, il exposa la même année, ses dessins et gouaches exécutés dans les camps. Il arriva à Paris, le 5 avril 1939. En avril 1940, il exposa à la librairie “Au Sans Pareil”, sans succès. En 1941, Clavé s’installa dans son premier atelier situé au 45, rue Boisssonnade. En 1942, naquit son fils Jacques et sa mère arriva à Paris. Époque intimiste, où il fut influencé par Bonnard et Vuillard. En 1944 il exécuta ces lithographies pour Lettres d’Espagne de Prosper Mérimée. La même année il rencontra Picasso, choc profond qui sera déterminant pour l’avenir de son œuvre. La Société Nationale des Beaux-Arts lui décerna le Prix spécial en 1944. À partir de 1946, commença pour lui une carrière d'illustrateur, c'est alors qu'il créa les décors et costumes pour les ballets: Los Caprichos au Théâtre des Champs-Elysées, pour le Prince travesti de Marivaux à la Comédie Française. Il illustra également d'autres livres de bibliophilie, La Dame de Pique de Pouchkine et Carmen de Prosper Mérimée en 1946 ; Candide de Voltaire en 1948. Puis commença la série des ballets de Roland Petit pour lesquels il inventa des décors et des costumes: Carmen (1949), Revanche (1951), Deuil en vingt-quatre heures (1953), La Peur (1955). Durant toute cette période, il fut très sollicité, alla aux États-Unis, en 1952, pour créer les costumes et décors du film Hans Christian Andersen. À cette époque, Clavé se rendit compte que son art était entièrement absorbé par des commandes d'œuvres décoratives. Il décida de peindre et d'arrêter la décoration en 1954. Il installa un atelier au 4 rue de Châtillon à Paris et travailla avec acharnement. Inclassable, ni figuratif, ni abstrait et les deux à la fois avec sa force et son mystère, il aimait aussi les collages et se livrait volontiers au hasard de la création. Quant à la sculpture, il ne s'y intéressa que par périodes, au début de sa carrière et ensuite beaucoup plus tard. À la fin des années 1950, Clavé connut le succès. Mais en 1963, il s'interrogea: il avait cinquante ans, une œuvre considérable. Il était reconnu en France, aux États-Unis, au Japon, en Suisse, en Suède, on rechercha ses toiles dans le monde entier, ce qui l'inquiéta. Il décida de quitter Paris et la société qui faisait la mode, notamment le monde du spectacle. Il quitta Paris pour Saint-Tropez en 1965. Il se construisit un atelier et une maison au Cap Saint-Pierre qu'il décora avec un soin méticuleux, aidé de sa femme Madeleine. Tous deux réalisèrent un Palais de couleurs avec des tentures. C'est là que les plus grandes toiles du peintre furent composées. En 1977, il exposa ses premiers trompe-l'œil. Le musée d'art moderne de la ville de Paris lui consacra une rétrospective en 1978 et il exposa ses œuvres “en marge de la peinture” au Musée national d’art moderne Centre Pompidou. La Biennale de Venise exposa plus de cent œuvres au pavillon espagnol en 1984. La même année, il reçut la médaille d'or du mérite des beaux-arts par le ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports. Antoni Clavé fut inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse. Une exposition César/Clavé fut présentée en 2007 à Montélimar. Pour le centenaire de la naissance de l'artiste en 2013, la Fundación Vila Casas à Barcelone organisa une rétrospective de son œuvre. Très bel exemplaire en reliure d'Alix. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 279. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°8096. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, III, p. 57.
Paris, Poulet-Malassis, 1862. In-12 (180 x 115 mm), 2 ff. n. ch., 307 pp., 12 pp. de catalogue de Poulet- Malassis. Maroquin marron janséniste, dos à nerfs, auteur et titre dorés, double filet doré sur les coupes, doublure de maroquin rouge, triple encadrement de roulettes et filets dorés, fer floral en écoinçon, double garde de tabis noir et de papier peigné, tranches dorées sur témoins, couvertures conservées (Marius Michel).
Édition originale “de ce recueil magnifique” (Oberlé). “Le poète arrivé ici à l'apogée de son art peint toutes les férocités des civilisations du Nord, les mythes légendaires, les sombres tableaux d'un primitivisme rude, les existences guerrières, les dernières batailles entre le paganisme et le christianisme” (Oberlé). “Ouvrage rare et important” (Carteret). C'est aussi son “recueil le plus célèbre” (Clouzot). Parfait exemplaire en maroquin doublé de Marius Michel. Oberlé, Auguste Poulet-Malassis, un imprimeur sur le parnasse, 1996, n°612. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, II, p. 43. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 189. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V, col. 144.
Amsterdam, Antonio de' Rossi, 1744. In-folio (277x427 mm). X pp, 1 f. n. ch., 166 pp., 3 ff. n. ch. Velin à dos lisse, pièce de titre en maroquin rouge ornée, tranches marbrées.
Édition originale rare. L'ouvrage réunit de brefs commentaires en italien et 76 gravures à l'eau-forte in-texte pleine page, dont 3 doubles-pages. Il traite des origines et des divisions des trois principaux ordres d'architecture: dorique, ionique et corinthien. Il illustre leur emploi dans trois des plus célèbres monuments antiques et modernes de Rome: le Colisée, le Panthéon et la Basilique Saint-Pierre. L'édition est ornée de nombreux bandeaux, culs-de-lampe, lettrines et médailles. Ercolani-Neralco, membre érudit de l'Arcadie romaine du XVIIIe siècle. Giuseppe Maria Ercolani, dit Pastore Arcade Neralco (1672-1759), fut ecclésiastique et auteur: Rime a Maria (1725), les Quattro parti del mondo (1756) et I tre ordini d'architettura (1744)... Ercolani fut membre de l'Accademia dell'Arcadia fondée à Rome en 1690 par des poètes gravitant dans l'entourage de la Reine de Suède. Chaque membre était inscrit sous un pseudonyme pastoral dans l'esprit de l'Arcadia, célèbre roman de Jacopo Sannazaro (1501). Le roman évoque la vie rurale bucolique selon une tradition littéraire et poétique remontant à l'Antiquité. Ercolani choisit le pseudonyme de Neralco Castrimeniano. Parmi les membres illustres de cette Arcadie romaine, on comptait l'écrivain Carlo Goldoni, les compositeurs Alessandro Scarlatti et Arcangelo Corelli. De l'Antiquité à la Renaissance, la gloire de l'architecture par ses ordres. Les ordres, constitués d'une base, d'une colonne et d'une architrave, sont essentiels en architecture car ils déterminent les proportions, les formes et l'ornementation de tout l'édifice. Les gravures représentent les élévations des trois ordres avec le détail des architraves, le décor des métopes, les balustrades, les loggia à colonnades. Suivent les illustrations de l'emploi de ces ordres dans les trois plus importants monuments de la Rome antique que sont le Colisée, le Panthéon, ainsi que la Basilique Saint-Pierre du Vatican que l'architecte Bramante réalisa à la Renaissance, à partir de 1506, sur les ruines de la Basilique de Constantin. Les élévations, ainsi que les plans, vues intérieure et extérieure, en sont donnés à pleine page. Les plans et les élévations du Colisée (p. 136, 138) et du Vatican (p. 162) sont à double-page. L'ouvrage devint une référence pour son époque. Il est cité dans le Voyage d'un Français en Italie, fait dans les années 1765 et 1766 de Lefrançois de Lalande à propos des descriptions qui y sont faites des théâtres et des amphithéâtres de Rome. Bel exemplaire en vélin du XVIIIe siècle. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, IV, p. 40; Lefrançois de Lalande, Voyages d'un Français en Italie, fait dans les années 1765 et 1766, 1769, III, p. 275.
Paris, Arc-en-ciel, 1948. In-8 (225x280 mm). 1 f. n. ch., 158 pp., feuille sous couverture bleutée rempliée imprimée d'éditeur, chemise étui, dos passé.
Exemplaire illustré sur vélin enrichi d'une aquarelle originale. L'édition est illustrée de 36 gravures en couleurs d'André Dignimont (Paris 1891-1965): 23 in-texte, 6 en-tête, 6 culs-de-lampe. Cet exemplaire est un des 10 destinés aux collaborateurs (n°VIII) sur vélin pur fil. Il est enrichi d'une aquarelle originale dédicacée par l'artiste. Un artiste du Réalisme poétique. Célébré par Colette, Dignimont fut illustrateur de journaux -Le Crapouillot, Le Rire- et de plus de 50 éditions, dont celle de La Vagabonde de Colette (1926) ou Les Poésies complètes de Francis Carco. Dignimont participa également au réalisme poétique cinématographique des années 30 et 40, comme La Nuit du carrefour de jean Renoir. Le Quai des Brumes, de Mac Orlan à Marcel Carmé. C'est à partir du roman de Mac Orlan que le scénario du Quai des Brumes de Carmé fut réalisé en 1938, avec Jean Gabin et Michelle Morgan. Ce film célèbre est emblématique du r"alisme poétique. Ces caractéristiques principales, qu'on retrouve également dans les illustrations de Dignimont, sont un environnement populaire et un traitement expressionniste de l'image, avec des lumières enveloppantes. Bel exemplaire en parfait état.
Constance, l'illustre servante.
Paris, Piazza, 1931. In-4 (278 x 205 mm), 2 ff. n. ch., 85 pp., 1 f. n. ch. Maroquin bordeaux janséniste, fers à froid sur les plats rejoignant les nerfs et imitant les décors d'attaches, dos à nerfs, titre et date dorés, filets sur les coupes, double filet sur les coiffes, doublure en maroquin havane aux armes mosaïquées en maroquin bleu, blanc et rouge, large encadrement composé d'un simple, double et triple filet, gardes de soie rosée et or décorées de motifs floraux, tranches dorées, dos et couvertures conservés, étui bordé, dos légèrement éclairci (P. Affolter - J. Augoyat sr - A. Cuzin).
Un des 25 sur Japon (premier papier) avec un dessin original et deux suites. Ce texte, tiré des Nouvelles exemplaires, est illustré de 52 pointes sèches de José Pedro Gil : 2 hors texte, 10 en-têtes et 40 in-texte. Cet ouvrage a été imprimé à 200 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 25 (n°6) sur Japon impérial contenant un dessin original de l'artiste (ici à l'encre bleue), et deux suites : une sur Japon mince avec remarques et une sur vélin mince. Très bel exemplaire en maroquin mosaïqué aux armes du duc de Massa de Affolter, Augoyat et Cuzin. Monod, Manuel de l'amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°2427.
Paris, Les Impénitents, 1971. In-4 (280 x 189 mm), 76 pp. En feuilles, couverture à rabat imprimée sur le premier plat, chemise et étui de l'éditeur.
Édition originale. Cet ouvrage est le dix-septième publié par les Impénitents sous la présidence de Francis Garnung. Il fut tiré à 165 exemplaires sur vélin des Papeteries de Rives dont 130 pour les Sociétaires et 35 réservés aux artistes et collaborateurs. Il est illustré de 10 eaux-fortes originales en noir d'Alain Loiselet à pleine page et d'un frontispice par Ernest Fuchs gravé en bleu et or. Exemplaire de tête. Celui-ci est un des 25 premiers exemplaires, signés par l'artiste, comprenant une suite en bistre sur vélin de Mandeure et une estampe originale d'Alain Loiselet. Parfait exemplaire. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°6198.
Paris, Guy Chambelland, 1969. In-4 (280 x 210 mm). En feuilles, couverture rempliée de papier fort, chemise et étui en forme de livre, dos arrondi en demi-chagrin noir à grain long, titre, auteur et date argentés, étui bordé (P. Goy & C. Vilaine).
L’ouvrage a été tiré à 350 exemplaires sur vélin et 50 sur chiffon de Mandeure lithographiés et signés par l’artiste (les 10 premiers ornés d’une gouache) au format 200 x 280 mm. Le livre est dédicacé à Roger Blin. Cet ouvrage comporte 40 pages entièrement lithographiées avec un texte sur chacune. Cet exemplaire est un des 10 de tête signés sur papier Chiffon de Mandeure ornés d'une gouache originale signée de l'artiste. ‹‹ Ces textes sont nés au printemps de 1954. Pendant l’hiver 1953-1954, j’avais recherché les rues de Paris et de proche banlieue où les vieux murs, les maisons éventrées, parlaient misère, rêves avortés, aujourd’hui aux couleurs du désespoir. Un ami photographe, Guy Charon, m’accompagnait souvent. J’avais en effet pensé à superposer ces “surfaces misérables” et des visages et des corps, souvent ceux d’amis : Roger Blin, Jean Martin et d’autres. Je voulais faire un livre où photos et poèmes auraient créé une atmosphère. J’écrivis assez rapidement les textes, Guy Charon fit les photos. J’emportai le tout en Corse lors de mon premier séjour méditerranéen. Et là, au soleil, je mis ce petit livre au propre. Le manuscrit définitif fut tapé sur la machine à écrire de la mairie de Propriano en août 1954. René Char aima le texte et me le demanda pour Botteghe oscure mais sans les photos. Je refusai. Maurice Nadeau (je faisais partie de l’équipe des Lettres Nouvelles depuis 1951) fit paraître un encart de quatre pages, photos et poèmes, extraits du manuscrit. Comme beaucoup de mes textes, il dormit quelques années dans un tiroir. En 1969, Guy Chambelland le retint et fit une édition simple. Je lui arrachai l’idée d’imprimer 50 exemplaires sur beau papier, en grand format, et m’occupai du reste : je gravai des pierres et des zincs. Je voulais retrouver autrement cet aspect des murs qui ont trop vécu. Je ne quittai pas la machine. Une pierre passait, je la reprenais dans un autre sens, brûlais à l’acide, rajoutais au savon afin d’obtenir une “lèpre” mangeant entièrement chaque page. On changeait de teinte, ajoutait des graffitis. Une exposition eut lieu en 1972 à Paris et Genève. ›› Bel envoi poétique de Jean-Jacques Morvan à son ami Bernard Lépinay : "Sur ces murs quelques grafittis heureux aux couleurs de notre amitié Et sur le granit breton les mousses fragiles comme rêve des hommes. Avril 1970" Bel exemplaire sous chemise étui de Patrice Goy et Carine Vilaine.
Paris, Veuve Duchesne, 1780. In-12 (170 x 100 mm), 456 pp. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, fer doré en écoinçon, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin vert, filet doré sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées, petite mouillure angulaire sur les premiers feuillets, des rousseurs (reliure de l'époque).
Un immense succès. Les Lettres péruviennes fut un des romans les plus lus de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Paru en 1747, il est conçu dans le style épistolaire, à l'instar des Lettres persanes ou, plus tard, des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Cet ouvrage reprend les thèmes de l'exotisme des civilisations dites "naturelles", portant un regard sur la société de l'époque. Françoise de Graffigny (Nancy, 1695 - Paris, 1758) ajoute un regard féminin, dénonçant l'assujettissement de la femme dans une société corrompue, régie par des hommes. Edition bilingue, présentant la traduction italienne en regard du texte français. Cette nouvelle édition de ce roman célèbre donne en regard du texte original une traduction italienne donnée par Deodati de Tovazzi. Cette traduction fut publiée pour la première fois en 1759. Des collections Paul Grandsire et L. Gidel, avec leurs ex-libris respectifs Très bon exemplaire en maroquin de l'époque. Quérard, La France littéraire, III, p. 441.
La passion de N.S. Jésus-Christ.
Paris, Daragnès, 1945. in-folio ( 348 x 269 mm). Maroquin janséniste marron, dos à nerfs, titre et date en doré, double filet doré sur les coupes, doublure de même maroquin, tranches dorées sur témoins, étui bordé (Huser).
‹‹ Très importante publication très cotée. ›› Cet ouvrage, avec une traduction originale du psaume XXI par Paul Claudel, a été imprimé par Daragnès sur ses presses. Il a été tiré à 140 exemplaires numérotés et signés par l'artiste. Celui-ci est un des 100 exemplaires sur vélin après 40 sur Japon. Il est illustré de gravures sur bois en camaïeu par Daragnès. Exemplaire unique. Cet exemplaire est enrichi d'une importante gouache signée (262 x 174 mm) de l'artiste, plus aboutie que l'illustration gravée qui représente la même situation. Il a été relié par Huser (1879-1961), qui fut ouvrier chez Noulhac avant de s'établir en 1903. ‹‹ Artisan de grande qualité, il était apprécié pour la finesse de ses reliures comparables à celle de Canape. ›› Très bel exemplaire en reliure de Huser. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 312 ; Fléty, Dictionnaire des relieurs français…, p. 176.
Constitution apostolique manuscrite du pape Pie IX, Rome, mars 1863, concernant le Venezuela.
1863. In-folio, 27 ff. sur vélin. Couverture de vélin, petit accroc sur le plat inférieur, quelques rousseurs et feuillets légèrement jaunis.
Constitution pour la création du diocèse de Calabozo au Venezuela, au sud de Caracas, par le pape Pie IX.Après la révolution bolivarienne et l’indépendance du pays en 1830, les couvents avaient été abolis ou transformés en collèges nationaux.Cette lettre se situe juste après la guerre fédérale meurtrière (1859-1863). Elle réaffirme les prérogatives de l’Eglise au Venezuela. La constitution détaille l’organisation et les modalités de l’institution du diocèse. Le premier évêque ne sera institué qu’en 1881. Document calligraphié à l’encre noire, avec frontispice et initiales de chaque page calligraphiées. Signatures manuscrites de la curie enregistrant le document.
Lettres sur les spectacles; avec une Histoire des ouvrages pour & contre les théâtres.
Paris, Boudet, 1777. 2 volumes in-12 (165 x 95 mm). Maroquin rouge, filet doré sur les coupes, tranches dorées, un coin usé (reliure de l’époque).
Belle édition des Lettres sur les spectacles et l’Histoire des ouvrages pour et contre les théâtres. Charles Desprez de Boissy (1730-1787) fut avocat au parlement de Paris et membre de plusieurs académies. Bel exemplaire en maroquin du temps. L’exemplaire de Brochant du Breuil, bibliophile du XVIIIe siècle; vente du 7 janvier 1779. Bibliothèque dramatique de monsieur de Soleinne, V, n°787 ; Cioranescu, XVIIIe siècle, I, n°23749.
Les Iles de la Nuit. Pointes sèches de Jacques Boullaire.
Paris, Les Bibliophiles du Faubourg et du Papier, 1964. In-4, en feuilles, couverture illustrée rempliée, chemise et étui de l'éditeur, coins frottés.
Première édition illustrée. 17 pointes-sèches originales de Jacques Boullaire dans le texte dont 7 à pleine page. Tirage unique à 150 exemplaires numérotés imprimés sur vélin de Rives. L'exemplaire est enrichi de deux menus comprenant une eau-forte originale de l'artiste. Bel exemplaire. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°11240.
Paris Furne, Pagnerre et Perrotin 1848[-1862] 30 30 volumes in-8 (222 x 144 mm, et 214 x 128mm pour les 5 volumes en supplément). Demi-chagrin vert foncé, dos à nerfs orné en doré (reliure de l'époque).
Une très bonne édition illustrée. ‹‹ Cette édition est illustrée de 25 vignettes gravées sur acier par J. de Mare, Tavernier, Bourgeois, H . Prudhomme, Nargeot, Vuillmann, Koenig, Ch. Lalaisse, Audibran, Ch. Colin, Roze, Outhwaite, Finden, Mauduit, Revel, Moret, Prévost, d’après Raffet, Alfred et Tony Johannot, ›› et de 24 (sur 25) « portraits représentant les héroïnes de chaque roman, non signés, dont quelques-uns gravés par Bourgeois, Bosselman et Hopwood ». « Cette édition des Œuvres de Walter Scott », dans la traduction de Defauconpret, « a été augmentée ultérieurement de cinq volumes, qui la complètent, dont 3 volumes pour l'Histoire d'Écosse, publiée en 1861 et deux pour les Romans poétiques, publiés en 1862, chez les mêmes éditeurs ». Cet exemplaire comporte bien les 5 volumes de supplément, reliés à l’identique, contenant chacun une figure. Notre exemplaire est donc illustré au total de 54 figures gravées hors texte. Très bon exemplaire. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, tome 7, col. 451 à 454.
Paris, J. Barbou, 1763. In-12 (150 x 85 mm), xi (mal chiffré x) pp., 1 p. n. ch., 370 pp., 1 f. n. ch. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné, pièce de titre noire, filet sur les coupes et roulette sur les chasses dorés, tranches dorées (reliure de l'époque).
Cette élégante édition a été établie par Joseph Valart (1698-1781). Elle est ornée d'un frontispice gravé par Duflos d'après B. Picart. Ex-libris manuscrit contemporain Le Pelletier des Ravinières. Bel exemplaire en maroquin du temps.
Paris, Raynal, 1835. In-12 (166 x 97 mm), 104 pp., 2 pl. et 24 pp. de catalogue de libraire. Demi-basane fauve à coins, dos lisse, roulettes et titre dorés, caissons estampés, tranches marbrées à l'imitation des plats, petits trous de vers au mors inférieur (reliure de l'époque).
Un ouvrage de référence. Publié pour la première fois en 1829, l'ouvrage fut augmenté d'un traité sur la destruction des animaux et des insectes nuisibles au jardinage dès la seconde édition en 1834. Il est illustré de 2 planches hors texte à plusieurs figures, une sur l'animal et ses galeries, l'autre montrant différents pièges. Grand classique sur le sujet, il fut "souvent réimprimé" (Thiébaud). Ex-libris manuscrit Melkfrey et tampon L.A. Bechtrüs. Très bon exemplaire en reliure du temps. Thiébaud, Bibliographie des ouvrages français sur la chasse, col. 770.
Io. Rauisii Textoris Niuerne[n]sis Officina partim historiis partim poeticis referta disciplinis.
[Paris], Antoine Aussourd pour Regnault Chaudière, 1520. In-folio (343 x 225 mm), 8 ff. n. ch., 384 ff., 1 f. n. ch., sans le dernier feuillet blanc. Veau brun sur ais de bois, plats décorés d’encadrements à l’antique estampés à froid, dos à nerfs, lanières en cuir postérieures avec fermoirs, charnières, coiffes et coins restaurés, petits trous de vers traversant les plats et le corps d’ouvrage, mouillures pâles dans les marges, affectant le texte des derniers feuillets, quelques rares taches, petit manque de papier dans l’angle du titre et du feuillet 104 (reliure de l’époque).
Édition originale rare de l’Officina de Ravisius Textor. Elle est ornée d’un beau titre à encadrement gravé sur bois, provenant de l’imprimerie de Henri Estienne, représentant la Trinité, un pape et un empereur, et deux autres personnages regardant vers le haut. Humaniste et poète nivernais, Ravisius Textor (Saint-Saulge en Nivernais, 1480-Paris, 1524), de son nom de baptême Jean Tixier de Ravisy, fut professeur au collège de Navarre et recteur de l’Université de Paris. Il est l’auteur de deux sommes didactiques qui vont marquer son temps: les Epitheta (1518), recueil d’épithètes, et l’Officina (1520), littéralement l’Atelier ou le Magasin, sorte d’encyclopédie thématique de l’Antiquité à l’usage du poète débutant ou de l’apprenti orateur. Ces deux ouvrages ont été plusieurs fois réédités jusqu’au milieu du XVIIe siècle, en subissant de profonds remaniements pour répondre à de nouveaux besoins scolaires. Rabelais a remprunté à l’Officina la généalogie traditionnelle des géants gréco-romains. Au premier contreplat figure l’ex-libris manuscrit de Joannis Durus (Jean Durus), suivi d’une inscription latine indiquant que l’ouvrage a été acheté à l’épouse et aux héritiers de Joannis Guterus (Jean Gouthière?) en 1555. Intéressant exemplaire conservé dans sa première reliure en veau estampé. Renouard, Inventaire chronologique des éditions parisiennes du XVIe siècle, II, 1511-1520, n°2489. Adams, Catalogue of books printed on the continent of Europe, 1501-1600 in Cambridge libraries, II, p. 135, n°211. Olivier Pédeflous, « De l’art de recoudre les “vieilles rapetasseries” : rééditions et actualisations des Epitheta et de l’Officina de Ravisius Textor », Le Discours du livre. Mise en scène du texte et fabrique de l'œuvre sous l'Ancien Régime, Classiques Garnier, 2011, pp. 299-319.
Paris, Union latine d'éditions, 1931. In-8 (215 x 169 mm), 3 ff. réglés vierges, 3 ff. n. ch., VIII pp., 224 pp., 3 ff. n. ch., 3 ff. réglés vierges. Demi-chagrin marron à coins, dos à nerfs orné, non rogné, tête dorée, quelques frottements (reliure de l'époque).
Premier tirage des illustrations du peintre Paul Dardé. Cette édition, traduite et annotée par Raoul Mortier, est illustrée de 20 planches hors texte en couleurs de Paul Dardé. Elle fut tirée à 1000 exemplaires numérotés, celui-ci sur vergé chiffon. La nouvelle traduction de Raoul Mortier parut l'année d'avant en 1930. Un “artiste maudit”. Paul Dardé (Olmet, 1888-Lodève, 1963) quitta l'école à 13 ans pour aider son père comme berger. Il continua à lire et s'amusa au modelage et à la sculpture. Remarqué, il fut présenté au graveur et professeur de dessin de Lodève Max Théron, qui lui enseigna son art pour la plus grand joie de son nouvel élève. Au cours de son service militaire il suivit les cours du soir de l'École des Beaux-Arts de Montpellier. Il obtint plusieurs prix, fut admis à celle de Paris en 1912 et reçut une bourse pour aller en Italie. Il y voyagea plusieurs mois, abandonna à son retour l'École des Beaux-Arts de Paris, fit un bref passage dans l'atelier de Rodin et se mit à travailler seul. En 1914, il partit au front, comme brancardier, fut hospitalisé puis réformé. En 1919, il commença sa série de commandes commémoratives de monuments aux morts pour des villes du sud de la France. Au salon de 1920, il exposa au Grand Palais à Paris son Grand faune qui obtint le Grand Prix National des Arts. Cette notoriété lui apporta des commandes. En 1924, il installa un plus grand atelier près de Lodève. Cependant il contracta des dettes qui l'amèneront à la perte de tous ses biens, vendus aux enchères. En 1936 il s'exila à Saint-Maurice-Navacelles sur le Larzac, où il se construisit de ses propres mains un nouvel atelier et une demeure spartiate. Il n'en redescendit que 20 ans plus tard, alors très malade, et termina ses jours à Lodève dans une petite maison familiale. On trouve ses œuvres conservées au Musée d'Art Occidental Moderne de Tokyo (Tête de Christ, 1919), au musée d'Orsay à Paris (Eternelle douleur, 1913), au musée national de Préhistoire des Eyzies (L'Homme Primitif, 1931), et surtout au Musée Fleury de Lodève (2 800 dessins et 567 sculptures dont le Grand faune). Il illustra, outre La chanson de Roland, La Croisade contre les Albigeois, Hamlet et Macbeth de Shakespeare. Bon exemplaire en reliure du temps. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, III, p. 360. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°2563.
Socrate chrestien. Et autres oeuvres du mesme Autheur.
Imprimé à Rouen, et se vend à Paris, chez Augustin Courbé, 1661. In-12 (130 x 72 mm), 12 ff. n. ch., 399 pp. et 32 pp. n. ch. Veau fauve glacé, armes dorées au centre des plats, dos à nerfs orné, roulette dorée sur les coupes, coins légèrement émoussés, forte brunissure d'origine dans la marge aux pp. 175-176 et 179-180 (reliure de l'époque).
Seconde édition. Ouvrage de théologie morale par un des fondateurs du classicisme. Le personnage portant le nom de Socrate ne réfère au philosophe que par sa méthode d'interrogation. Cette apologie du christianisme contient également Trois discours envoyez a monsieur Descartes portant sur le rapport de la philosophie à la vérité et à la morale chrétienne. La page de titre est illustrée d'un élégant bandeau gravé sur cuivre. L'exemplaire de Nicolas Lambert de Thorigny (1657-1729), à ses armes. Président de la Chambre des Comptes, il fut un bibliophile renommé dont la collection fut vendue un an après sa mort par Gabriel Martin. Cette famille avait fait édifier par Le Vau le fameux Hôtel Lambert à la pointe de l'Île de la Cité. Ex-libris gravé de Jack Wallis ; ex-libris armorié de Federico Lobetti Bodoni (1946-), notaire et photographe piémontais. Bel exemplaire à provenance remarquable. Tchemerzine I 369 (pour l'originale de 1652). OHR, 18 pl. 1772, fer 1. Bibliotheca Lambertina, Paris, 1730, n°3126.
Les Œuvres diverses. Avec son Pédant joüé
Rouen, Jean B. Besongne, 1678. In-12 (138 x 84 mm), 419 pp. ; 154 pp. Basane fauve janséniste, dos à nerfs, pièce de titre, des restaurations, rousseurs, exemplaire coupé court (reliure de l'époque).
L'œuvre de Cyrano de Bergerac. Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655) est l'auteur d'une comédie méconnue Le Pédant joué, que Molière a su utiliser. Admis dans le cercle de Gassendi il se trouva en compagnie de Molière, Chapelle, La Mothe Le Vayer. Il avait une profonde admiration pour Descartes. Dans ses lettres il fait preuve d'une verve philosophique digne de Montaigne ou des Lumières. Machiavélique en politique, ses pamphlets s'adressèrent aussi bien à Mazarin qu'aux Frondeurs. Cependant son grand œuvre est l'Histoire comique des états et empires de la Lune et du Soleil. Ce n'est pas là l'ouvrage d'un farfelu ou d'un fou littéraire. Il avait de solides connaissances scientifiques. Il a peut être rédigé l'un des livres de La Physique de Rohault. Il ne faisait en fait qu'adapter en matière d'astronomie les connaissances de son temps. Cette édition comprend, outre les Lettres et Le pédant joué, l'Histoire comique. Ex-libris manuscrit “A. Chauliac”. Exemplaire conservé dans reliure d'époque. Tchemerzine, II, 714.
Paris, NRF, 1935. In-12 (188 x 120 mm), 274 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture imprimée, non coupé, dos uniformément plus foncé.
Edition originale, un des 130 exemplaires sur Navarre. Initialement publié en feuilletons dans le journal Marianne entre avril et juin 1935, Maison basse fut publié en juin par Gallimard dans la collection blanche. Après ses succès littéraires empreints de fantastique, La Jument verte et Le Nain, Marcel Aymé surprit ses lecteurs en publiant ce roman sociologique, prétexte à une critique des ravages causés par la nouvelle architecture urbaine. Ancré dans le Paris en crise des années 30, l’ouvrage conte les péripéties des habitants d’un immeuble moderne faisant face à une petite maison du quartier des Epinettes, où résida Marcel Aymé à partir de 1931. Très bel envoi autographe à son ami Claude Nicot: "En témoignage d’admiration et d’amitié". Comédien et metteur en scène, Claude Nicot (Paris, 1925-2003) rencontra Marcel Aymé lors de l’adaptation de sa pièce Les Maxibules, jouée au théâtre des Bouffes-Parisiens en 1961. Bel exemplaire.
Paris, H. Fournier jeune, 1830. In-8 (212 x 133 mm), 2 ff. n. ch.,, 449 pp., 2 pp. n. ch. Demi-maroquin havane à coins, filet d'encadrement à froid, dos lisse orné dans l'esprit Romantique, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés, réparation de papier dans la marge de 5 feuillets (p.93 à 104) et sur les couvertures, des piqûres (Pierre-Lucien Martin).
Seconde édition en partie originale. Cette nouvelle édition est augmentée des deux pièces suivantes : L'occasion et Le carrosse du Saint-Sacrement. À l'instar de la première, cette édition fut publiée anonymement. La Notice sur Clara Gazul est signée de Joseph L'Estrange, pseudonyme sous lequel se cachait Prosper Mérimée. ‹‹ Aussi recherché que la première édition ›› (Clouzot). Le Théâtre de Clara Gazul est le premier ouvrage écrit par Mérimée, et sa première mystification. En effet, l'auteur fait croire que Clara Gazul, soi-disant comédienne espagnole, est l'auteur des différentes pièces en prose du recueil. Il récidivera dans la supercherie avec son deuxième ouvrage, La Guzla, qui eut tout autant de succès. ‹‹ Première manifestation dramatique, en France, de la création romantique, […] l'ouvrage remporte un considérable succès dès sa parution ›› (Larousse). Bel exemplaire en reliure de Pierre-Lucien Martin. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 200 ; Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, II, p. 134 ; Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes…, XIV, p. 218.
Paris, Alfred Daber, 1959. In-folio (400 x 295 mm). En feuilles, couverture parme rempliée, titre imprimé sur le premier plat, chemise et étui de l'éditeur toilé rouge.
Cette édition est illustrée de 30 lithographies originales en couleurs par Maurice Brianchon à pleine page. Tirage total à 147 exemplaires sur vélin, tous signés par l'artiste. L'exemplaire est enrichi de la plaquette descriptive et du bulletin de souscription. Bel exemplaire.
Le Moyen de Parvenir. Nouvelle édition.
Paris, Grangé, 1757. 2 volumes in-12 (143 x 82 mm), 1 f. n. ch., LXXVI pp., 335 pp. ; 1 f. n . ch., LII pp., 330 pp. Maroquin rouge, triple filet d'encadrement, dos lisse orné, pièce de titre et de tomaison en maroquin olive, filet sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque).
La plus belle édition. Cette édition contient la dissertation de La Monnoye et est augmentée des imitations du Moyen de parvenir en vers latins ou français et un sommaire des chapitres. Elle est illustrée d'un frontispice gravé par Martinet figurant le portrait de Béroalde de Verville placé à l'envers dans un médaillon. ‹‹ Jolie édition, préférable à celle de 1773, qui en est la copie, et à toutes les autres ›› (Brunet). Le Moyen de parvenir est un répertoire de petits contes joyeux et de quolibets auxquels ont amplement puisé non seulement Tabarin et le pseudo-Bruscambille, mais encore d'Aubigné dans son Baron de Fœneste, et Sorel dans son Francion (Brunet). Composé dans les dernières années de sa vie, l'ouvrage assura à son auteur une renommée posthume, grâce à de très nombreuses éditions. Des bibliothèques Guelle Tersy, avec son ex-libris imprimé et contrecollé au verso du premier plat sur chaque volume ; Ripault, avec son ex-libris aux armes et devise "D'espérrer servira" ; et Charles Bertrand, avec son ex-libris imprimé en doré, sur pièce de cuir rouge. Très bel exemplaire en maroquin d'époque. Brunet, Manuel des libraires et de l'amateur de livres, I, col. 806 et 807 ; O.H.R., Manuel de l'amateur de reliures armoriées françaises, pl. 965.
Un jeune officier pauvre. Fragments de journal intime rassemblés par son fils Samuel Viaud.
Paris, Calmann-Lévy, 1924. In-8 (194 x 138 mm), 2 ff. n. ch., VIII pp., 256 pp. Maroquin aubergine, double filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné, auteur, titre, lieu et date dorés, roulette intérieure, tête dorée, en partie non coupé, couvertures conservées, dos légèrement passé, accroc à la coiffe supérieure, coins émoussés, traces de cire au premier plat (reliure du temps).
Exemplaire sur vélin du Marais. Nouvelle édition, publiée un an après l’originale. Bon exemplaire. Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes, XII, p. 270.
Paris, Antoine de Sommaville, 1653. 2 volumes in-folio. Maroquin rouge, double encadrement d'un double filet doré sur les plats, petit fer en écoinçon, dos à nerfs richement orné aux pointillés, armes au centre, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale de la traduction de Pierre du Ryer, historiographe de France. Cette traduction est accompagnée des suppléments de Jean Freinsheim, bibliothécaire et historiographe à Stockholm, au palais de la reine Christine de Suède, à qui l'ouvrage est dédié. Exemplaire aux armes de Mazenod de Pazevin. “Marc-Antoine Mazenod, seigneur de Pazevin et de la Bastie, fut avocat au Parlement de Lyon et échevin de la même ville. Il rassembla une bibliothèque importante composée de livres reliés pour la plupart en veau ou en maroquin qu'il légua aux Jésuites de Lyon” (O.H.R). Exceptionnel exemplaire en maroquin XVIIe. Graesse, Trésor de livres rares et précieux, IV, p. 234. O.H.R., Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, pl. 1520.
Les Aventures de Télémaque, fils d'Ulysse.
Paris, Antoine-Augustin Renouard, 1795. 2 volumes in-4 (293 x 212 mm), de 2 ff. n. ch., 366 pp. ; 4 ff. n. ch., 348 pp. Maroquin rouge, jeu de roulettes dorées encadrant les plats, dos à nerfs orné, roulette sur les coupes et les chasses, tranches dorées, la tomaison de la reliure a été inversée et rectifiée postérieurement (reliure de l'époque).
Un ouvrage à visée pédagogique. Les Aventures de Télémaque furent écrites par Fénelon (Sainte-Modane, 1651-Cambrai, 1715) pour servir à l'enseignement du duc de Bourgogne. Il s'agissait de faire connaître au futur souverain, petit-fils de Louis XIV, la culture Antique qui imprégnait alors toute la civilisation moderne. Et de lui donner, à travers l'histoire d'Ulysse et de son fils Télémaque, une formation morale et politique, lui enseigner l'art de régner et de faire prospérer un royaume. Les Aventures s'inscrivent dans la lignée de son Traité de l'éduction des filles (rédigé en 1681), lorsqu'il est directeur de l'Institut des Nouvelles Catholiques, internat parisien. Le texte, publié en 1699 à l'insu de l'auteur, contenait une implicite critique de l'absolutisme et les plus hauts personnages de la cour ont cru se reconnaître à travers certains portraits satiriques. Malgré sa défense, Fénelon dut quitter la cour. L'ouvrage fut rapidement interdit et diffusé clandestinement dans toute l'Europe. L'édition du libraire-bibliophile Renouard. Cette édition fut imprimée par Pierre Causse à Dijon, sous la direction du libraire Antoine-Augustin Renouard. Elle est ornée d'un titre gravé, avec le portrait de Fénelon par Gaucher d'après Vivien en médaillon. L'ouvrage, d'une très belle qualité typographique, est imprimé sur papier vélin. Il fut tiré à 265 exemplaires, dont 240 furent immédiatement achetés par le baron de Lunas pour employer des assignats. Ceux-ci ne réapparaîtront qu'en 1817, à la vente des livres de feu le baron. Cet ouvrage est donc d'une rareté extrême en reliure de l'époque comme ici. Antoine-Augustin Renouard (1765-1853) prit une part active aux débuts de la Révolution. Électeur de 1791 et 1792, il est membre du conseil général de la Commune de paris et commissaire civil en 1793. C'est vers cette date qu'il commence à publier des éditions d'ouvrages classiques qui se font remarquer par leur élégance et leur correction. Arrêté puis libéré en 1794 et 1795, Renouard sera breveté libraire en 1812. Il se retire en 1825. Il sera maire du 11e arrondissement (actuel 6e) quelques années. Collectionneur et bibliophile, il est également l'auteur de nombreux ouvrages de bibliographie, dont les Annales de l'imprimerie des Alde (1803-1812), Catalogue de la bibliothèque d'un amateur (1819), Annales de l'imprimerie des Estienne (1837). Pierre Causse (1761-1834) succéda en 1788 à son père Jacques (1725-1802), imprimeur du parlement de Bourgogne et de l'académie des sciences de Dijon. Sa carrière d'imprimeur-libraire s'arrête en 1795, date à laquelle il confie son imprimerie à Jean-Pierre Moroge et se lance dans la politique. Superbe exemplaire en maroquin à dentelle de l'époque. Renouard, Catalogue de la bibliothèque d'un amateur, II, p. 209 ; Graesse, Trésor de livres rares et précieux, II, p. 565 ; Mellot et Queval, Répertoire d’imprimeurs/libraires XVIe-XVIIIe siècle, n°879 et 3205.
Paris, Nicolas Chesneau, 1575. In-4 (234 x 175 mm), 8 ff. n. ch., 248 pp., 12 ff. n. ch. Vélin, décoration au centre des plats dans le style Renaissance de l'époque, composée d'arabesques et de filets dorés estampés, filet doré d'encadrement, dos lisse à faux nerfs dorés, petit fer en caissons, pièce de titre en maroquin brun, tranches dorées, exemplaire réglé, mouillure dans le coin inférieur d'un cahier (reliure de l'époque).
Édition originale. De Privilegiis rusticorum aborde les privilèges légaux dont jouissaient les populations rurales dans le droit romain et civile. Comme Jean Bacquet et Jean Bodin, Choppin s'est servi du droit romain et des principes féodaux pour défendre un état centralisé dominé par le pouvoir royal. Les privilèges ruraux furent un sujet rarement exploré. Le traité de Choppin fit référence et fut réédité de nombreuses fois. Un travail bien écrit et remarquablement complet. René Choppin (Le Bailleul, 1537-Paris, 1606) fut un des plus célèbres jurisconsultes de son siècle. Il plaida longtemps au Barreau du Parlement de Paris, puis il vieillit dans son cabinet où il était consulté comme un des plus illustres oracles du droit. Il avait beaucoup d'esprit, d'érudition et une prodigieuse mémoire. Il se passionna pour l'antiquité et l'usage. Son second volume sur la coutume d'Anjou lui attira les honneurs de la ville d'Angers. Il fut anobli en 1578 par Henri III pour son De Domanio et son De Privilegiis rusticorum est “rempli de belles recherches et de décisions très notables” (Moreri). Bel exemplaire réglé en vélin doré du temps. Halperin, Le Juriste de la ville et l'homme des champs. Le "De privilegiis rusticorum" de René Choppin. Moreri, Le Grand Dictionnaire historique.
Paris, Alphonse Lemerre, 1873. In-12 (176 x 112 mm), 4 ff. n. ch., 258 pp. Demi-maroquin vert bouteille, dos à nerfs orné de caissons à froid, auteur et titre dorés (reliure de l'époque).
Édition originale "très recherchée" (Clouzot). Lorsqu’éclate la guerre franco-prussienne, Alphonse Daudet participe à la résistance des Parisiens lors du siège effectué par les armées ennemies. Engagé dans le 96ème bataillon de la Garde nationale, il effectue son service au fort de Montrouge. C'est de cette expérience de la guerre que sont issus les Contes du lundi. Ce recueil est, avec les Lettres de mon moulin, le plus célèbre de l'auteur. Ex-libris au monogramme L.C.B.A.V. non identifié, contrecollé sur le premier contreplat. Très bon exemplaire en reliure du temps. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 81 ; Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, III, p. 41.
Nantes-la-grise, ses vingt-huit ponts.
Nantes, Charles Boite, 1923. In-4 oblong (250 x 330 mm), 18 ff. Broché, couvertures illustrées.
Cet ouvrage est illustré sur chaque page d'un dessin de Jules-Félix Grandjouan, soit 40 dessins à l'encre en tout, couvertures recto et verso comprises. Cet ouvrage fut tiré à 300 exemplaires, tous numérotés et signés à la main par l'artiste. Jules Grandjouan (Nantes, 1875-Nantes, 1968) était le cousin de Jean Émile Laboureur. Son goût pour le dessin l'ayant emporté sur l'étude notariale, il fit ses débuts professionnels en 1897. Il s'installa à Paris vers 1900 et devint un dessinateur de presse prolifique. Il dessina d'une part pour la presse syndicaliste et libertaire, et pour l'autre part la presse humoristique. Il fit aussi de nombreuses contributions à L'Assiette au Beurre. Il illustra Bubu de Montparnasse, de Charles-Louis Philippe, les dessins d'Albert Marquet ayant été refusés par l'éditeur. Militant syndicaliste, anti-militariste, il fut condamné en 1910. Il demeura attaché toute sa vie à sa ville natale où il y mourut. Très bon exemplaire. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, V, p. 167.
Paris, d'Houry, 1782. In-8 (200 x 120 mm), 676 pp. Veau marbré, dos à nerfs orné, pièces de titre fauve et noire, tranches mouchetées rouges (reliure de l'époque).
L'annuaire officiel de la Cour au XVIIIe siècle. Cet almanach fut publié de 1700 à 1792 par Laurent d'Houry et ses héritiers successifs. Il fut remplacé par l'Almanach national. "D'une sorte de calendrier qu'il était à l'origine, se contentant d'un "discours général sur les changements de l'air et autres événements de l'année" et de quelques prédictions politiques plus ou moins banales, l'Almanach devint un véritable annuaire officiel, n'ayant plus que faire des "discours" et des "prédictions" (Grand-Carteret). En plus de l'indispensable calendrier, on trouve notamment dans cet ouvrage les dates de naissance et d'alliances, la liste des membres du clergé, des responsables des Maisons royales, des officiers de l'armée, des acteurs de la vie politique (parlementaires, conseillers d'État, fermiers généraux…), des membres des ordres de chevalerie ; la liste des bibliothèques, des membres des Académies, des chirurgiens et pharmaciens royaux, des foires les plus importantes ; les heures de départ des postes pour le courrier et le transport de personnes… L'ouvrage s'achève par une table des matières. Bon exemplaire en veau de l'époque.
Paris, Delpire, 1957. In-12 oblong (185 x 210 mm), 103 pp. Cartonnage illustré de l'éditeur.
Édition originale dédiée à Tristan Tzara. La couverture est illustrée d'un tapa océanien. L'ouvrage reproduit également des objets d'art africain. Charles Ratton fut conseiller artistique du volume. L'exemplaire d'André Malraux. Cet ouvrage porte un envoi d'admiration de l'auteur à Malraux. Bel exemplaire.
Paris, Paul Ollendorf, 1895. In-12 (145 x 200 mm), 2 ff. n. ch., 23 pp. Broché, couverture ivoire illustrée d'éditeur rempliée.
Édition originale. L'exemplaire n°1 sur Chine. Ce délicieux ouvrage est composé de petites phrases échangées sur l'amour par des amants et des maîtresses. Ces petites tranches de vie sont chacune aggravées d'un commentaire au crayon par Lucien Métivet. Les illustrations ont été gravées en taille-douce et tirées en bistre. Il a été tiré de cet ouvrage 50 exemplaires numérotés sur Chine. Celui-ci porte le numéro 1 et est augmenté d'une suite en noir. Lucien Métivet (Paris 1863-Paris 1932) fut peintre, affichiste et illustrateur. Il exposa de 1889 à 1891 au Salon de la société des Artistes français. Il collabora à la décoration de la Taverne de Paris, illustra plusieurs ouvrages jusque dans les années 1920 et divers journaux : L'Assiette au beurre, Le Journal amusant, Le Rire… Très bel exemplaire.
Paris, Armand-Aubrée, 1833-1836. 46 volumes in-8 (205 x 125 mm). Demi-veau châtaigne, dos lisses ornés de faux nerfs dorés et de fleurons à froid, titre et tomaison dorés, tranches mouchetées, quelques frottements, petites rousseurs dans certains volumes (reliure de l’époque).
Édition originale de cette importante compilation de voyages, publiés, revus et parfois traduits par Albert Montémont. Elle rassemble les meilleurs récits depuis Magellan et Christophe Collomb jusqu’au début du xixe siècle, classés géographiquement puis chronologiquement. Les 21 premiers volumes concernent les relations de voyages autour du monde; viennent ensuite les voyages en Afrique (tomes 22 à 30), en Asie (tomes 31 à 37), en Amérique (tomes 38 à 42), en Océanie (tome 43), puis en Europe (tomes 44 à 46). Table générale des matières à la fin du dernier volume. L’ouvrage est orné de 90 belles planches finement coloriées d’autochtones en habit traditionnel gravées par Choubard d’après Massard, et parfois rehaussées d’or et d’argent. Elles sont toutes hors texte et placées en regard du récit de voyage correspondant. «Collection estimée que l’on trouve très rarement avec des figures coloriées» selon Chadenat. Un volume d'atlas in-folio contenant 22 cartes fut édité pour être joint à cette collection. On ne le trouve que rarement. Originaire de Lorraine, Albert Montémont (Rupt-sur-Moselle, 1788–Paris, 1862) a commencé sa carrière dans l’administration fiscale. Révoqué durant les Cent Jours, il émigra en Grande-Bretagne où il travailla comme précepteur, ce qui lui permit de voyager dans toute l’Europe. Il entra au Ministère des Finances en 1830, avant de rejoindre la Société de Géographie. Sa Bibliothèque universelle des voyages, «parfaitement accueillie» par les connaisseurs selon Quérard, reste son œuvre majeure. On lui doit également des recueils de poésie, plusieurs récits de voyages mais aussi des traductions d’auteurs anglais dont Walter Scott (cf. La Lorraine des écrivains, site de l’Université de Lorraine). De la bibliothèque du marquis Édouard de Champagné-Giffart (1802-1840), avec un ex-libris à son nom ou à celui du Château de Craon, acheté par son père en 1828. Très bel ensemble en reliure d’époque, avec les planches coloriées. Brunet, VI, 19793. Chadenat, 1058, 3133 & 5894. Sabin, n°50113. Quérard, VI, 235.
Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV, par feu M. l’abbé de Choisy.
Amsterdam, Bernard et Lucas, 1727. Trois tomes en un volume in-12 (172 x 101 mm), XIV pp., 191 pp.; 166 pp.; 200 pp. Maroquin rouge, super-ex-libris doré au centre des plats, dos à nerfs, titre, lieu et date dorés, double filet sur les coupes, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrures, légère éraflure sur le plat supérieur (Hardy-Mennil).
Mémoires renfermant de piquants portraits des grands personnages de la cour. Homme de cour et d’église, l’abbé de Choisy (Paris 1644-Paris, 1724) est resté dans les mémoires comme un personnage original du règne de Louis XIV, connu pour ses aventures frivoles et son goût du travestissement. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages historiques ou galants, bien servis par une écriture pleine de verve. Cette édition a paru l’année de l’originale, publiée à Utrecht, chez Wan-de-Vater. Exemplaire du bibliophile espagnol Isidoro Fernandez (1878-1963), avec son ex-libris et son super-ex-libris illustrant ses goûts: une balance qui penche du côté des Anciens par rapport aux Modernes. D’après une note au crayon sur la dernière garde, il proviendrait de la bibliothèque de l’historien Gabriel Hanotaux, dispersée en décembre 1927. Très bel exemplaire en maroquin rouge de Hardy-Mennil. Quérard, La France littéraire, II, p. 193.
Mimes d'Hérondas. Traduits en langage populaire par Jacques Dyssord.
Paris, Denoël & Steele, 1930. In-8 (165 x 241 mm), 2 ff. n. ch., IV pp., 68 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture crème imprimée d'éditeur rempliée.
Édition originale de la traduction. Exemplaire avec envoi. Cet ouvrage est le troisième publié par les toutes jeunes éditions Denoël et Steele, créées la même année. C'est aussi le premier livre illustré de l'éditeur. Cette traduction de Jacques Dyssord se veut une redécouverte de l'esprit originel de l'œuvre et de sa fraîcheur à travers l'emploi d'expressions contemporaines : J'ai donc formé le projet de retremper les Mimes d'Hérondas dans leur véritable atmosphère. Pour cela, j'ai cherché, soit dans notre argot, soit notre langue populaire, si riche et si savoureuse, l'équivalent des expressions et des termes employés par les personnages d'Hérondas sans redouter un seul instant, de tomber dans un nécessaire anachronisme. Le texte est précédé d'un avertissement du traducteur et est suivi d'une bibliographie sur Hérondas. Cette édition est illustrée de 19 compositions de Carlo Rim gouachées au pochoir par l'atelier Nervet : 8 en-têtes, 8 culs-de-lampes, 1 frontispice, 1 vignette de titre et un large encadrement à la justification. L'ouvrage a été imprimé à 870 exemplaires numérotés. Celui-ci est non numéroté sur papier vélin de Rivres, même papier que les 800 suivants 50 Hollande et 20 Japon. On peut lire au premier feuillet blanc l'envoi : au docteur Henri Flurin, en souvenir de la Fontaine Médicis, du d'Harcourt & de la Pension Laveur qui n'ont pas réussi à nous guérir de nos chères Pyrénées. Son compatriote et ami. Dévotement, Jacques Dyssord. Paris 2/2/37. Édouard Moreau de Bellaing, dit Jacques Dyssord (Oloron Sainte-Marie 1880-Villejuif 1952) quitte son Béarn natal après une licence de droit pour tenter une carrière littéraire à Paris. Son premier recueil (Le dernier chant de l'intermezzo, 1909) lui fait rencontrer Guillaume Apollinaire, Tristan Derème, Jules Supervielle, Francis Carco, André Salmon, Laurent Tailhade, Paul-Jean Toulet… Travailleur infatigable, il sera tour à tour poète, romancier, journaliste, essayiste, auteur de pièces de théâtre… Carlo Rim (Nîmes 1905-Peypin 1989), de son vrai nom Jean Marius Richard, fut journaliste, scénariste, réalisateur et dessinateur de presse. Cette illustration témoigne de son activité d'illustrateur avant qu'il ne s'investisse davantage dans le cinéma. En 1931, Carlo Rim est rédacteur en chef de Vu et de L'Instransigeant en 1933 et commence à écrire ses premiers scénarios. Il écrivit une trentaine de films et réalisa une dizaine de comédies à la verve satirique ayant pour acteurs Fernandel, Darry Cowl, Robert Lamoureux. À partir de 1960, il travaillera essentiellement pour la télévision. Très bel exemplaire. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°5993 ; Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes…, V, p. 159.
Amsterdam, Sumptibus societatis, 1725. 2 volumes in-12 (99 x 158 mm), 69 ff. n. ch., 24 pp., 895 pp. chiffrées 903 ; 1 f. n. ch., 928 pp. Vélin, dos lisse avec titre à l'encre, tranches mouchetées et brunes, petites restaurations à l'angle de 3 ff. sans atteinte au texte (reliure de l'époque).
L'Ancien Testament en grec. "Édition assez belle et fort recherchée" (Brunet) de la Septante imprimée sur deux colonnes. La Septante est la traduction de l'hébreu en grec de l'Ancien Testament. Elle aurait été réalisée à Alexandrie vers 270 avant Jésus-Christ par 72 (Septante deux) traducteurs. Par extension, on appelle Septante la version grecque ancienne de l'Ancien Testament chrétien. Le judaïsme n'a pas adopté la Septante, restant fidèle au texte hébreu ou à d'autres traductions grecques plus fidèles. Cette édition a été établie par David Mill, théologien et professeur de langues orientales à Utrecht. Elle suit celle de 1587, dite Sixtine, qui a constitué pendant près de trois siècles la version de référence. L'ouvrage est précédé d'une préface en latin par David Mill et de deux listes de variantes d'après le codex Colberto-Sarravianus, conservé à Leyde, et d'après des notes d'Isaac Voss. La préface contient un fac-similé d'un extrait du codex de Leyde. Cette édition a été publiée simultanément à Utrecht chez Guilielmi Vande Water et Jacob van Poolsum. Ex-libris manuscrit du XVIIIe siècle non identifié et cachet récent avec inscriptions en hébreu. Bel exemplaire en vélin de l'époque. Brunet, Manuel des libraires et de l'amateur de livres, I, p. 546.
Paris, Launette et Cie, 1889. 2 tomes en 4 volumes in-4. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, double filet sur les coupes, large encadrement intérieur décoré, doublure et garde de soie brodé, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, étuis bordés (Canape. R. D.).
Nouvelle édition illustrée de 96 compositions de Maurice Leloir, dont 62 hors-texte. Exemplaire sur Japon offert à Georges Sinoquet. Il comporte trois états des gravures et est orné d'une grande composition originale aquarellée en couleurs signée par Maurice Leloir, spécialement dessinée pour M. Sinoquet. Cet exemplaire est enrichi de 27 gravures des XVIIIe et XIXe siècles et d'un dessin original aquarellé non signé. Très bel exemplaire en maroquin de Canape.
Troyes, Noel Moreau, 1619. In-12 (170 x 97 mm), 4 ff. n. ch., 73 pp., 217 pp., 75 pp., 27 pp. Vélin souple, dos lisse, titre calligraphié à l’encre noire au dos, petite tache rousse en bordure du plat supérieur, déchirure p. 18 de la deuxième partie, feuillet blanc de garde en partie dérelié (reliure de l’époque).
Édition originale. Première édition de ce recueil de lettres, mémoires et traités regardant l’histoire du Royaume de France de l’an 1390 à l’an 1580, divisé en quatre parties. Il comprend en outre une préface de l’auteur, un formulaire utile aux secrétaires du roi et plusieurs extraits en latin. D'après Brunet, "dans quelques exemplaires seulement" se trouvent une cinquième et une sixième partie, comprenant respectivement 12 et 22 feuillets. Elles auraient été ajoutées après coup selon Barbier. Elles ne sont en effet pas mentionnées sur le feuillet imprimé pour "Indice au relieur pour la suite des cahiers de ce livre" qui indique bien les quatre parties présentes. Chanoine de la cathédrale de Troyes, Nicolas Camusat (Troyes, 1575-1655) fut un important bibliophile et érudit qui visita les plus grandes bibliothèques monastiques de son temps. Il porta principalement ses recherches sur les croisades et l’histoire ecclésiastique de la Champagne et traduisit de nombreux ouvrages historiques du français vers le latin. Ex-libris et signature manuscrite Debeaufort. Quelques annotations à l'encre. Très bon exemplaire en vélin d’époque. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, I, col. 1529. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, III, col. 117. Donatella Nebbiai, Pour la bibliothèque de Saint-Germain des Prés au 17e siècle : Nicolas Camusat (1575-1655), ses livres, ses recherches, dans Dom Jean Mabillon, figure majeure de l'Europe des lettres. Actes des deux colloques du tricentenaire de la mort de dom J. Mabillon, Jean Leclant, André Vauchez et Daniel Odon Hurel éds., Paris (Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 2010, p. 517-548.
[Rouen ?] 1707. 2 volumes in-12 (160 x 89 mm), 1 f. n. ch., 294 pp.; 1 f. n. ch., 302 pp., 12 pp. Veau granité, double filet doré en encadrement avec armes dorées au centre des plats et chérubins dorés aux écoinçons, dos à nerfs orné avec fers de chérubins répétés, pièces de titre et de tomaison grenat, coiffes et coupes décorées, quelques rousseurs éparses, fine restauration, dorure d’un chérubin en partie effacée (reliure de l’époque).
Première édition à pagination continue des Œuvres de Boisguilbertet la plus complète. Une partie de ce texte avait paru pour la première fois en 1695. Le Supplément est fondamental car il est à l’origine de l’arrêté du 14 mars 1707 qui condamne le livre de Boisguilbert. L’année 1707 vit paraître un autre livre majeur d’économie politique, La Dixme royale de Vauban, ami de Boisguilbert. Pierre Le Pesant de Boisguilbert (Rouen, 1646-Rouen, 1714), après des études à Port-Royal où il fut fortement influencé par Pierre Nicole, devint magistrat en 1676 en qualité de juge vicomte de Montivilliers. Il fut un administrateur avisé dans la deuxième période du règne de Louis XIV et un anti-colbertiste radical. Un précurseur de l'économie politique Dans "Le détail de la France", Boisguilbert présente le tableau le plus complet et le plus saisissant des conséquences des guerres continuelles et du désordre des finances. La cause de la diminution des biens y est indiquée avec netteté : la consommation est ruinée par la rapacité des traitants, les affaires extraordinaires, l’incertitude et l’injustice de la taille, la fraude certains commis. Il dresse également un portrait de l’administration financière de son temps. Ce texte constitue une première protestation contre le système économique de l’époque et une revendication de liberté pour le commerce et l’agriculture. Cette oeuvre importante ouvre la voie à l’économie politique du XVIIIesiècle. Il fut essentiellement un "humanitaire" (Bluche), préoccupé qu’il était par les conditions de vie du peuple. Portrait de l'auteur. Pierre de Boisguilbert (Rouen, 1646-Rouen, 1714), après des études à Port-Royal où il fut fortement influencé par Pierre Nicole, s’orienta vers les études deDroitet devint magistrat à partir de 1676en qualité de juge vicomte de Montivilliers. Il fut un administrateur avisé dans la deuxième période du règne de Louis XIV et un anti-colbertiste radical. Exemplaire aux armes de Bernard Chérin. Fils de Clair Chérin, marchand, et de Françoise Nicolette Cornette, Bernard Chérin (1718-1785) naquit à Ambonville en Champagne. "Très versé dans le droit féodal, il s'intéressa particulièrement à la généalogie et fut nommé le 3 février 1772 généalogiste des ordres du roi en remplacement de Jean-Nicolas Beaujon. En 1776, il devint également historiographe du roi. Dans l'accomplissement de ces charges, il se fit remarquer par l'étendue de ses connaissances, mais surtout par la sévérité avec laquelle il examinait les preuves qui lui étaient soumises, méritant ainsi le surnom "d'incorruptible". Il fut lui-même anobli par Louis XVI en 1774." (Belin). "Sa bibliothèque, considérable d'ailleurs, renfermait particulièrement des ouvrages manuscrits et imprimés sur toutes les familles nobles de France" (Guigard). De la bibliothèque de M. et Mme Bauchond-Deswarte, avec leur ex-libris gravé. Avocat au barreau de Valenciennes, ancien bâtonnier de l’ordre, Maurice Bauchond (Valenciennes, 1877-1941) fut membre de plusieurs sociétés savantes de France et de Belgique. Bibliophile averti, il rassembla une importante collection d’ouvrages juridiques et historiques, dont un grand nombre à portée régionale, et constitua dans sa demeure valenciennoise un véritable cabinet de curiosités. Bel exemplaire en veau aux armes de l’époque. Barbier, I, 1882, 913-914. Kress, n° 2542. INED, n° 581. Bluche, pp. 209-210. Guigard, Nouvel Armorial du bibliophile, II, p. 134. Belin, Bernard Chérin, généalogiste des ordres du roi. OHR, pl. 1212.
Paris, Mercure de France, 1926. 1 In-8 (140 x 223 mm), 12 pp., 1 f. n. ch. Broché, couverture jaune imprimée d'éditeur, petit manque au coin supérieur gauche de la couverture, légères marques de pliures aux feuillets, griffonnements à la mine de plomb sur 2 ff.
Rare tiré à part avec envoi à la duchesse de Clermont-Tonnerre. Ce texte est une méthode d'écriture recommandant notamment à l'auteur de ne pas utiliser de brouillon, de prendre le temps de choisir les mots, de se laisser porter par le rythme des idées et de vivre reclus et fier. Daté d'avril-mai 1916, ce texte a été publié dans le numéro du Mercure de France de juin 1916. Envoi : À madame la duchesse de Clermont-Tonnerre respectueux hommage Pierre Louÿs. Élisabeth de Gramont (1875-1954), duchesse de Clermont-Tonnerre fut l'une des femmes les plus célèbres de son temps. Ses convictions politiques et sa vie amoureuse provoquèrent le scandale. Dite "la duchesse rouge", elle défendra le marxisme et le Front populaire. Elle épousa Philibert de Clermont-Tonnerre dont elle aura deux filles. À l'âge de trente-quatre ans, elle rencontre la célèbre Amazone américaine Natalie Clifford Barney : c'est un véritable coup de foudre, qui, en dépit d'autres liaisons saphiques, durera plus de quarante-cinq années. Elle fit de nombreux voyages en Extrême-Orient, au Maghreb, en Amérique et en URSS, et écrivit de nombreux essais et livres de mémoires. Elle fréquenta parmi les plus importantes personnalités de l'époque : Pierre Louÿs, Remy de Gourmont, Romaine Brooks, Paul Valéry, Colette, Georges Clémenceau, Paul Morand, Gertrude Stein, Isadora Duncan, Valéry Larbaud, Arthur Honegger, Jacques Ibert, Léon Blum, James Joyce, Louis Aragon, René Crevel... Bon exemplaire, broché.
Cologne, Nicolas Schoute, 1685. In-12 (90 x 153 mm), 10 ff. n. ch., 369 pp. ch. 259, 96 pp. ch. 114. Veau brun moucheté de l'époque, dos à nerfs orné, roulette sur les coupes et les coiffes, tranches mouchetées, p.13 : petite déchirure en marge droite avec légère atteinte au texte sans manque, usures sur deux coins (reliure de l'époque).
Un chef d'œuvre de l'éloquence. "Conçues comme une défense d'Arnauld et de l'attitude de Port-Royal dans la controverse des "cinq propositions", les Provinciales se présentent comme un réquisitoire contre les jésuites français, leur politique et leur indulgence en matière de mœurs. Mais elles brisent aussi ce cadre accidentel et polémique en traitant du péché et de la grâce, questions cruciales du christianisme et objet d'un débat perpétuel au sein même de l'Église catholique." (T. Prieur). Les dix-huit Provinciales parurent d'abord séparément et anonymement de janvier 1656 à mars 1657. À la fin de 1657, une édition en recueil fut publiée et signée du pseudonyme Louis de Montalte. L'anonymat ne fut levé qu'en 1659. L'ouvrage remporta un grand succès et fut tout de suite mis à l'index. "Unanimement admirées par les grands maîtres de l'éloquence et de la controverse du XVIIe et du XVIIIe siècle, elles finirent par s'imposer comme le modèle de toute polémique." (T. Prieur). La plupart des éditions anciennes, comme celle-ci publiée à Cologne, contiennent une dix-neuvième lettre, connue aussi sous le titre Lettre d'un avocat au Parlement à un de ses amis, et d'autres textes liés à la querelle opposant jansénistes et jésuites comme Avis de messieurs les curés de Paris à messieurs les curés des autres diocèses de France. Bel exemplaire en veau moucheté de l'époque. Dictionnaire des écrivains de langue française, Larousse, 2001, II, p. 1361, notice de Thierry Prieur.
Paris, Rameau d’or, 1945. 4 volumes in-4 (245 x 195 mm), 228 pp. ; 218 pp. ; 249 pp. ; 253 pp. Couverture imprimée rempliée de l’éditeur.
"Édition recherchée" (Carteret). Cet ouvrage a été tiré à 1000 exemplaires, celui-ci sur papier Hermine. L’illustration comprend 128 aquarelles en couleurs de Jacques Touchet reproduites au pochoir par Beaufumé, ainsi que de nombreux culs-de-lampe et lettrines en noir. Dessinateur à la verve humoristique, Jacques Touchet (Paris, 1887-Paris, 1949) collabora avec plusieurs journaux dont L’illustration et Le Matin avant de se consacrer à l’illustration. Il réalisa des compositions pour des grands classiques de la littérature dont Erasme, Voltaire et Rabelais. Très bel exemplaire. Carteret IV, p. 96. Monod, 2442. Bénézit, X, p. 243.
Paris, Vincent, 1773. In-12 (100 x 163 mm). 6 ff. n. ch., 748 pp. ; 1 f. n. ch., 820 pp. Veau moucheté, dos à nerfs orné au chiffre du duc de Rohan, pièces de titre et tomaison havane, filet doré sur les coupes et les coiffes, tranches rouges, rousseurs et taches éparses (reliure de l'époque).
Edition originale de ce recueil d'anecdotes divisé en deux parties, chacune formant un volume. Elle parut de façon anonyme. L'ouvrage était autrefois attribué en partie à Gabriel Mailhol par Barbier et Cioranescu, mais par confusion avec une édition homonyme de 1752. Une lettre d'Edme Mentelle, découverte par la librairie Chamonal, donne la preuve qu'il est bien l'auteur de la première partie et que la seconde a été composée par l'historien Jean-François de La Croix. Les anecdotes de Mentelle portent sur les anciens Rois de Perse, & les différentes Dynasties Perses, Turques & Mogoles, qui se sont élevées successivement en Asie, jusqu'aux Califes & aux Sophis exclusivement, celles de Jean-François de La Croix concernent les Rois de Perse, de la Dynastie des Sophis, les Mogols ou Empereurs de l'Indoustan, & les Sultans Turcs de la famille Ottomane, depuis la fondation de ces grands Empires jusqu'à l'époque de la publication du livre. Edme Mentelle (Paris, 1730-1815) fut professeur de géographie et membre de nombreuses académies scientifiques et se rendit célèbre pour avoir construit un globe avec des parties amovibles pour Louis XVI. Il obtint un poste de professeur de géographie et d'histoire à l'École militaire deux années après la publication remarquée de ses Éléments de géographie (1758). En 1792, il ouvrit des cours privés puis fut chargé de cours à l'École centrale et à l'École normale. Il fut nommé sous la Convention membre de l'Institut dès sa création. Il publia de très nombreux ouvrages associant histoire et géographie parmi lesquels un Précis de l'histoire universelle (1800, dans lequel il traite Jésus-Christ d'imposteur), la Géographie universelle (1803-1804) en collaboration avec Malte-Brun… De son coté Jean-François de Lacroix, originaire de Compiègne, a contribué à plusieurs dictionnaires (par exemple le Dictionnaire portatif des femmes célèbres) et recueils d'anecdotes historiques. Bel exemplaire au chiffre du maréchal de Soubise, Charles de Rohan (1715-1787), ami intime de Louis XV. La collection de ce “bibliophile émérite {…] fut vendue aux enchères en 1788” (OHR, pl. 2034, fers 8 et 9). Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, I, 185. Bibliothèque Chadenat, II, n°5252.
Gli Asolani di monsignor P. Bembo.
Venise, Bartholomeo e Francesco Imperatore, 1546. Petit in-8 (88 x 142 mm). 104 ff. Veau brun moucheté, filet à froid encadrant les plats, dos lisse à la grotesque avec pièce de titre et d'auteur rouge, filet doré sur les coupes et les coiffes, tranches dorées, frottements sur les charnières, large tache au premier plat de reliure, petit travail de ver au titre, restauration angulaire au dernier feuillet, petites salissures éparses (reliure du XVIIIe siècle).
Edition vénitienne, la dernière du vivant de l'auteur mort en 1547. Fausse mention de seconde édition au verso du titre. Ce fameux dialogue d'amour inspira grandement la Renaissance française. L'auteur, cardinal et humaniste italien est né à Venise en 1470 et mort à Rome en 1547. Proche des papes Léon X et Paul III, c'est dans le plus pur latin cicéronien qu'il rédigea les bulles pontificales, ce qui ne l'empêche pas de publier sa "prose en langue vulgaire". Il écrit ainsi une histoire de Venise qu'il traduira en italien. Comblé d'honneur, il était considéré au moment de sa mort, comme le plus probable successeur du souverain pontife. L’œuvre avait été composée par Bembo entre 1497 et 1503, peut-être en hommage à Maria Savorgnan, et sa publication retardée par la mort de son jeune frère. Le poète dédia son livre à Lucrezia Borgia, dédicace qui ne figure pas dans notre édition. La première traduction française complète par Jean Martin, précisément faite d'après une édition vénitienne des années 1540, a été publiée en 1545. L'exemplaire de Colbert, dans une élégante reliure en veau à la grotesque ("Bibliotheca colbertina" en tête du titre de la main de Baluze). Bibliotheca colbertina, Paris, 1728, tome 3, n° 18140. Nombreuses notes marginales corrigeant parfois le texte. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, I, 766. J. Balsamo, Poètes italiens de la Renaissance dans la collection Barbier-Mueller, volume 2, n° 40 (notes p. 104). Edit16, n° 5021.
L'Art d'accoucher réduit à ses principes […].Avec l'Histoire sommaire de l'art d'accoucher.
Paris, Guillaume Cavelier, 1766. In-12 (163 x 97 mm), LXXXVII pp., 392 pp. Maroquin rouge, triple filet doré sur les plats, petit fer au gland en écoinçon, dos à nerfs orné, roulette dorée sur les coupes et les chasses, tranches dorées, gardes de papier dominoté avec alternance d'étoiles et de points dorés, taches de gouache bleue sur les premières gardes et en marge du faux-titre (reliure de l'époque).
Édition originale. Cet ouvrage est le dernier que donna le médecin Jean Astruc (Sauve, 1684-Paris, 1766). Il suivit le Traité des maladies des femmes avec un catalogue chronologique des médecins qui ont écrit sur ces maladies qui parut de 1761 à 1765 et qui comporte 6 volumes. Il expose les pratiques les plus sûres et les plus utilisées alors selon les différents types d'accouchement. L’Histoire de l’art d’accoucher donne un intéressant historique sur les premiers pas, les progrès et le développement de cette science. Reçu docteur à l'âge de 19 ans et nommé professeur d'anatomie à Toulouse en 1710, puis professeur de médecine à Montpellier en 1716, en remplacement de Pierre Chirac, son maître. En 1729, Auguste II de Pologne le nomma son premier médecin, mais il revint un an plus tard à Paris, où Louis XV le prit pour médecin consultant. Il fut également dès 1723 le médecin personnel et l'amant de Mme de Tencin. Astruc devint titulaire de la chaire de médecine au Collège royal en 1731, puis à la faculté de médecine de Paris. Il fut élu membre de l'Académie de médecine en 1743. Avant tout médecin théoricien, il est l'auteur du premier ouvrage récapitulatif important sur la syphilis et les maladies vénériennes ainsi que l'un des pionniers de l'exégèse moderne. Bel exemplaire en maroquin du temps. Osler, Bibliotheca osleriana, n°1858 pour l'édition de 1771. Bayle & Thillaye, Biographie médicale, II, p. 215 à 220. Quérard, La France littéraire, I, p. 105.
Notre-Dame des Miracles. Fête de mai.
Mauriac (Auvergne), 1927. In-8 (154 x 210 mm), 2 ff. bl., 24 ff. n. ch., 4 ff. bl. Vélin blanc, plats aquarellés d'un grand motif central, au premier plat la Vierge à l'enfant en grand habit, au plat inférieur la basilique Notre-Dame des Miracles, dos lisse, lacet central, mouillure au dos et sur les bords des plats, plats légèrement empoussiérés et épatés, gardes de moiré vert et or (reliure de l'époque).
Beau manuscrit enluminé, consacré à l'histoire de la basilique Notre-Dame-des-Miracles à Mauriac en Auvergne, dans le diocèse de Saint-Flour, et au pèlerinage qui y a cours. Le manuscrit a été confectionné pour la fête de Marie, en mai 1928. Il s'achève sur des hymnes latines. Le manuscrit, écrit en gothique sur papier simili Japon, est illustré de 2 aquarelles sur les plats, d'1 aquarelle à pleine page représentant la chapelle du Puy st Mary, d'un décor aquarellé en bandeau à chaque page (soit 18 bandeaux et 1 cul-de-lampe) et d'initiales rubriquées et majuscules peintes. Le hors-texte aquarellé est signé I. Nugam 1927. L'église romane de Notre-Dame des Miracles fut construite au XIIe siècle près du monastère bénédictin Saint-Pierre et de la Chapelle Notre-Dame des miracles, qu'on dit fondés par Théodechilde, fille de Clovis, à qui la Vierge Marie était apparue. Signe de son importance, le 13mai 1855, la Vierge a été couronnée et parée d’un diadème d’or et de pierreries, offert par le Pape Pie IX et l’église venait d'être érigée en basilique mineure par le Pape Benoît XV en octobre 1921. Sur une garde, note manuscrite à l'encre : "Diocèse de Saint-Flour, Imprimatur Sancti-Fleri die 18 octobris 1927. Vaulx (?). Ecclesia I. St Flour ". Exemplaire unique.
Amsterdam, Paris, Le Clerc & Barois, 1782. 2 volumes in-12 (165 x 95 mm), 2 ff. n. ch., xxxii-318 pp.; 2 ff. n. ch., 358 pp. Veau blond moucheté, roulette dorée en encadrement sur les plats, dos lisses ornés, chiffre PB doré en queue, pièces de maroquin rouge pour le titre et la tomaison, roulette dorée sur les coupes, tranches vert pâle, dos légèrement éclaircis (reliure de l’époque).
Seconde édition corrigée, après l’originale de 1724 due à l’abbé Foucher, un parent de Gourville. Une vie rocambolesque. D’origine modeste, Jean Hérault (La Rochefoucauld, 1625 – Paris, 1703) sut s’élever et faire fortune grâce à ses talents et à ses relations. Il devint dès 1643 valet de chambre de l’abbé de La Rochefoucauld, puis du duc de La Rochefoucauld, le futur auteur des Maximes qu’il suivit pendant la Fronde. S’étant rapproché de l’intendant Fouquet, il fut receveur des tailles en Guyenne et s’enrichit promptement. En 1660, il acquit ainsi la terre de Gourville. Après un passage à la Bastille en 1655, la chute de Fouquet l’amena à se réfugier en Bourgogne puis à l’étranger. Il profita de cette période pour devenir diplomate et se rapprocher des ministres de Louis XIV, ce qui lui permit de revenir en grâce. Apprécié dans les hautes sphères, Gourville s’occupa longuement de la maison de Condé, qui le considérait comme un ami, avant d’entreprendre la rédaction de ses mémoires en 1702. «Il était quelque chose comme le Gil Blas et le Figaro du XVIIe siècle» selon Sainte-Beuve. L’histoire financière et sociale du XVIIe siècle. «En parlant de lui-même, il a été amené à exposer, puisqu’il était un homme de finance, la situation financière des états qu’il a parcourus au cours de ses négociations, et surtout celle des nobles qui ont eu recours à son habileté. En ce sens, ses mémoires sont curieux: d’autres nous ont décrit la faiblesse politique de l’aristocratie pendant la Fronde; Gourville nous en fait connaître la détresse financière» (Bourgeois et André, Les Sources de l’Histoire de France XVIIe siècle, II, 808). Ses Mémoires constituent un précieux témoignage sur les pratiques financières et sociales de la seconde moitié du XVIIe siècle, mais aussi sur les possibilités d’ascension sociale sous le règne de Louis XIV. L’exemplaire de l’impératrice Joséphine et de l'Empereur Napoléon Ier. De la bibliothèque de Joséphine de Beauharnais au château de La Malmaison, avec le chiffre PB (Pagerie Bonaparte) en queue des dos et le cachet ex-libris Bibliothèque de La Malmaison aux titres des deux volumes. Bonaparte avait ordonné en 1800 la construction de cette bibliothèque qui abritait près de 13 000 ouvrages en 1814.
Paris, Lapina, 1926. 2 volumes in-4 (315 x 215 mm) 2 ff. blancs, 2 ff. n. ch., XI pp., 168 pp., 3 ff. n. ch., 2 ff. blancs; 3 ff. blancs, pp. 169 à 379, 4 ff. n. ch., 3 ff. blancs. En feuilles, couvertures en parchemin rempliées et imprimées, chemises en demi-maroquin violet, auteur, titre, illustrateur, tomaison, état et date en doré, étui bordé, dos passé.
Ce très bel ouvrage est illustré de 20 pointes-sèches originales en noir et blanc et 121 bois en couleurs dans le texte par Louis Jou. Il fut tiré à 535 exemplaires dont 500 mis dans le commerce. Celui-ci est un des 25 sur Japon Impérial, contenant un original, deux états des pointes-sèches, un état des cuivres barrés et une suite complète des bois sur Japon. Cet exemplaire est enrichi d'une seconde aquarelle originale de Louis Jou. “Vingt pointes-sèches formant dans cette discipline un des plus beaux ensembles de Jou, où la finesse du trait contraste avec le burin puissant des premiers albums d'eaux-fortes” (Feuille). Bel exemplaire. Feuille, Louis Jou, bibliographie, p.91, n°53. Mahé, Bibliographie des livres de luxe…, II, col. 110. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 168. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°4900.
Recueil d’ouvrages sur le commerce des grains.
Amsterdam & Paris, Desaint, 1768. Cinq ouvrages en un volume in-8 (195 x 124 mm), IV pp., 162 pp., 3 tables dépl.; 48 pp.(interversion du texte avec le quatrième ouvrage à partir du cahier C); 8 pp.; 8 pp.; un tableau dépl., 147 pp. et 1 p. n. ch.; 2 ff. n. ch., 314 pp., 1 f. n. ch. Veau porphyre, triple filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné de caissons avec pièce d'armes au cerf doré répété, pièces de titre vert foncé et rouge, coupes filetées, tranches marbrées, habiles restaurations (reliure de l’époque).
Réunion de 5 rares et importants ouvrages sur le commerce à la fin du règne de Louis XV, tous en édition originale: -Louis-Paul Abeille. Principes sur la liberté du commerce des grains. Juillet 1768. Amsterdam & Paris, Desaint, 1768. -[Louis Claude Bigot de Sainte-Croix]. Avis du Parlement de Dauphiné sur la libre circulation des Grains et la réduction naturelle des prix dans les années de cherté. [Grenoble], 1769. -Jean-Baptiste des Gallois La Tour. Lettre écrite à M. le Contrôleur-Général, le 8 Juillet 1768, par M. de La Tour, premier Président du Parlement de Provence; en double. -Louis-Paul Abeille. Faits qui ont influé sur la cherté des grains en France & en Angleterre. 1768. -Ferdinando Galiani. Dialogues sur le commerce des bleds. Londres [Paris], 1770. Un vif débat sur la libéralisation de l’économie. Strictement contrôlé par l’État depuis le XVIe siècle, le commerce du grain fut progressivement libéralisé dans le royaume à partir des années 1763-1764. Ces réformes furent favorablement accueillies par les philosophes progressistes et les physiocrates, opposés aux monopoles et aux corporatismes. Mais la spéculation induite, associée à de mauvaises récoltes, entraîna une forte augmentation du prix du pain, des famines et des révoltes, obligeant l’État à reprendre progressivement la main sur les prix entre 1768 et 1770. Cette situation instable alimenta un vif débat parmi les économistes de l’époque. Dans les Principes sur la liberté du commerce des grains, Louis-Paul Abeille (1719-1807), inspecteur général des manufactures et secrétaire général du Bureau du Commerce, plaide pour l’abolition de toutes les lois prohibitives en fait de commerce. La même année, ce physiocrate convaincu exposait les Faits qui ont influé sur la cherté des grains, en attaquant déjà le monopole et la spéculation. Ces deux ouvrages définissent la position d’Abeille, qui avait l’oreille du contrôleur général des finances Maynon d’Invault. En 1769, tandis que les Parlements de province prenaient position sur le débat qui faisait rage, le Parlement du Dauphiné rendit un Avis qui était une exposition magistrale de la doctrine physiocratique. «Cet ouvrage est devenu bientôt excessivement rare, parce que le système qu’on propose à Sa Majesté est totalement opposé à ce que les Parlements de Paris et de Rouen ont écrit sur cette matière» note Bachaumont dans ses Mémoires secrets. Le Parlement de Paris tenta en effet de le faire disparaître, sans pouvoir effacer l’influence qu’il exerça sur l’opinion. Le libre commerce du grain est cependant mis à mal dans les Dialogues sur le commerce des bleds, ouvrage majeur de l’économiste italien Ferdinando Galiani (1728-1787). Beau parleur et curieux de tout, familier du salon de Mme d’Épinay et de la société du baron d’Holbach, il avait su convaincre Diderot qui aurait revu, publié et défendu son traité. Voltaire a évoqué le débat et l’ouvrage de Galiani dans son Dictionnaire philosophique, à l’article «Blé»: «M. l’Abbé Galiani, Napolitain, réjouit la nation Française sur l’exportation des blés; il trouva le secret de faire, même en français, des Dialogues aussi amusants que nos meilleurs romans et aussi instructifs que nos meilleurs livres sérieux. Si cet ouvrage ne fit pas diminuer le prix du pain, il donna beaucoup de plaisir à la nation, ce qui vaut beaucoup mieux pour elle.» Exemplaire aux pièces d’armes de l’intendant des finances Philibert Trudaine de Montigny (Clermont-Ferrand, 1733-Paris, 1777). Fils de Daniel-Charles Trudaine, intendant des finances et directeur du département des Ponts et Chaussées, il collabora avec son père dès 1757 et lui succéda à sa mort en 1769. Ami des Physiocrates, défenseur des libertés économiques, Philibert Trudaine était également un chimiste réputé, membre de l’Académie des sciences, et un mécène pour les savants. À Montigny, il avait fait aménager un laboratoire et recevait ses amis Malesherbes, Turgot, Montesquieu, Diderot, Lavoisier, Clairaut, etc. «Trudaine, dont les connaissances étaient très étendues et qui recherchait l’amitié et la société des savants et des gens de lettres, projetait de se consacrer à des recherches sur la physique et la chimie quand le mort le surprit. Sa bibliothèque, augmentée de celle de son père, fut vendue après son décès» (Olivier, Hermal et de Roton). Elle passa en réalité à son fils Charles-Louis Trudaine, ami de Chénier guillotiné comme lui en 1794, avant d’être dispersée en 1801. Cet exemplaire figure sous le n°196 du catalogue de la vente. Il fut acquis par le fermier général Adrien Charles Saulot de Bospin, administrateur des domaines du roi avant la Révolution, dont l’ex-libris figure au premier contreplat. Sa bibliothèque fut vendue en 1804. Très intéressant recueil, en veau armorié de l’époque. The Kress library of business and economics, I, n°6512, 6513 et 6730. O. H. R., Manuel de l’amateur de reliures armoriées, pl. 1195. Suzanne Delorme, «Une famille de grands Commis de l’État, amis des Sciences, au XVIIIe siècle: Les Trudaine», Revue d’histoire des sciences, 1950, t. III, n°2, pp. 101-109. Catalogue des livres de la bibliothèque de feu Charles-Louis Trudaine l’aîné, Bleuet, 1801, n°196.
Anvers, Plantin-Balthasar Moretus, 1652. In-folio (242 x 450 mm), 10 ff. n. ch., XXXVI pp., 911 pp. Vélin rigide, double encadrement de double filet à froid et large fer estampé au centre des plats, dos à nerfs avec titre ancien à l’encre, petite mouillure marginale sur les premiers feuillets et mouillure angulaire sur les derniers feuillets, petite tache au plat inférieur (reliure de l’époque).
Belle édition plantinienne définitive de Sénèque par Juste Lipse. Edition illustrée d’un beau frontispice de Lipse par Cornelius Galle d’après Rubens, d’un titre-frontispice gravé baroque, d’un portrait frappant de Sénèque se donnant la mort sur ordre de Néron et d’un buste du même. Elle est encore agrémentée de bandeaux, culs-de-lampe et lettrines. C’est la quatrième édition plantinienne, contenant les œuvres morales et philosophiques de Sénèque, revue et complétée par Libert Froidmont (1587-1653), théologien et scientifique liégeois, professeur à l’Université de Louvain. Au rapport de Brunet, “édition estimée. Les trois précédentes sont moins complètes”. Froidmont complète la grande œuvre de Lipse mort en mars 1606 avant d’avoir pu achever son grand oeuvre. Selon Jeannine De Landtsheer, “à Rome déjà, (Lipse) avait manifesté un intérêt grandissant pour Sénèque, auteur qu’il avait d’ailleurs régulièrement inscrit au programme de ses cours. Durant les années passées à Leyde, il rédigea deux traités philosophiques originaux, le De constantia (1584) et les Politica (1589), qui connurent tous deux un nombre considérable de rééditions et de traductions. Il essayait d’y concilier l’ancienne pensée stoïcienne avec les idées chrétiennes”. L’illustration et les commentaires de Lipse en font un parfait manuel de néo-stoïcisme. Notre exemplaire comporte bien l’état avec la dédicace au pape Urbain VIII où on appelle à considérer Sénèque l’auteur le plus sage de l’Antiquité et l’auteur profane le plus chrétien. Rares notes marginales anciennes (p. 113). Brunet, Manuel de l’amateur, IV, pp. 276-277. Dibdin, Introduction to the Knowledge… of Greek and Latin Classics, II, 397 (“Harwood speeks highly magnificence and beauty of the volume”). De Landtsheer, “Juste Lipse et son De bibliothecis syntagma”, Littératures classiques, 2008, pp. 81-91.
Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1796.
Paris, Magimel, Ancelin et Pochard, 1818. In-8 (118 x 196 mm), 2 ff. n. ch., IV pp., 352 pp., 1 f. n. ch., 1 f. bl. Demi-basane blonde, dos lisse orné de filets dorés et de dentelles à froid, chiffre doré en tête, cote en queue, petits frottements sur la coiffe supérieure et les coins, infimes rousseurs éparses (reliure de l'époque).
Edition originale. Relation de la campagne de l'armée de Sambre et Meuse en 1796 sous les ordres du général Jourdan au début du Directoire. Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833) reste dans l'histoire pour avoir remporté la victoire décisive de Fleurus en juin 1794 qui permit à la France révolutionnaire d'annexer la Belgique. Maréchal d'Empire, il se rallia à la monarchie sous la seconde Restauration. Après la Révolution de juillet 1830, il fut brièvement ministre des Affaires Etrangères avant d'être nommé gouverneur des Invalides. Remarquable exemplaire enrichi, au verso du faux-titre, d'une dédicace de l'auteur au maréchal Sérurier, gouverneur des Invalides : "A Monsieur le Maréchal Comte Serrurier, de la part de l'auteur". Maréchal d'Empire, Jean-Mathieu Sérurier (1742-1819) s'illustra dans les campagnes d'Italie. Trop âgé pour participer aux campagnes napoléoniennes, il se contenta du poste de gouverneur des Invalides. Il devint pair de France au début de la Restauration. Il est amusant de noter que l'auteur et son dédicataire furent tous deux gouverneur des Invalides. Selon J. Garnier, "Les mémoires ont été publiés pour répondre à l'ouvrage de l'archiduc Charles. Le manuscrit avait été donné en communication aux éditeurs des Victoires et conquêtes, qui en avaient reproduit de larges extraits, sans en signaler l'origine." (Dictionnaire des batailles de l'histoire de France, 749). Bel exemplaire, il est bien complet des 4 planches dépliantes sur les états de situation des armées. Quelques corrections à l'encre (pp. 125, 143, 220, 241). De la bibliothèque de Jean-Mathieu Serurier. Chiffre E.B. doré au dos. Ex-libris gravé de Maurice Bauchond (1877-1941) (ex-libris au Pierrot pendu). Fierro , Bibliographie critique des mémoires sur la Restauration, Genève, 1988, n°743.
Les Trois Veritez contre les athees, idolatres, juifs, mahumetans, heretiques et schismatiques.
Bordeaux, Simon Millanges, 1593. In-8 (94 x 61 mm),16 pp. n. ch., 533 pp., 3 pp. n. ch. Maroquin janséniste noir, dos à nerfs, double filet doré sur les coupes et les coiffes, tranches dorées, dentelle intérieure (L. Bauser).
Edition originale.Important traité d’apologétique catholique, c’est le premier livre de Pierre Charron (1541-1603), théologien et philosophe parisien, disciple de Montaigne. Il séjourna comme théologal auprès de nombreux évêques du Sud-Ouest. En 1595 il futéludéputéà l'assembléeduclergéqui devait se tenir àParisen 1596. Cette première édition a paru anonymement chez Simon Millanges, l'imprimeur des Essais de Montaigne, comme Charron s'en explique dans l'avertissement de la deuxième édition: “L'an passé je mis au jour mon livre desTrois veritez,sans m'y nommer, me tenant couvert et caché, comme le bon Apelles derrière son ouvrage, pour entendre ce qu'en diroyent les passans, et amender sa besoigne selon qu'il en prendroit avis du jugement d'autrui”. Tout le tirage de cette édition fut écoulé en six mois. On a conservé un intéressant contrat liant Millanges et Charron pour une réédition de cet ouvrage en 1598 (G. Loirette, “Simon Millangesou la profession de maître Imprimeur en 1598”, Bulletin de la Société des bibliophiles de Guyenne, VI, 1936, 182). Un autre contrat entre eux, pour De la Sagesse en 1601, précise que l’imprimeur était tenu de donner à l’auteur 50 exemplaires moitié en blanc, moitié reliés, et 30 exemplaires de chaque réimpression (Dast de Boisville, Simon Millanges, imprimeur à Bordeaux de 1572 à 1623, 1896). Dans cet ouvrage, Charron établit trois principes pour lui irrévocables: que la religion est nécessaire, que le christianisme est révélé, et que l'Église romaine est la véritable Église.La troisième partie, très développée, est une réfutation Traité de l’Eglise de Duplessis-Mornay. Celui-ci, en réponse, laissa publier une violente diatribe émanant du milieu protestant : le cœur des griefs concernait le premier plan à donner l'Ecriture Sainte, selon les protestants, tandis que Charron, catholique, préfère insister sur la prééminence desdéfinitionsdes conciles (L. Desgraves, “Aspects des controverses entre catholiques et protestants dans le Sud-Ouest, entre 1580 et 1630”, Annales du Midi, 1964, pp. 153-187). Le XVIIe siècle se méfiera des ouvrages de Charron en tant que sectateur des sceptiques; Mersenne demandait de l’exclure comme particulièrement dangereux (L’impiété des déistes, athées, 1624) tandis que des rationalistes comme Guy Patin l’incluait dans une liste de livres “capables de prendre le monde par le nez” au côté de Rabelais, Montaigne, Bodin et Lipse (lettre du 27 mars 1665 à M. de Salins de Beaune). L’édition, extrêmement recherchée, a été collectionnée par les plus grands amateurs. Elle figurait dans les collections Bouhier (armes Chartraine de Bourbonne à la BM de Troyes), Mac-Carthy Reagh (Cat. 1815, I, n°839, en vélin), Pixerécourt (Cat. 1838, n° 2268, en vélin). L’exemplaire de Gilbert de Botton a été légué à Cambridge, UB. Bel exemplaire en maroquin de Bauser, de la bibliothèque de Ferdinand Brunetière, professeur de Sorbonne et académicien (vignette ex-libris contrecollée). C. Bauser était relieur à Paris rue de Nesle et exerçait dans le dernier quart du XIXe siècle. Note de possession manuscrite au titre “Cornieli Riemens”, peut-être Cornelis Riemens (1751-1827). Tchemerzine, Bibliographie d'éditions originales et rares, II, 244. Brunet, Manuel de l’amateur, I, 1809-1810.
La Légende de Saint Julien l'Hospitalier.
Léon Courbouleix, vers 1950. In-4 (318 x 245 mm), 2 ff. blancs, 36 ff. En feuilles, couverture illustrée rempliée, étui cartonné de l'éditeur.
Cette “édition recherchée” (Carteret) fut entièrement gravée à l'eau-forte, texte et illustrations, et imprimée sur la presse à bras par Léon Courbouleix. Elle comprend 44 illustrations gravées à l'eau-forte, dont une sur la couverture, une vignette de titre et 42 dans le texte dont 3 à pleine page, in-texte et culs-de-lampe. Chaque planche, à l'exception de celle justificative, est encadrée d'une frise florale tirée en bistre. Les grandes capitales en tête de paragraphe furent remplies et colorées en rouge. Cet ouvrage fut tiré à 300 exemplaires, dont quinze sur Japon, et 10 exemplaires hors commerce. Cet exemplaire est un des 285 sur papier d'Auvergne fait à la main, revêtu de la signature de l'artiste. Très bel exemplaire. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 158. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°4653.
Les Martyrs, ou le Triomphe de la Religion chrétienne.
Paris, Le Normant, 1809. 2 volumes in-8 (202 x 125 mm), XXIV pp., 414 pp.; 2 ff. n. ch., 403 pp., 1 f. n. ch. (errata), 10 pp. (catalogue). Maroquin rouge à long grain, roulettes dorées et à froid en encadrement sur les plats, dos lisses ornés de fleurons et de frises dorés, auteur et titre dorés, roulette dorée sur les coupes et les chasses, tranches dorées, petit manque en marge d’un feuillet du catalogue (reliure de l’époque).
Édition originale, bien complète des 6 cartons qui modifient certains passages dans le premier tome, du feuillet d’errata et du catalogue du libraire en fin du second tome. Les Martyrs sont l’aboutissement d’un projet de Chateaubriand qui souhaitait écrire une épopée chrétienne, mêlant les derniers temps du paganisme aux vertus de la religion chrétienne naissante. «Le roman est habilement construit, d’un intérêt soutenu et les caractères y sont fort bien campés.» (Laffont-Bompiani, Dictionnaire des Œuvres). Il offre également une série de descriptions pour lesquelles Chateaubriand avait parcouru la Grèce, l’Asie mineure, la Palestine et l’Égypte durant l’année 1806. «Enfin non content de toutes ces études, de tous ces sacrifices, de tous ces scrupules, je me suis embarqué, et j’ai été voir les sites que je voulais peindre. Quand mon ouvrage n’auroit d’ailleurs aucun mérite, il auroit au moins l’intérêt d’un voyage fait aux lieux les plus fameux de l’histoire. […] Ainsi, en lisant les descriptions qui se trouvent dans les Martyrs, le lecteur peut être assuré que ce sont des portraits ressemblants, et non des descriptions vagues et ambitieuses. Quelques-unes de ces descriptions sont tout-à-fait nouvelles: aucun voyageur moderne, du moins que je sache, n’a donné le tableau de la Messenie, d’une partie de l’Arcadie, et de la vallée de la Laconie.» «Difficile à rencontrer en reliures de l’époque de belle qualité» selon Clouzot. Très bel exemplaire en maroquin à long grain de l’époque. Carteret, I, 162. Clouzot, 63. Vicaire, II, 284-286.
Paris, d'Houry, 1782. In-8 (156 x 190 mm), 683 pp., 1 p. bl. Maroquin rouge aux armes, triple filet doré encadrant les plats, fleurs de lis dorées en écoinçons, larges armes dorées au centre des plats, dos à nerfs orné, coupes et coiffes décorées, dentelle intérieure dorée, gardes de moiré bleu, tranches dorées, petites griffures et discrètes restaurations au premier plat, petit manque sur une garde à la fin du volume, infimes rousseurs éparses (reliure de l'époque).
L'annuaire officiel de la Cour au XVIIIe siècle. Cet almanach fut publié de 1700 à 1792 par Laurent d'Houry et ses héritiers successifs par autorisation expresse de Louis XIV. Il fut remplacé par l'Almanach national. "D'une sorte de calendrier qu'il était à l'origine, se contentant d'un "discours général sur les changements de l'air et autres événements de l'année" et de quelques prédictions politiques plus ou moins banales, l'Almanach devint un véritable annuaire officiel, n'ayant plus que faire des "discours" et des "prédictions" (Grand-Carteret). En plus de l'indispensable calendrier, on trouve notamment dans cet ouvrage les dates de naissance et d'alliances, la liste des membres du clergé, des responsables des Maisons royales, des officiers de l'armée, des acteurs de la vie politique (parlementaires, conseillers d'État, fermiers généraux…), des membres des ordres de chevalerie ; la liste des bibliothèques, des membres des Académies, des chirurgiens et pharmaciens royaux, des foires les plus importantes ; les heures de départ des postes pour le courrier et le transport de personnes… L'ouvrage s'achève par une table des matières. L'exemplaire de Louis Guillaume de Villevault (1716-1786), commissaire du roi à la compagnie des Indes puis intendant du commerce auprès du département de la Marine de 1767 à 1780/1871, avec large ex-libris gravé "A la teste noire". Il possédait notamment le domaine de Brestel en Rouessé-Fontaine, dans la Sarthe. Il est cité par OHR: "Fer frappé... sur un "Almanach royal, année 1783" (Bibl. de M. Caplain, à Compiègne". Il précise que Villevault possédait un certain nombre d'almanachs royaux. Bel exemplaire en maroquin aux armes. Grand-Carteret, Les Almanachs français, n°91, pp. 26-30. OHR, pl. 1350.
Galeries historiques de Versailles.
Paris, Charles Gavard, 1838-1849. 19 volumes grand in-folio (585 x 425 mm). Demi-chagrin rouge à coins, deux filets dorés en bordure sur les plats, dos à 6 nerfs ornés de caissons de filets dorés et à froid, armes dorées dans le caisson supérieur, chiffre dans le caisson inférieur, titre et tomaison en doré, têtes dorées, quelques feuillets brunis, restauration de papier sur un feuillet du t. VI sans atteinte au texte (reliure de l’époque).
Monumental ouvrage rassemblant plus de 1750 planches. L’ensemble des Galeries historiques de Versailles fut publié par souscription en 460 livraisons (462 selon Vicaire), dont la première fut annoncée le 1er mai 1837. Trois éditions étaient alors disponibles: une édition de luxe, format grand in-folio avec les gravures sur Chine, avec texte orné de vignettes, culs-de-lampe et ornements gravés sur bois; une édition format petit in-folio, avec les mêmes gravures et textes, mais sans les ornements; une édition format in-4 contenant un choix de gravures parmi les autres éditions. Très rare exemplaire de l’édition de luxe grand in-folio, qui plus est complet. Elle fut sans doute tirée à un nombre restreint tant il est rare de trouver la série complète dans ce format. Les 19 volumes rassemblent 1752 planches gravées sur acier au moyen du pantographe et du diagraphe et terminées à l’eau-forte et au burin par les meilleurs artistes de l’époque. Les feuillets de texte et les titres sont de plus ornés de nombreuses figures, bandeaux et culs-de-lampe, soit plus de 1150 ornements gravés sur bois pour l’ensemble. En 1836, Louis-Philippe avait accordé au polytechnicien Charles Gavard (Paris, 1794–Versailles, 1871) les droits exclusifs sur la reproduction de chaque œuvre du Musée historique de Versailles à l’aide d’un outil de son invention, le diagraphe. Présenté aux Salons de 1833 et 1834 et à l’Exposition des produits de l’industrie française de 1834, ce nouveau procédé constituait une aide au dessin permettant de tracer les contours d’un objet en suivant un point de mire. Il se révéla utile à plus d’un titre pour la réalisation de l’ouvrage: il permit en effet la production d’un nombre considérable de gravures en un temps record et assura leur large diffusion. Bien qu’il fut perçu par certains comme une menace pour l’art, le diagraphe ne pouvait remplacer le travail des artistes. Gavard avait ainsi confié à Luigi Calamatta et Paolo Mercuri la direction d'une équipe de 154 graveurs et 32 dessinateurs réputés, qui donnèrent toute leur force aux gravures des Galeries historiques. L’ouvrage est divisé en 11 séries dépeignant l’histoire de France des origines à Louis-Philippe, chacune divisée en sections. Le tome I est dévolu aux plans et vues (plans de Versailles, châteaux et demeures royales…) et aux premiers tableaux; les t. II à VII présentent les tableaux par périodes chronologiques, les t.VIII à XII les portraits des grands hommes, le t. XIII les statues et les bustes, ainsi que la liste des souscripteurs in-fine. Six volumes de suppléments complètent les différentes séries dont nous donnons le détail ci-dessous. Une table de classement des textes et gravures et une table alphabétique des personnages se trouvent à la fin du t. XIII et du t. supplément VI. Précieux exemplaire aux armes et au chiffre de Louis-Philippe Ier, qui entreprit la transformation de Versailles en musée. À son avènement en 1830, le roi Louis-Philippe s’attacha à faire du château de Versailles, symbole de l’Ancien Régime, un monument national dédié à la gloire de la France, de façon à réconcilier républicains, légitimistes et bonapartistes tout en inscrivant son règne dans l’histoire nationale. Il imagina un musée ouvert à tous présentant «une version officielle de l’histoire, accessible et visuellement stimulante» (Katie Hornstein). Les tableaux, les portraits et les bustes ainsi réunis à Versailles provenaient soit des dépôts de la couronne et des résidences royales, soit de commandes auprès d’artistes réputés (Horace Vernet, Delacroix, François Gérard…). Victor Hugo, présent à l’inauguration des galeries historiques en 1837, approuva «d’avoir donné à ce livre magnifique qu’on appelle l’histoire de France cette magnifique reliure qu’on appelle Versailles». Les 19 volumes des Galeries de Versailles en sont l’éblouissant catalogue. Exceptionnel exemplaire, certainement l'un des plus désirables. Brunet, II, 1508-1509. Graesse, III, 13. Vicaire, III, 950-952. Katie Hornstein, «Le diagraphe de Charles Gavard et l’âge de la reproduction mécanique visuelle en France», Histoire de l’art, n°70, juillet 2012, pp. 73-82. O. H. R., pl. 2577, fer n°11 pour le chiffre.
Paris, Jean Camusat, 1635. In-folio (368 x 236 mm), 20 ff. n. ch., 871 pp., 1 p. n. ch., 11 ff. n. ch. Maroquin noir, dos à nerfs orné à la grotesque au pointillé, titre et tranches dorés, feuillet de titre réenmargé, fines restaurations, étui moderne (reliure de l'époque).
Second tirage de cette très importante édition des Essais donnée par Melle de Gournay, illustrée d'un beau portrait gravé de Montaigne, et dédiée au Cardinal de Richelieu. Ce nouveau tirage corrige nombre d'erreurs qui étaient apparues dans le premier, publié par Toussaint Le Bray et ajoute au titre des armes dans les socles à l'antique. Dans de nombreux passages, cette édition revient au texte de l'édition de 1595, avec quelques inévitables rafraîchissements du vocabulaire. Pour Brunet, "Cette édition, dédiée au cardinal de Richelieu, l'emporte peut-être sur celle de 1595, à cause des pièces qui y sont jointes, et parce qu'elle donne la traduction des citations (...)". Notre exemplaire contient bien les 19 corrections portées à la plume par Mlle de Gournay elle-même, répertoriées par Sayce et Maskell, auxquelles elle fait référence dans sa longue préface : "nous avons pris la peine de corriger la plus part des erreurs avec la plume, & recueillir en un Errata bien exact le reste de celles qui peuvent importer". A titre d'exemple, à la p. 14, soy est corrigé en elle, à la page 18, forte devient haute. C'est un témoignage de l'exigence d'exactitude de celle qui s'était voulue la fidèle dépositaire de l'oeuvre de son père spirituel. Les traductions des citations grecques et latines, placées à la fin de chaque essai, répondent certainement à l'empire croissant du français sanctionné par la création de l'Académie française selon la volonté du Cardinal, quelques mois seulement avant la dédicace de Marie de Gournay. Précieux exemplaire en maroquin du temps. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, III, 1837. Tchemerzine, Éditions originales et rares XVe-XVIIIe siècles, VIII, 428. Sayce & Maskell, A Descriptive bibliography of Montaigne’s Essais 1580-1700, n°25.
Paris, Prault, 1737. 2 tomes en 2 volumes petits in-8 (162 x 88 mm), 2 ff. n. ch., 332 pp., 2 ff. n. ch.; 1 f. n. ch., 350 pp., 11 ff. n. ch. Maroquin rouge à coins ronds, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, double filet doré sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées, quelques taches au plat supérieur du t. II, petites rousseurs (Lortic fils).
Edition augmentée, illustrée d’un beau frontispice représentant l’apparition du diable et de 12 jolies figures par F. Dubercelle. Notre édition contient pour la première fois deux textes de l’abbé Laurent Bordelon : Les entretiens sérieux et comiques des cheminées de Madrid, et Les béquilles du diable. Les figures sont en second tirage, d’après l’édition de 1726. C’est le premier grand succès de Lesage. Célèbre conte à l’espagnole, sans le rire de «histoires comiques», le canevas est emprunté au Diablo cojuelo de Luis de Guevara auquel l’auteur a payé sa dette dans la préface. Le diable emporte un mortel sur les toits et observe les scènes dans les habitations, prétexte à de nombreuses discussions et satires sur les mœurs des parisiens. Le Diable boiteux est d’abord paru en 1707 mais Lesage en a repris l’ordonnance et en a presque doublé le volume en 1726. L’ouvrage connut un succès ininterrompu jusqu’au XIXe siècle et Favart en fit un bel opéra en 1782. Alain-René Lesage (Sarzeau, 1668-Boulogne, 1747) est resté attaché toute sa vie à la littérature espagnole à laquelle il avait été initié par l’abbé de Lyonne. Avant le Diable boiteux, il traduisit deux pièces de Fernando de Rojas et Lope de Vega, puis le Don Quichotte de Cervantès. Très bel exemplaire dans un maroquin rouge parfaitement exécuté par Lortic fils. A la fois relieur et doreur, Marcellin Lortic (1852-1928) succéda à son père en 1884 et travailla avec un souci constant de l'excellence jusque dans les années 1920. Ex-libris gravés Eugène Vincent (n° 126 ms.) et Denis Chambon, Marseille. Tchemerzine IV, 173. Cohen, 629. Fléty, p. 115.
Paris, Paul Ollendorff, 1890. In-12 (117 x 181 mm). 2 ff., 300 pp. Demi-maroquin orangé janséniste à coins, dos à nerfs, tête dorée, couvertures et dos conservés (Hans Asper).
Édition originale de ce roman sentimental réaliste, écrit dans une langue simple à l'opposé de l'écriture artiste en vogue. Il renferme de belles descriptions de la forêt de Fontainebleau, de la Normandie et du mont Saint-Michel, chers au coeur de l'auteur natif de Tourville-sur-Arques. Le dernier roman achevé de Maupassant. Maupassant, mort moins de trois ans plus tard, passe pour y avoir livré une sorte d'autoportrait au travers d'un personnage secondaire d'écrivain, comme l'a souligné Anatole France dans sa critique du Temps: «Il est impossible de ne pas reconnaître l'auteur de Bel-Ami en ce Gaston de Lamarthe qu'on nous dit “doué de deux sens très simples, une vision nette des formes et une intuition instinctive des dessous”». En cette année 1890, Maupassant était déjà fort atteint par la syphilis qui allait l'emporter au rapport du Journal d'Edmond de Goncourt qui le voit à l'occasion de l'inauguration d'un monument Flaubert à Rouen : "(...) ... Je suis frappé, ce matin, de la mauvaise mine de Maupassant, du décharnement de sa figure, de son teint briqueté, du caractère marqué, ainsi qu'on dit au théâtre, qu'a pris sa personne, et même de la fixité maladive de son regard. Il ne semble pas destiné à faire de vieux os» (23 novembre 1890). Il entreprendra en 1891 un roman intitulé L'Angélus qu'il ne parvient pas à achever. Bel exemplaire, dans une sobre demi-reliure du genevois Asper. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, II, p. 122. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 198. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V, col. 622.
Paris, Jouaust Librairie des Bibliophiles, 1886. In-8 (217 x 131 mm), 2 ff. n. ch., 239 pp., 1 p. bl., 2 ff. n. ch. Reliure à la bradel, percaline crème, dos lisse orné d'un fleuron et de la date en pied dorés, pièce bleu nuit portant le titre et l'auteur en doré, couvertures conservées, infimes rousseurs au début de l'ouvrage, dos légèrement assombri (Pierson).
Troisième édition, illustrée d’un portrait de l’auteur en frontispice et de 6 figures gravées à l’eau-forte, en double état, par Champollion, d’après Julien Le Blant. Ce roman s'inspire librement de la vie du héros chouan Jacques Destouches de La Fresnay. Un des 25 exemplaires sur Chine, avec figures en double état. Exemplaire partiellement non coupé, aux marges non rognées. Jacques Destouches (Granville, 1780-Caen, 1858) était issu d'une famille d'armateurs; jeune courrier royaliste entre Granville et Jersey, il fut arrêté sur dénonciation en juillet 1798 puis condamné à mort, il est secouru par un coup de force chouan. Exilé en Angleterre et placé dans une maison de santé à cause de troubles mentaux, il revint en France sous la Restauration en 1823. Ayant rechuté, il est interné en 1826 à l'asile du Bon-Sauveur à Caen où il mourut. Barbey l'y rencontra en 1856. L'exemplaire est en reliure d'époque signée de Henri-Joseph Pierson qui fut notamment le relieur des frères Goncourt. Relieur du dernier tiers du XIXe siècle, établi 30 rue Mazarine, il obtint une médaille d'argent à l'exposition de 1878. Henry Joseph lui succéda en 1895. Bon exemplaire en reliure de Pierson. Talvart et Place, Bibliographie des auteurs modernes…, I, p. 216. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, I, 109-110. Fléty, Dictionnaire des relieurs français…, p. 144.
Paris, Ollendorff, 1890. In-12 (142 x 192). 2 ff. n. ch., 233 pp., 1 p. bl., 1 f. n. ch. Broché, premier plat de couverture illustré, dos jauni, plats et gardes légèrement brunis, petite faiblesse au dos en pied.
Edition originale, 1 des 100 exemplaires numérotés sur hollande, seul grand papier, tel que paru. Ce recueil de sept récits a été composés par Maupassant lors d'un voyage en Méditerranée. Maupassant réalisa une enquête journalistique, attiré par l'exotisme de l'Italie du sud et du du Maghreb. Ce recueil renferme les textes suivants: Lassitude; La Nuit; La côte italienne; La Sicile; D’Alger à Tunis; Tunis; Vers Kairouan. C'est une oeuvre de la maturité d'un auteur qui mourra seulement trois ans plus tard de la syphilis. Maupassant lecteur de Baudelaire et Rimbaud La Nuit cite des vers de Baudelaire («Correspondances», Les Fleurs du mal) et reproduit surtout in-extenso le fameux Sonnet des voyelles de Rimbaud (p. 19), alors une nouveauté, paru en revue dans Lutèce (1883) avant d’être repris dans les Poètes de Verlaine l’année suivante. On note deux variantes par rapport au texte authentique: bourdonnent (v. 4) au lieu de bombillent; ombrelles au v. 6 au lieu d’ombelles. Maupassantfait suivre sa citation de ce commentaire : «A-t-il tort, a-t-il raison? Pour le casseur de pierre des routes, même pour beaucoup de nos grands hommes, ce poète est un fou ou un fumiste. Pour d’autres, il a découvert et exprimé une absolue vérité (…)». Parfait exemplaire non rogné, tel que paru. Talvart et Place, Bibliographie des auteurs modernes…, XIII, p. 260. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 198. Stendhal, Baudelaire, et leurs émules, cat. Bérès 92, n°773.
Paris, A. Romagnol, 1911. In-4 (289 x 204 mm), 282 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture imprimée rempliée, chemise et étui.
Exemplaire de tête sur Japon avec trois états des eaux-fortes. Cette édition est illustrée d'un portrait-frontispice et de 51 eaux-fortes originales de Lobel-Riche. Cet exemplaire est un des 150 premiers, imprimés sur papier du Japon ou sur vélin Van Gelder Zonen, comportant trois états des gravures dont l'état terminé, l'eau-forte pure, et l'état terminé avec remarques. Celui-ci fut tiré sur papier Japon. L'ouvrage fut imprimé à 352 exemplaires au total. “Très belle publication cotée, qui mérite encore plus d'attention, car elle prouve que, même sans couleur, un graveur de grand talent comme Lobel-Riche est capable de donner toutes les satisfactions avec l'eau-forte originale en noir.” (Carteret). Très bel exemplaire. Mahé, Bibliographie des livres de luxe…, II, col. 250. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 338. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°9629.
Paris, Marie-Françoise Dumur, 1982-1986. In-4 (300 x 245 mm), 43 ff. n. ch. Veau ivoire, décor de stries et d'aplats sur les plats, jeux d'ombres, titre et auteur sur le premier plat, dos muet, chemise, étui (Marie-Françoise Dumur, mars 1986).
Exemplaire unique. Cet ouvrage fut entièrement réalisé à la main par l'artiste Marie-Françoise Dumur. Le texte de René Char est entièrement manuscrit. L'ouvrage est décoré et illustré à l'aquarelle et à la gouache sur papier d'Arches. Il fut dédicacé par René Char : “A Marie-Françoise Dumur, reconnaissant et ici même. R. C.”, à qui l'artiste avait adressé une lettre pour le rencontrer. Le poète lui répondit qu'il la recevra: “en me réjouissant de connaître votre travail sur Partage formel.” Il cite le nom du grand historien Pierre Vidal-Naquet qui servit d'intermédiaire entre eux. La lettre et son enveloppe furent reliées dans l'exemplaire. Exceptionnelle réalisation originale et unique, qui fut appréciée par René Char.
Histoire des comtes d'Hollande et estat et gouvernement des Provinces-Unies du Pays-Bas.
Paris, Simeon Piget, 1666. In-12 (77 x 138 mm). 4 ff. n. ch., 424 pp. Maroquin vieux rouge, double filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, gardes et coiffes travaillées, discrètes restaurations sur les mors et coiffes, petits frottements sur les plats, coins légèrement émoussés, petite mouillure angulaire sur les premiers feuillets, infimes rousseurs éparses (reliure de l'époque).
Seconde édition en français, traduite des Principes Hollandiae et Westfrisiae de Pieter Schrijver (Scriverius) qui avait paru à Haarlem en 1650. Notre édition suit l'elzévirienne publiée à La Haye par Adrian Vlaq en 1664. Ce volume contient l'histoire de la Hollande et des Pays-Bas, assortie des généalogies des familles des princes et comtes, insistant sur leur système de gouvernement et leur histoire politique depuis l'an 863 jusqu'en 1662. Scriverius (Haarlem 1576-Leyde 1660) publia des éditions de classiques latins (Martial, Sénèque, Apulée) et fut un promoteur de la langue néerlandaise et de l'histoire nationale hollandaise. Il n'accepta ni emploi, ni plus tard de chaire lorsqu'il fut connu pour son travail d'historien, se montrant satisfait de suppléer selon les besoins les professeurs de collèges de l'université de Leyde. Elégant exemplaire en maroquin rouge de l'époque. Petite note manuscrite de main ancienne sur la page de titre ; quelques annotations (pp. 27, 29, 120, 222), indiquant des références historiennes anciennes (Florus, Plutarque). Ex-libris ancien biffé sur une garde. Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, II, 743. Willems, Les Elzevier, n°1729.
La Légende de Saint Julien l'Hospitalier.
Léon Courbouleix [vers 1950]. In-4 (321 x 250 mm), 2 ff. blancs, 36 ff. En feuilles, couverture illustrée rempliée, dos légèrement froissé.
Cette “édition recherchée” (Carteret) fut entièrement gravée à l'eau-forte, texte et illustrations, et imprimée sur la presse à bras par Léon Courbouleix. Elle comprend 44 illustrations gravées à l'eau-forte, dont une sur la couverture, une vignette de titre et 42 dans le texte dont 3 à pleine page, in-texte et culs-de-lampe. Chaque planche, à l'exception de celle justificative, est encadrée d'une frise florale tirée en bistre. Les grandes capitales en tête de paragraphe furent remplies et colorées en rouge. Un des dix exemplaires hors commerce, sur Japon supernacré, enrichi de deux aquarelles originales. Cet ouvrage fut tiré à 300 exemplaires, dont quinze sur Japon, et 10 exemplaires hors commerce. Cet exemplaire est un des 10 hors commerce tirés pour l'artiste sur papier Japon supernacré et revêtu de sa signature. Il est enrichi de deux aquarelles originales ayant servi pour l'ouvrage et d'une suite en sanguine des hors-texte, du titre, des têtes de chapitre et de la couverture, comme pour les quinze exemplaires de tête sur Japon impérial. Bel exemplaire. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 158. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°4653.
Paris, Éditions du bâteau ivre, 1946. In-12 (118 x 185 mm), 234 pp., 3 ff. n. ch. Broché, couverture grise imprimée d'éditeur, dos légèrement insolé.
Édition originale avec envoi. Ce roman est accompagné au faux-titre de l'envoi : à Pierre Cheymol cette vieille histoire pour rajeunir nos prochaines rencontres. Amitiés Jacques Baron 12 nov. 74. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, Éditions surréalistes, 1965. In-4 (224 x 280 mm), 15 ff. n. ch., Broché, couverture illustrée d'éditeur, rempliée.
Édition orignale avec envoi à Pierre Cheymol. Ce recueil de poèmes est illustré de 4 illustrations de Jean Benoît. Cet ouvrage a été imprimé à 151 exemplaires numérotés. Georges Sebbag n'annonce que 134 exemplaires par rapport à la justification et donc seulement 8 exemplaires hors commerce au lieu de 25. Cet exemplaire est un des 100 (n°86) dans le format in-4 carré avec l'envoi : Mets et tor le jor du cri, le cri du ri que tu dis, Pierre avec Sylvie. Vincent. Cet exemplaire est enrichi d'une carte postale signée par Vincent Bounoure représentant une grotte de laveuses à Royat. L'auteur évoque son lieu de villegiature et regrette l'absence de chats. On a joint également une carte postale représentant une œuvre de Jean Benoît et annonçant une exposition de collages surréalistes qui eut lieu du 19 décembre 1978 au 13 janvier 1979 à la galerie le Triskele à Paris. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Très bel exemplaire. Sebbag, Les Éditions surréalistes, Paris, Imec éditions, 1993, p. 146, n°53.
Lausanne, Aux escaliers de Lausanne, 1950. In-8 (237 x 187 mm), 224 pp., 30 ff. n. ch. Broché, partiellement non coupé, papier uniformément bruni.
Édition originale, pour laquelle il n’a pas été tiré de grand papier. L’ouvrage comprend le roman de Jean Isidore Isou, un Essai sur la définition, l’évolution et le bouleversement total de la prose et du roman et une «préface-défide l’éditeur-métagraphe» Maurice Lemaître. Il est illustré in fine de 50 planches métagraphiques de Jean Isidore Isou tirées en bleu, rouge et jaune illustrant l’Ancien Testament selon les principes du «roman isouien». De la bibliothèque Pierre Cheymol, avec son ex-libris gravé. Bon exemplaire.
Paris, Seghers, 1967. In-4 (200 x 260 mm), 57 pp., 2 ff. n. ch. En feuilles, couverture ocre imprimée d'éditeur à rabats, chemise en demi-chagrin marron, titre et auteur en long au dos, étui bordé (P. Goy & C. Vilaine).
Édition originale avec envoi, enrichie de manuscrits de l'auteur. Jean-Louis Bédouin (Neuilly sur Seine 1929-Paris 1996) fut l'un des principaux animateurs du groupe surréaliste parisien d'après guerre. Il participa aux diverses revues comme Médium et Bief et fut l'auteur d'un des premiers essais sur André Breton (1950). Il sera de ceux qui ne se résignent pas à la dissolution de 1969 et poursuivent quelque temps l'aventure à travers le Bulletin de liaison surréaliste. Il est auteur de Vingt ans de Surréalisme (1961), de "picto-poèmes" (L'Arbre descend du singe), d'émissions de radio et du film L'invention du monde (réalisé avec Zimbacca et Péret, 1951). Libre espace est le premier recueil de poèmes de Jean-Louis Bédouin. Suivront L'Arbre descend du singe (1975) et L'Épaule du large (1992). Cet ouvrage a été imprimé à 466 exemplaires. Celui-ci est un des 16 hors commerce marqué H. C. sur vélin de Hollande avec une eau-forte originale de Jorge Camacho. On peut lire au faux-titre l'envoi : à Pierre et Sylvie Cheymol, pour leur bibliothèque sous la mer, avec mon amitié affectueuse, J.-L. Bédouin. Cet exemplaire est enrichi des documents suivants : - Trois poèmes manuscrits tirés de l'ouvrage signés et datés par Jean-Louis Bédouin. On remarque que le poème Libre espace s'intitulait d'abord Cher espace. Le manuscrit de L'oreille interne comprend deux corrections : un changement de mot pour un autre et une phrase rayée. - Une extraordinaire lettre de deux pages de Jean-Louis Bédouin adressée à Pierre et Sylvie Cheymol : Je plonge dans l'état de veille comme un noyé dans un sac. J'émerge parfois d'un rêve, pour me passer à travers le corps l'épée creuse du petit jour. Le stylo est un stylet de comédie. Vous me retrouverez bien mort, en costume de plage, place d'Enfer… - Trois poèmes tapuscrits de Jean-Louis Bédouin dont un dédié à Pierre et Sylvie Cheymol. Le premier est daté du 20 janvier 1969 (2 pages), le deuxième du 2 mai 1969 (3 pages) et le dernier du 27 juillet 1969 (2 pages). - Une carte postale signée J.-L. adressée à Pierre Cheymol. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Exemplaire unique.
Paris, Éditions surréalistes, 1967. In-4 (160 x 280 mm), 55 pp., 1 f. n. ch. Broché, couverture crème imprimée d'éditeur rempliée, chemise demi-chagrin rouge, titre, auteur, illustrateur et éditeur en doré, étui bordé (P. Goy & C. Vilaine).
Édition originale avec envoi et dessin original de Camacho, enrichie de "Talismans" inédits de la main de l'auteur. Cet ouvrage met en regard des poèmes de Vincent Bounoure et des illustrations de Jorge Camacho pris dans un cercle de couleur, l'ensemble décrivant l'avers et le revers d'une médaille. Dans la présentation du livre on trouve quelques indications sur la création de l'ouvrage. L'intention du poète et de l'artiste était de "blasonner sur le corps féminin". Bounoure et Camacho étaient tous deux face à face pendant le processus de création. Cet ouvrage a été imprimé à 651 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 600 (n°375) sur vélin blanc. Il comprend le double envoi du poète et de l'artiste : À Pierre et Sylvie avec l'amitié de Camacho. Et le loup au front de Vincent Bounoure. L'envoi de Camacho est accompagné d'un superbe dessin à l'encre. Cet exemplaire est enrichi d'un bi-feuillet manuscrit écrit à l'encre rouge intitulé Suite libre des Talismans (texte) 1967. Il comprend six poèmes autographes inédits signés Vincent Bounoure et est accompagné d'un envoi à l'encre noire : Pour Sylvie et Pierre avec l'amitié de VB (décembre 1972). Ces six poèmes devaient faire écho aux six eaux-fortes supplémentaires de Camacho que l'on trouve dans les 50 exemplaires sur vélin d'Arches. Le bi-feuillet renferme une photographie de l'auteur datée de mars 1976. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Exemplaire à l'état de neuf. Sebbag, Les Éditions surréalistes, Paris, Imec éditions, 1993, p. 147, n°54.
Paris, G.L.M., 1952. In-12 (120 x 192 mm), 28 pp., 1 f. n. ch. Broché, couverture bleue imprimée d'éditeur, dos et marge supérieure légèrement passés.
Édition en partie originale. "Recueil collectif comprenant "Lascaux", "Transir", "Quatre fascinants" et "La Minutieuse". Ces deux dernières parties avaient été publiées en un volume en mars 1931." (Les Éditions G. L. M. 1923-1974, p. 76, n°361). Cet ouvrage a été imprimé à environ 975 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 920 (n°371) sur vélin. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris manuscrit et gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, Alphonse Lemerre, 1882. In-12 (180 x 119 mm), 1 f. n. ch., 153 pp. Demi-chagrin maroquiné bordeaux, dos janséniste à nerfs, titre, auteur et date en doré, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (P. Goy & C. Vilaine).
Édition originale avec envoi et corrections autographes de l'auteur. Le Sang des dieux est le premier recueil de poésies par Jean Lorrain. Dédié à Leconte de Lisle et publié à compte d'auteur, il sera le tremplin qui le fera connaître aux grands écrivains de son temps. Cela fait tout juste deux ans que l'auteur s'est définitivement installé à Paris pour mener une carrière littéraire. Il fréquente le Chat noir, rencontre les hydropathes et les zutistes, Jean Moréas et Jean Richepin. Lors de la publication du Sang des dieux, il se fait remarquer par Jose-Maria de Heredia et Leconte de Lisle. François Coppée est le premier à signaler le volume dans la presse. Lorrain ne tardera pas à rencontrer Robert de Montesquiou, Edmond de Goncourt, Barbey d'Aurevilly, Huysmans, Laurent Tailhade, Léon Bloy… Cet exemplaire comprend l'envoi : À monsieur Armand d'Artois, à la chanson du printemps, sympathique et sincère hommage Jehan Lorrain. L'auteur a également indiqué à la mine de plomb sept corrections : variantes, ajouts de mots oubliés dans la composition du texte et modifications typographiques. Jules François Armand Dartois de Bournonville (1845-1912), qui signait Armand d'Artois, fut conservateur à la bibliothèque Mazarine de 1884 à 1912 et auteur d'un roman et de pièces de théâtre. En 1882, il était déjà l'auteur de plusieurs pièces dont une en collaboration avec François Coppée (La Guerre de Cent ans, 1878). Il acquit une certaine notoriété pour son adaptation de Lorenzaccio de Musset pour Sarah Bernhardt en 1896. Cet ouvrage a été imprimé à 525 exemplaires numérotés, 500 sur vélin teinté et 25 sur Hollande. Celui-ci, sur vélin teinté n'est pas numéroté. Il est illustré d'un frontispice en héliogravure reproduisant un dessin de Gustave Moreau. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire parfaitement établi. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V, p. 399 ; Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes…, XII, p. 308.
Les Quatre temps suivi de L'imitation sentimentale.
Paris, Seghers, 1956. In-12 (133 x 175 mm), 76 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture rouge et blanche illustrée d'éditeur.
Édition originale avec envoi. Cet ouvrage est illustré d'un portrait de l'auteur par Gaston-Louis Roux. Il comprend l'envoi : à Pierre Cheymol en toute amitié Jacques Baron. Les trois premiers poèmes de ce recueil, bien que chacun ait été écrit à plusieurs années d'intervalle, et dans des circonstances très différentes, me semblent former comme une histoire d'un homme qui se demande continuellement ce qui se passe et qui ne trouve pas de réponse satisfaisante, ni en lui-même, ni au-dehors… De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Traité physique et historique de l'Aurore boréale.
Paris, Imprimerie royale, 1754. 1 In-4. Veau fauve marbré, armes sur les plats, dos à nerfs orné, pièce de titre en maroquin rouge, double filet sur les coupes (reliure d'époque).
Seconde édition, la plus complète, revue et augmentée de plusieurs éclaircissements. Ami de Voltaire, membre de plusieurs académies des Sciences et doué d'une prodigieuse culture historique et artistique, Mairan écrivit de nombreux traités et mémoires sur les sujets les plus divers. Chargé de trouver une méthode de jaugeage des bateaux afin de prévenir les fraudes et les abus ou encore de perfectionner la conservation des aliments par l'utilisation de la glace, il était soucieux de trouver les applications pratiques et utiles à toutes ses recherches. Son talent d'écrivain le fit entrer à l'Académie française en 1743. Villemain dit de lui qu'il découvrit là où Fontenelle avait agréablement parlé… L'ouvrage est illustré de 17 planches dépliantes contenant 36 figures d'après P. Simmoneau. Plusieurs planches gravées représentent des aurores boréales et la voûte céleste. Son Traité de l'aurore boréale, sujet pourtant abstrait, est un modèle de clarté et d'exactitude. Ses recherches sur la composition de l'atmosphère, de la lumière et de l'influence de l’activité solaire sont de toute première importance. Exceptionnel exemplaire du duc de La Vallière. Petit-neveu de la duchesse de La Vallière, favorite de Louis XIV, Louis-César de la Baume Le Blanc, duc de la Vallière (1708-1780), fut l’un des plus puissants seigneurs de la Cour de Louis XV. Il fut l’un des plus grands bibliophiles du XVIIIe siècle. Avec l'aide de son bibliothécaire, l'abbé Rive, il rassembla une bibliothèque choisie, achetant des bibliothèques entières et revendant les ouvrages qu'il avait en double. Sa bibliothèque a été vendue en trois vacations en 1767, 1783 et 1788. Une partie en a été acquise par le comte d'Artois et incorporée au fonds de la bibliothèque de l'Arsenal. Les exemplaires aux armes du duc de La Vallière sont devenus rares. Très bel exemplaire en veau du temps.
Paris, Rieder, 1934. In-12 (117 x 186 mm), 246 pp. Broché, couverture jaune imprimée d'éditeur.
Édition originale avec envoi. Cet exemplaire de service de presse comprend l'envoi : à M. Cl. Bordas. Très cordial souvenir. Philippe Soupault. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, N.R.F., 1926. In-12 ; 65 pp., 1 f.n.ch. Broché, couverture crème imprimée d'éditeur.
Édition originale. Un des 718 exemplaires numérotés sur vélin Navarre (n°180). Illustré en frontispice d'un portrait de l'auteur sur bois par Joseph Sima. Les poèmes de Jouve publiés entre 1925 et 1937 représentent un des plus hauts sommets de la poésie du vingtième siècle. La Vita Nuova a commencé en 1925 par la publication chez Stock des MystÈrieuses Noces, suivie en 1926 des Nouvelles Noces. Lors de la réunion de ces deux recueils, en 1928 au Sans Pareil sous le titre de Noces, Jouve annonce dans la postface sa rupture avec son œuvre antérieure à 1925. Très bel exemplaire. Provenance : Bibliothèque de Pierre Cheymol (ex-libris gravé).
Paris, Éditions Sansot, 1925. In-12 (140 x 192 mm), 130 pp., 1 f. n. ch. Broché, couverture orange imprimée d'éditeur, dos légèrement insolé.
Édition originale avec envoi. Ce recueil de poèmes imite l'haï-ku, forme de poésie courte d'origine japonaise. On peut lire au faux-titre l'envoi : à Monsieur Dolques en très amical hommage Maurice Heim. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, H. Piazza, 1922. In-8 (163 x 231 mm), 160 pp., 3 ff. n. ch. Broché, couverture violette imprimée d'éditeur rempliée, étui.
Exemplaire sur Japon enrichi d'une aquarelle originale. Cette "Belle publication très cotée en grand papier" (Carteret) est illustrée de 41 compositions d'Henri Cassiers en couleurs rehaussées : 1 frontispice, 15 à pleine page et 25 in-texte. Cet ouvrage a été imprimé à 900 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 140 sur Japon contenant une suite en noir venant après 40 sur Japon avec une suite en couleurs et une en noir et avant 720 sur Vélin. Cet exemplaire est enrichi du prospectus de souscription illustré d'une aquarelle originale d'Henri Cassiers signée. Très bel exemplaire. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 391 ; Mahé, Bibliographie des livres de luxe…, III, p. 642.
Mainpierre, 1976. In-folio (280 x 380 mm). En feuilles sous chemise rempliée de papier fort, emboîtage sculpture de Jean-Jacques Morvan en toile grise, bouchons de liège flottés, collés dans une découpe, sur fond ocre, blanc et noir, quelques rousseurs sur le dos de la couverture.
Les poèmes de Tristan Corbière sont illustrés de 37 belles lithographies originales en couleurs de Jean-Jacques Morvan. L’ouvrage, tiré à 135 exemplaires sur vélin d’Arches (n°84), a été conçu par Jean-Jacques Morvan, ainsi que la couverture: un filet de pêche noyé dans la pâte à papier. Il a été imprimé par l’imprimerie Grou-Radenez. Chaque exemplaire est unique car le filet a une forme et une couleur différente; de même que l’emboîtage sculpture est décoré de bouchons de liège flottés que l’artiste a ramassé sur la grève. Ce premier livre édité par MAINPIERRE a été achevé pour les marées d’équinoxe de septembre 1976. Bel exemplaire du plus célèbre ouvrage de l’artiste.
Marseille, Les Cahiers du Sud, 1929. In-12 (140 x 190 mm), 82 pp., 1 f. bl., 1 f. n. ch. Broché, couverture blanche imprimée d'éditeur.
Édition originale avec envoi, enrichie d'une carte postale signée de l'auteur. Cet recueil de poèmes est illustré d'un frontispice de Max Ernst. C'est le dixième et le dernier de la collection "Poètes" a été tiré à 418 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 400 (n°378) sur Alfa. On peut lire au faux-titre l'envoi : Pour Pierre Cheymol ces paroles d'ancien temps pour une année nouvelle avec ma fidèle amitié. Jacques Baron 26-12-85. Et mon bon cœur à Sylvie. Cet exemplaire est enrichi d'une carte postale du Pont au diable envoyé par Jacques Baron à Pierre et Sylvie Cheymol. De la bibliothèque de Pierre Cheymol. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Martinique charmeuse de serpents.
Paris, Éditions du Sagittaire, 1948. In-12 (138 x 187 mm), 111 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture illustrée d'éditeur.
Édition originale. Ayant obtenu un visa d'entrée aux États-Unis grâce à l'action du Comité de secours américain aux intellectuels, Breton quitte Marseille au printemps de 1941, accompagné de Jacqueline et de leur petite fille Aube et fait une escale forcée à la Martinique. Ce séjour inspirera certains poèmes en prose de cet ouvrage. Breton découvrira à la Martinique la nature tropicale dont la "végétation forcenée" concilie à ses yeux "le saisissable et l'éperdu, la vie et le rêve" et rejoint la mythologie de l'enfance. Cette période marque aussi le moment de l'importante rencontre entre Aimé Césaire et André Breton. Cet ouvrage est illustré de compositions d'André Masson in-texte et à pleine page en noir et en bleu. De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris manuscrit et gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Aventure de Catherine Crachat.
Paris, Egloff, 1947. In-8 (134 x 206 mm), 422 pp., 7 ff. n. ch. Broché, couverture blanche imprimée d'éditeur rempliée, petites piqûres au premier plat.
Première édition collective avec envoi au peintre Marcel Gromaire. Cette édition réunit pour la première fois sous le titre d'Aventure de Catherine Crachat les deux romans Hécate (1928) et Vagadu (1931). Cet exemplaire de service de presse comprend l'envoi : pour le peintre M. Gromaire avec grande estime et sympathie. Pierre Jean Jouve 3 octobre 1947. Marcel Gromaire (Noyelle-sur-Sambre 1892-Paris 1971), peintre et graveur français. Fortement influencé par Cézanne, il a su affirmer un style personnel différent du cubisme. Il obtint de nombreux prix et fonda avec Jean Lurçat la nouvelle école d'Aubusson. Il s'est attaché à représenter la vie des ports, les travaux rustiques, des nus, des paysages urbains (Paris, New-York)… Gromaire fut aussi l'un des grands graveurs de la première moitié du XXe siècle. Il illustra notamment Baudelaire, Aloysius Bretrand, Shakespeare… De la bibliothèque de Pierre Cheymol avec son ex-libris gravé. Médecin, auteur de cinq ouvrages chez José Corti, en particulier des Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum… Bel exemplaire.
Paris, Gallimard, 1967. In-12 (196 x 124 mm), 274 pp., 2 ff. n. ch., 1 f. bl. Couverture à rabats, haut des plats et dos légèrement jaunis.
Edition originale, un des 105 exemplaires sur vélin Lafuma, après 30 sur Hollande, seuls grands papiers.Ces textes de théâtre sont trois comédies grinçantes de Marcel Aymé, dont deux en un acte.Ex-libris de Pierre Cheymol, médecin de son état, auteur de cinq ouvrages chez José Corti dont les Aventures de la poésie (1988). Il écrivit dans les deux dernières revues surréalistes : le B.L.S. et Surréalisme. Il était très lié avec Jacques Baron, Jean-Louis Bédouin, Vincent Bounoure, Jorge Camacho, Marianne Van Hirtum…Bon exemplaire.
Paris, Paul Ollendorff, 1890. In-12 (180 x 116 mm). Maroquin rouge, double filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, titre, auteur, lieu et date en pied dorés, décor doré sur les chasses, non rogné, tête dorée, couvertures conservées , petit accroc à un nerfs (reliure début XXe).
Édition originale de ce roman sentimental réaliste, écrit dans une langue simple à l'opposé de l'écriture artiste en vogue. Il renferme de belles descriptions de la forêt de Fontainebleau, de la Normandie et du mont Saint-Michel, chers au coeur de l'auteur natif de Tourville-sur-Arques. Le dernier roman achevé de Maupassant. Maupassant, mort moins de trois ans plus tard, passe pour y avoir livré une sorte d'autoportrait au travers d'un personnage secondaire d'écrivain, comme l'a souligné Anatole France dans sa critique du Temps: «Il est impossible de ne pas reconnaître l'auteur de Bel-Ami en ce Gaston de Lamarthe qu'on nous dit “doué de deux sens très simples, une vision nette des formes et une intuition instinctive des dessous”». En cette année 1890, Maupassant était déjà fort atteint par la syphilis qui allait l'emporter au rapport du Journal d'Edmond de Goncourt qui le voit à l'occasion de l'inauguration d'un monument Flaubert à Rouen : "(...) ... Je suis frappé, ce matin, de la mauvaise mine de Maupassant, du décharnement de sa figure, de son teint briqueté, du caractère marqué, ainsi qu'on dit au théâtre, qu'a pris sa personne, et même de la fixité maladive de son regard. Il ne semble pas destiné à faire de vieux os» (23 novembre 1890). Il entreprendra en 1891 un roman intitulé L'Angélus qu'il ne parvient pas à achever. Bel exemplaire, en maroquin rouge. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, II, p. 122. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 198. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V, col. 622.
Paris, Collection Littérature, 1924. In-8 carré (211 x 163 mm), 6 ff. n. ch. Broché, couverture orange, premier plat imprimé, dos un peu sali, chemise en demi-chagrin rouge, titre, auteur et date dorés, étui bordé, plats recouverts d'un beau papier flammé (P. Goy & C. Vilaine).
Edition originale, illustrée d’un frontispice de Man Ray. Tirage limité à 201 exemplaires numérotés. 1 des 120 exemplaires sur vélin (celui-ci n° 97), enrichi d’un bel envoi autographe de Benjamin Péret : « A Jacques Decourt. Nous grandissons dans le bruit des coups de pioche. Benjamin Péret ». Ce vers reprend le vers 9 du 3e poème du recueil. Cette plaquette qui rassemble 6 courts poèmes est la troisième publication de Benjamin Péret (Rezé, Loire-Atlantique, 1899-Paris, 1959) après Le Passager du transatlantique et Au 125 du boulevard Saint-Germain. Comme les deux premiers essais de Péret, ce recueil témoigne de l’état d’onirisme et de liberté verbale caractéristique du surréalisme. Médecin neurologue, professeur à la Faculté de médecine de Paris, Jacques Decourt (1898-1989) fut un compagnon de route des surréalistes. Le poème « La Carrière du printemps » d’Aragon lui est dédié. D’abord tenté par une carrière littéraire, il choisit la médecine par tradition familiale. Ses mémoires ont paru en 1985 aux éditions La Pensée universelle sous le titre Un sentier dans le siècle. Bel exemplaire conservé dans une délicieuse réalisation de Goy & Vilaine. De la bibliothèque de Tristan Tzara, Paris, 4 mars 1989, n° 310.
Paris, Editions de la sirène, 1920. In-12 (172 x 130 mm), 302 pp., 1 f. n. ch. Broché, dos cassé, petits manques de papier aux coiffes.
Édition originale. Tirage à 1245 exemplaires, celui-ci un des 1200 sur vergé anglais (avec les initiales de l’auteur). Ex-libris gravé volant de Pierre Cheymol (1918-1991), écrivain proche des derniers surréalistes, et étiquette de Georges Crès. Bon exemplaire. Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes…, X, p. 19.
Bruxelles, Adolphe Stapleaux, 1815. In-8 (116 x 197 mm), 129 pp. ; 19 pp., 1 f. n. ch. Maroquin rouge, encadrement de filet et de roulettes, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin vert, filet sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale. Ce mémoire prend la défense des membres de la commission des hospices civils de Tournai contre l'abbé d'Ysembart, auteur d'un libelle diffamatoire à leur égard. L'abbé d'Ysembart reproche aux membres de la commission de n'avoir pas respecté les termes du testament de l'abbé Leclercq, fondateur de l'hospice de Montifaut à Tournai. Il accuse notamment la commission d'avoir spollié les biens de l'hospice et de ne pas l'avoir nommé maître chapelain de l'établissement, poste qu'il estime lui revenir de droit. Le libelle fut propagé dans toute la région, dans les ministères et jusqu'au prince lui-même. La défense de l'avocat est suivie du compte-rendu du tribunal. Sa plaidoirie fut entendue car l'abbé d'Ysembart fut reconnu coupable de calomnie et condamné par contumace à deux mois de prison, à mille francs d'amende, au paiement des frais de justice, au versement de dix mille francs de dommages et intérêts ainsi qu'à la publication à 300 exemplaires de ce mémoire. Le texte indiquant que l'abbé d'Ysembart avait fuit en France, nous ne savons pas s'il fut imprimé à ses frais. L'auteur de cette défense, le comte Charles Amé Joseph Le Hon (Tournai 1792-Paris 1868), connut par la suite une grande carrière politique. D'abord avocat, il fut élu député à la seconde chambre des états généraux pendant la période néerlandaise, puis au Congrès national en 1830 et fit partie, en 1831, de la délégation de députés envoyés à Paris proposer la couronne à Louis d'Orléans. Il négocia le mariage de Louise d'Orléans avec Léopold Ier, fut ambassadeur à Paris, député à la chambre des réprésentants de Belgique et enfin ministre d'état en 1856. Son épouse, Fanny Mosselman du Chenoy, femme d'esprit, douée de talents artistiques et possédant une beauté qu'on disait éblouissante, institua un prestigieux salon parisien de tendance orléaniste. Devenue la maîtresse de Charles, duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, son amant construisit l'Hôtel qui porte son nom au rond-point des Champs-Élysées. Il fit aussi ériger une demeure voisine de la sienne le rapprochant de sa maîtresse. Fanny Le Hon créa en ces lieux un des grands salons du quartier des Chamsp-Élysées du second Empire. Très bel exemplaire en maroquin rouge de l'époque.
Numa Pompilius, second roi de Rome.
Paris, Didot l'aîné, 1786. In-8 (113 x 185 mm), 2 ff. n. ch., 418 pp., 1 f. n. ch. Maroquin rouge, triple filet d'encadrement, dos lisse orné, pièces de titre et d'éditeur avec la date en maroquin olive, filets sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées, faux-titre remonté sur onglet, coiffe supérieure légèrement fendillée (reliure de l'époque).
Édition originale. Ce récit est inspiré de la vie de Numa Pompilius (-715, -673), le deuxième roi légendaire de Rome. À l'instar de Gonzalve de Cordoue (1791), autre roman de l'auteur, l'ouvrage s'inscrit dans la tradition des grands romans héroïques du XVIIe siècle. Il est illustré d'un frontispice de Queverdo gravé en taille-douce par Dambrun. Jean-Pierre Claris de Florian (Château de Florian près de Sauve 1755-Sceaux 1794) est considéré comme le meilleur fabuliste français après La Fontaine. Il perd sa mère très jeune et est élevé au château de Florian par son oncle, lié par alliance à Voltaire. Il vécut deux ans à Ferney auprès de Voltaire qui le surnommait Florianet. Sous la protection du duc de Penthièvre, il fut nommé page, gentilhomme ordinaire puis officier de dragons de son régiment. Ses chansons, poèmes, pastorales, nouvelles, traductions de Cervantès, romans et pièces de théâtre lui donnèrent de nombreux succès. Il fut élu à l'Académie française en 1782. Ses chansons, comme Plaisir d'amour, étaient très recherchées des musiciens. Certaines de ses morales et expressions de ses fables sont passées à la postérité : Pour vivre heureux vivons cachés ; Rira bien qui rira le dernier… Proche des Bourbons, il fut incarcéré à la prison de la Bourbe pendant un mois et mourut peu après n'ayant pu supporter cet événement. Trois ex-libris grattés dont un avec le chiffre A.S. Très bel exemplaire en maroquin de l'époque. Quérard, La France littéraire, III, p. 141 ; Cioranescu, Bibliographie de la littérature française du XVIIIe siècle, II, p. 801, n°28775.
Manuel Bruker, 1963. In-4 (323 x 253 mm), 50 pp., 1 f. blanc, 2 ff. n. ch., 2 ff. blancs. En feuilles, couverture ivoire rempliée imprimée au dos et sur le premier plat, bande sur un plat et dos insolés.
Edition originale. Cet ouvrage est illustré de 6 lithographies originales de Michel Rodde, monochromes et en couleurs, dont 5 sur double-page. Il fut tiré à 200 exemplaires numérotés, tous sur vélin d'Arches, dont les vingt premiers avec une suite sur vélin du Marais. Cette suite manque à cet exemplaire qui porte le numéro 13. “Manuel Bruker, de son vrai nom Mendel Brucker, est né en 1891 à Radaut en Roumanie. Il est âgé de trois ans lorsque sa famille arrive en France et s’installe à Paris vers 1894. Après des études de médecine et une thèse de doctorat en 1917, il devient oto-rhino-laryngologiste. Le docteur Manuel Bruker est, selon l’expression de Pierre Mac Orlan, un « mordu du beau livre », animé d’une véritable passion pour l’art. Dès 1926, à tout juste trente-cinq ans, il crée sa propre maison d’édition sur les conseils de son ami le docteur Lucien-Graux, « le prince des bibliophiles ». Près de quatre- vingts ouvrages illustrés de gravures seront publiés dans le cadre d’un programme éditorial ambitieux : Les grands styles du livre moderne établis par l’éditeur d’art Manuel Bruker. Entre 1931 et 1963, il se consacre à ce qui sera la part la plus originale et la plus personnelle de son travail d’éditeur : la création des Eloges et des Portraits d’artistes. Il choisit parmi ses contemporains ceux dont il estime particulièrement le travail ; collaborant avec eux, il leur passe commande d’estampes destinées à illustrer les textes qui sont rédigés par des écrivains ou des critiques d’art souvent proches de l’artiste. Au cours de ces trois décennies Manuel Bruker publie quarante-six Eloges et Portraits” (Manuel Bruker, collectionneur et éditeur d’art, exposition organisée par le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux du 18 juin au 28 août 2005, sous le commissariat général d'Olivier Le Bihan). Très bon exemplaire conservé dans ses couvertures d'édition.
La Haye, Freres Vaillant & Nicolas Prevost, 1722. 5 volumes in-12 (154 x 94 mm), frontispice, titre, 300 pp., 21 pp. n. ch. ; 2 ff. n. ch., 399 pp. ; 2 ff. n. ch., 399 pp. (mal chiffrées 397) ; 2 ff. n. ch., 380 pp. (mal chiffrées 398) ; 4 ff. n. ch., 426 pp., 2 ff. n. ch. Maroquin citron, filet d'encadrement, dos à nerfs orné, pièce de titre et de tomaison en maroquin olive, filet sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées sur marbrure, déchirure sans manque sur 2 cm pages 105/106 du tome 1, légère décoloration en haut d'un plat au tome 5 (reliure de l'époque).
L'édition recueillie par Prosper Marchand. Cette édition collective comprend les grandes oeuvres de l'abbé de Saint-Réal : "De l'usage de l'histoire" (1671), "Dom Carlos" (1672, qui inspira Schiller) et "Conjuration des Espagnols contre la République de Venise" (1674). L'édition comprend aussi les nombreux essais de l'auteur sur la théologie, la philosophie, la politique, la littérature et la critique ; des traductions, des maximes, quelques extraits critiques sur l'auteur, ainsi que des ouvrages attribués à Saint-Réal, comme les "Mémoires de madame la duchesse de Mazarin". L'ensemble est précédé d'un avertissement de Prosper Marchand. Cette édition est illustrée de 8 compositions gravées en taille-douce par de Coster. César Vichard, abbé de Saint-Réal (Chambéry, 1639-Chambéry, 1692) est considéré comme l'un des inventeurs du roman historique moderne. Il fut le disciple du Père Ménestrier et de l'historien Antoine Varillas auprès de qui il travailla à la bibliothèque royale et dont il apprit autant la rigueur historique que la souplesse dans la fiction. Dans "De l'usage de l'histoire" (1671), Saint-Réal plaide ainsi pour une connaissance des passions humaines. L'année suivante, il produisit une oeuvre décisive pour le roman moderne, "Dom Carlos". À l'opposé des romans baroques, fleuves, fondés sur un passé mythique, Saint-Réal invente le roman historique, court, centré sur la sphère privée, dans lequel l'amour tient plus de place que la politique. Dom Carlos inspire Madame de Lafayette qui se lance la même année dans la rédaction de La princesse de Clèves. En raison de la force narrative et de la méthode historique dont il faisait preuve, Voltaire le qualifia de "Salluste français" (sénateur et historien romain, ami de César). Dans "Le Rouge et le noir", Stendhal met en exergue du chapitre XIII une citation qu'il attribue à Saint-Réal : "le roman, c'est un miroir que l'on promène le long d'un chemin". Très bel exemplaire en maroquin citron de l'époque. Quérard, La France littéraire, VIII, p. 372.
1926. 3 volumes (174 x 121 mm; 228 x 142 mm; 216 x 142 mm), les deux plus grands sont reliés en vélin, avec un grand décor doré d'encadrement sur les plats, mention Château de Vertcoeur en doré au centre du premier plat, dos lisse à faux nerfs dorés, titre et auteur en doré, non rogné; et un volume janséniste relié en peau de reptile, réparations de papier en marge supérieur.
Exceptionnelle réunion de trois jeux d'épreuves corrigées et manuscrits avant l'impression définitive. Comme l'explique l'auteur Eugène Marsan dans sa lettre autographe manuscrite adressée à l'amateur et collectionneur René Philipon, Souvenir de l'Exposition reprend différents articles déjà publiés, mais révisés, agencés, et augmentés ici de nouvelles parties. Le premier volume, dans l'ordre chronologique de la création, est constitué de 43 feuillets mêlant des parties imprimées découpées, avec corrections, et des parties manuscrites, le tout sur le recto des feuillets. On dénombre 23 feuillets manuscrits, dont 18 de texte et 5 d'indications de titre, chapitres, etc., et 20 feuillets d'articles déjà imprimés, dont deux avec une moitié manuscrite. Les 18 pages de texte portent environ 70 corrections, additions ou suppressions. Le second volume est un jeu d'épreuve comprenant 35 feuillets imprimés sur le recto, comprenant plus de 250 corrections manuscrites, un feuillet de texte manuscrit et 10 feuillets manuscrite d'indications typographiques pour le titre, la justification, la table, les chapitres, les livres parus de l'auteur, etc. Les corrections constituent pour la plupart en des modifications de texte, incluant de nombreux ajouts, des suppressions, et quelques corrections de ponctuation, voir d'orthographe. Le troisième volume, entièrement imprimé recto-verso, est un jeu d'épreuves en vue du bon à tirer. Il comprend 63 pages et contient quatre indications typographiques et une soixantaine de corrections manuscrites. Ce volume, relié en peau de reptile, est enrichi d'une lettre autographe d'Eugène Marsan à René Philipon, pour lui offrir cette “copie […] promise”, lui précisant que “il n'y a pas eu de manuscrits. C'est un recueil d'articles avec des parties nouvelles; des additions1. Bien à vous. Eugène. 1 Nonchalance initiale que j'ai payée par des corrections innombrables. Je joins le fruit des épreuves corrigées.” Le comte René Philipon (1870-1936) grandit et vécut au Château de VertCœur, dans la Vallée de Chevreuse. Rentier, grand officier de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre, il fut spécialiste en sciences occultes, entomologiste, mécène et collectionneur. Il collabora à la revue L’Initiation (1895) sous le pseudonyme de Jean Tabris. Précieux et unique ensemble.
Amsterdam, Louis & Daniel Elzevier, 1662. In-16 (75x133 m). 8 ff. n. ch., 622 pp., 4 ff. n. ch. Maroquin rouge à grain long, roulette aux petits fers sur les plats, dos à nerfs orné, filet sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de la période du Premier Empire).
Unique édition des Elzevier d'Amsterdam, fort bien exécutée (Willems). L'édition est ornée d'un frontispice gravé à l'eau-forte illustrant le sujet de l'ouvrage. Cette composition symbolique fait l'objet d'une description explicative après la page de titre: la Sagesse personnifiée par un femme nue sur un piédestal, couronnée de rameaux de laurier et d'olivier en signe de victoire et de paix. Derrière elle, se déploie la devise de la Sagesse et celle de Charron sur deux phylactères: Je ne sais et Paix et peu. Un traité sur la tolérance religieuse. Le traité De la sagesse (1601) fut rédigé en réponse à des attaques dont Pierre Charron faisait l'objet à la suite de ses précédents ouvrages sur la religion, Trois vérités et Discours chrétiens. Il y défendit la tolérance religieuse, séparant la religion de la morale, ce qui ouvrit, le chemin à une pensée laïque. Il fut accusé d'athéisme et l'ouvrage fut mis à l'Index Librorum Prohibitum. Un émule de Montaigne. Pierre Charron (Paris 1541-1603), fils d'un libraire, fit de brillantes études. Théologien et philosophe, il fut un des moralistes les plus célèbres de son temps. Il fut le prédicateur de Marguerite de Navarre. Il fut l'ami de Montaigne, dont les Essais l'inspirèrent profondément; il en retranscrivit d'ailleurs certains passages ne pouvant le dire mieux. De la bibliothèque de M. Babouot avec inscription manuscrite: E. Babouot artiste peintre Paris. Bel exemplaire en maroquin rouge du XVIIIe siècle. Willems, Les Elzevier, n°1281, p. 325; H. Hallam, Histoire de la littérature de l'Europe pendant les quinzième, seizième et dix-septième siècles, vol. 3, pp. 246-247.
Belle chair. Lithographies originales de Cara Costea.
Paris, Les Francs Bibliophiles, 1967. In-4 (323 x 254 mm). En feuilles, couverture illustrée à rabat, chemise et étui de l'éditeur.
13 lithographies originales en couleurs de Philippe Cara Costea (Méréville, 1925-Méréville, 2006), dont la couverture à double-page et 2 doubles-pages hors-texte, et 10 hors-texte. Tirage total à 170 exemplaires tous sur vélin de Rives. Cet exemplaire est enrichi d'une des 18 suites de deux lithographies non utilisées, numérotées et signées par l'artiste et du menu sur lequel on retrouve cette lithographie. On joint 9 lithographies tirées sur Japon nacré Kaji, dont deux à double-page. Parfait exemplaire. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°11018.
Cours de pathologie et de thérapeutique chirurgicales.
Paris, Mequignon l'aîné, 1780. In-8 (200 x 130 mm), XVI et 690 pp., 1 f. n. ch. Maroquin grenat, triple filet doré, dos à nerfs orné, coupes filetées, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale. Cet ouvrage de Jean-François Simon (posthume), rédigé et enrichi par le célèbre chirurgien Prudent Hévin, est un traité destiné à la formation des étudiants. Il décrit en 6 chapitres les causes et les symptômes des maladies chirurgicales (les tumeurs, les plaies, les ulcères, les fractures, les luxations, et les maladies de la substance des os). Jean-François Simon (?-1770), professeur royal au collège de chirurgie de Paris, et premier chirurgien de l’électeur de Bavière, confia ses recherches et son manuscrit à Prudent Hévin. Celui-ci en fit la rédaction et l'enrichit considérablement, en particulier de nombreuses maladies et descriptions ‹‹ j'ai ensuite ajouté la description et le traitement des différentes maladies chirurgicales dont l'auteur n'avait point parlé, ou qui n'étaient encore qu'ébauchées. […] J'y ai même employé une grande partie des matériaux qui font la base de mes leçons sur la pathologie et la thérapeutique chirurgicales. ›› Il l'augmenta et la transforma encore par la suite pour en faire une nouvelle édition en deux volumes, qu'il publia sous son nom seul en 1784. Un exemplaire de présent. Prudent Hévin (1715-1789), également professeur, fut premier chirurgien des Dauphins, devint celui de Madame en 1770, vice-directeur de l’Académie royale de chirurgie, inspecteur des hôpitaux militaires et fut membre de nombreuses sociétés savantes et étrangères. Cet exemplaire comporte un ex-dono manuscrit de son nom, à la date de 1781. Très bel exemplaire en maroquin de l'époque. Bayle & Thillaye, Biographie médicale, II, p. 409-410 ; Wellcome, III-259 ; Dezeimeris ; Sallander, Bibliotheca Walleriana, n°4419, pour la 3e édition.
Paris, Floury, 1896. In-12 (165 x 122 mm), 32 pp. Broché, non coupé, couverture illustrée rempliée, tout petit accroc en haut du dos, dos et bords de la couverture légèrement plus foncés.
Un des quelques exemplaires sur papier du Japon de cette édition illustrée de 30 compositions en noir d’Albert Robida. Ce conte avait d’abord paru en provençal dans L’Aioli du 17 août 1896. Il est dédié "À mon ami Angelo Mariani" et fait partie d’une petite série de huit contes illustrés publiés pour le célèbre inventeur du vin Mariani, ami des artistes et redoutable publicitaire. L'édition originale parut à la même date en tirage in-4. Très bon exemplaire. Talvart et Place, Bibliographie des auteurs modernes, XVIII, p. 81.
Tangu et Félime ; Éloge de Voltaire ; Les Muses rivales.
Paris, Pissot, 1779-1780. In-12 (185 x 119 mm). 64 pp. ; IV pp., 112 pp. ; 31 pp. Maroquin rouge, triple filet avec rosace aux angles en encadrement sur les plats, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin fauve, triple filet horizontal sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées, doublure et garde de papier tourniquet (reliure de l'époque).
Éditions originales. Ce recueil réunit trois œuvres de Jean-François de La Harpe: Tangu et Félime (s. d. 1780), Éloge de Voltaire (1780), Les Muses rivales (1779). Tangu et Félime est agrémenté de 5 gravures à l'eau-forte hors-texte d'après Marillier: 1 titre gravé et 4 compositions à pleine page. Les trois textes sont ornées de bandeaux et de culs-de-lampe. Ils sont représentatifs de l'œuvre de La Harpe et de son époque: Tangu et Félime est un poème érotique; l'Éloge de Voltaire est représentatif du talent d'orateur de La Harpe et de son amitié avec le plus grand esprit des Lumières; Les Muses rivales est une comédie dramatique, représentée pour la première fois au Théâtre français le 1er février 1779. Un ami et un complice littéraire de Voltaire. Jean-François de La Harpe (Paris 1739-1803), écrivain et critique, fut un excellent orateur dès son plus jeune age. L'anticléricalisme dont il fit preuve dans les Héroïdes lui valut la protection de Voltaire. Il fut suspecté d'avoir dérobé un manuscrit à Voltaire lors d'un séjour à Ferney, qu'il fit publié sous nom: la Guerre de Genève, deuxième chant. On ne sait toutefois pas si les deux hommes ne s'étaient pas entendus car Voltaire lui garda son amitié et le soutint pour son élection à l'Académie française en 1776. C'est pour l'Éloge de Voltaire que La Harpe remporta le prix d'éloquence de l'Académie. L'exemplaire d'un éminent Lord du XIXe siècle, le comte de Grey. Thomas Philip de Grey (1781-1859), fut Lord Grantham de 1786 à 1833 et second Earl de Grey en 1833. Politicien et homme d'état anglais, il fut membre de l'Ordre de saint-George, du Privy Councile of United Kingdom, et fellow de la Royal Society. Son ex-libris porte la mention "Wrest Park" du nom de la propriété qu'il fit construire entre 1834 et 1839 selon ses plans, inspirés par les dessins de l'Architecture Française de Jacques-François Blondel (1752). Architecte amateur, il fut le premier président du Royal Institute of British Architects. Wrest Park est encore un des plus grands et plus beaux jardins du sud de l'Angleterre visités aujourd'hui. De la bibliothèque d'Émile Moreau avec son ex-libris gravé (par Stern) et coloré. Originaire de St Léomer (86), Émile Moreau (1868-1950) fut chef de cabinet du ministre des Finances Rouvier de 1902 à 1905, gouverneur de la Banque d'Algérie de 1906 à 1926, puis gouverneur de la Banque de France de 1926 à 1930. Il participa au redressement de la monnaie avec Poincaré. Démissionnaire en 1930, il devint président de la Banque de Paris et des Pays-Bas jusqu'en 1940. Il a écrit : Souvenir d'un Gouverneur de la Banque de France, Histoire de la stabilisation du Franc (1926-28). Très bel exemplaire en maroquin du XVIIIe siècle. Cohen/de Ricci, Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, p. 589.
Carpentras, Dominique-Gaspard Quenin, 1776. In-12 (96x161 mm). XXVIII pp., 764 pp. Maroquin rouge, triple filet avec rosace aux angles sur les plats, dos à nerfs orné, pièce de titre en maroquin vert, filet sur les coupes et les coiffes, roulette aux petits fers intérieure, tranches dorées, l'écriture transparaît pp. 99-119 (reliure de l'époque).
Édition originale. Cette ouvrage est composée de sept livres regroupant les types de maladies affectant les différentes parties du corps, leurs causes, leurs effets et la guérison par le Remède universel. L'auteur montre que le Remède de Jean Ailhaud est le meilleur et que lui-même, malgré ses recherches, n'en a pas trouvé de meilleur. L'ouvrage comprend également des témoignages de malades guéris grâce à la poudre miraculeuse. Celle-ci n'aurait été qu'un mélange de résine, de Scamonée [gomme provenant de la racine de cette plante] et de pain brulé pulvérisé. On rapporte qu'elle aurait parfaitement réussi à l'équipage du chevailier de Boullers au Sénégal... Quant aux ouvrages qu'on attribue a Ailhaud le fils, pas un seul n'est de lui (Michaux, Biographie universelle). Ailhaud, père et fils: une famille de charlatans prospères au siècle des Lumières. Jean-Gaspard d'Aihauld-Castelelet (?-1800), était le fils de l'inventeur de la poudre purgative grâce à laquelle son père s'était considérablement enrichi jusqu'à devenir un des plus grands propriétaires de Provence. Il s'était établi docteur à Aix et publia en 1738 un Traité de l'origine des maladies et des effets de la poudre purgative en latin et en français. Jean-gaspard, l'auteur supposé du Traité de la vraie cause des maladies, grâce à la supercherie de son père, put acheter une charge de secrétaire du roi. Il fut docteur à la faculté de médecine d'Aix-en-provence et baron du Castelet. Plusieurs ouvrages lui sont attribués qui font l'apologie de la poudre de son père: Médecine universelle prouvée par le raisonnement ou Précis du traité de J. Ailhaud (1762) et L'Ami des malades, ou Discours historiques et apologétiques de la poudre purgative (1765). Très bel exemplaire en maroquin rouge.
Les Avantures de l'infortuné Florentin, ou l'histoire de Marco Mario Brufalini.
Amsterdam, Pierre Mortier, 1729. 2 volumes in-12 (141 x 80 mm), frontispice, titre, 12 ff. n. ch., 203 pp. ; frontispice, titre, 2 ff. n. ch., 191 pp. Maroquin citron, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, filet doré sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale. Cet ouvrage demeuré anonyme est illustré d'un frontispice répété au second volume et de 6 gravures hors texte non signées. L'exemplaire de Guyon de Sardière et du duc de La Vallière. Cet exemplaire porte la signature de Guyon de Sardière sur chaque volume. Fils cadet de Jacques Guyon et de la célèbre Jeanne-Marie de La Motte (Madame Guyon, 1648-1717), Denis Guyon , seigneur de Sardière (1674-1759), a deux ans lorsque son père meurt. Il fut un grand bibliophile. Sa bibliothèque était formée d'ouvrages de littérature française et d'histoire. Il acquit une grande partie des livres de la bibliothèque de Diane de Poitiers, à la vente qui eut lieu au château d'Anet en 1724. Son extraordinaire collection fut négociée et achetée en bloc avant la vente par la duc de la Vallière. Cet exemplaire figurait sous le n°1011 du catalogue imprimé pour la vente en 1759. Petit-neveu de la duchesse de La Vallière, favorite de Louis XIV, Louis-César de la Baume Le Blanc, duc de la Vallière (1708-1780), fut l’un des plus puissants seigneurs de la Cour de Louis XV. Il fut l’un des plus grands bibliophiles du XVIIIe siècle. Avec l'aide de son bibliothécaire, l'abbé Rive, il rassembla une bibliothèque choisie, achetant des bibliothèques entières et revendant les ouvrages qu'il avait en double. Sa bibliothèque a été vendue en trois vacations en 1767, 1783 et 1788. Une partie en a été acquise par le comte d'Artois et incorporée au fonds de la bibliothèque de l'Arsenal. Bel exemplaire en maroquin citron de l'époque.
Barbey d’Aurevilly, amoureux et dupe.
Paris, Corréa, 1934. In-8 (245 x 150 mm), 217 pp., 3 ff. n. ch. Broché, non coupé.
Édition originale de cette biographie illustrée de plusieurs fac-similés hors texte dont un portrait de Barbey d’Aurevilly avec sa limousine en frontispice. Écrivain, libraire et éditeur, René-Louis Doyon (Blida, Algérie, 1885-Paris, 1966) dirigeait la maison d’édition La Connaissance et la revue du même nom. Il publia les premiers textes de Marcel Jouhandeau et d’André Malraux. Un des 30 premiers exemplaires sur papier de Hollande, enrichi d’un envoi autographe "Pour André Dubois qui a, involontairement, collaboré à ce livre, son vieil ami, René-Louis Doyon", accompagné du tampon ex-libris de l’auteur. André Dubois était un des plus proches amis de René-Louis Doyon, présent à ses côtés jusqu’aux dernières heures (cf. Jules Roy, Les Années cavalières. Journal 2 : 1966-1985, Albin Michel, 1999, p. 15). Très bon exemplaire.
Paris, Armand Magnier, 1897. Deux volumes in-8 (250 x 155 mm), 1 f. bl., 3 ff. n. ch., 162 pp.; 1 f. bl., 3 ff. n. ch., pp. 163 à 302, 1 f. n. ch., 5 ff. (bulletin de souscription). Maroquin janséniste acajou, dos à nerfs avec auteur et titre en dorés, doublure de maroquin châtain pour le premier vol., bleu sombre pour le second, décorée de branches et feuillages mosaïqués de tons différents pour les deux volumes, gardes de soie moirée, tranches dorées sur témoins, couverture (Marius Michel).
Belle édition ornée de 50 compositions d’Auguste-François Gorguet, dont 16 figures hors-texte, gravées à l’eau forte par Louis Muller. «Publication estimée» (Carteret). De la Collection des Dix. Tirage à 300 exemplaires numérotés, celui-ci n°86, un des 40 exemplaires sur papier vélin de cuve, 3e papier, contenant une double suite des vignettes du texte et trois états des figures hors-texte. Cet exemplaire, duquel on a retiré les suites du tirage régulier, contient deux états de toutes les gravures dont les eaux-fortes pures avec remarques, pour toutes les compositions; l’état avec lettre pour les vignettes du texte, et un état avant la lettre, avec remarques, sur papier de Hollande, pour les figures hors-texte. Exemplaire du grand bibliophile Henri Beraldi (Paris, 1849 – 1931) avec son ex-libris en lettres dorées au bas du contreplat du premier volume. Homme de lettres, fondateur et président de la Société des livres, collectionneur d’estampes, bibliophile, écrivain d’art et éditeur français, sa bibliothèque figurait dans les années 1920 parmi les quatre plus célèbres bibliothèques aux côtés de celles de Ferdinand von Rothschild, Louis Roederer et Robert Schuhmann. Sa collection fut dispersée en salle des ventes en 1934 et 1935. Il publia notamment La Reliure au XIXe siècle, retraçant de manière savoureuse l’histoire de la bibliophilie et des bibliophiles. De la bibliothèque de M. Albert Natural (1880-1960), bibliophile suisse, avec son ex libris contrecollé sur une garde. Une élégante reliure de Marius Michel. Henri Marius Michel (Paris, 1846 – 1925). Fils d’un doreur parisien de renom, Jean Michel dit Marius Michel père, il fit entrer la modernité dans la profession. Dans La Reliure française contemporaine (1880) et L’Ornementation des reliures modernes (1889), il mit en avant le sujet du livre comme source du décor. Il renouvela particulièrement le décor ornemental ancien en y adaptant un élément nouveau, la flore ornementale, devenant ainsi «le maître le plus influent de la décoration de la reliure du XIXe siècle» (Fléty). Parfait exemplaire en maroquin doublé et mosaïqué. Carteret, IV, 132. Monod, I, n°3493. Bibliothèque Henri Beraldi, IV, 1935, n° 44. Fléty, 121.
Paris, Édition Galatea, 1944. In-folio (340 x 256 mm), 2 ff. n. ch., 116 pp., 2 ff. n. ch. Demi-maroquin rouge à bandes, filet d'encadrement doré sur les plats, dos lisse orné en doré du titre, du noms de l'auteur et de l'illustrateur, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés, étui bordé (Alix).
“Publication estimée” (Carteret). Cet ouvrage fut tiré à 300 exemplaires, celui-ci est un des 221 sur Lana. Il est illustré de 27 lithographies originales en couleurs d'Antoni Clavé, dont un frontispice, 7 hors-texte, 14 dans le texte et 5 culs-de-lampe. Des lithographies parmi les premières illustrations pour bibliophiles du célèbre peintre. Peintre en bâtiment, Antoni Clavé (Barcelone, 1913-Saint-Tropez, 2005) suivit des cours du soir à l'École des Beaux-Arts de Barcelone, dès 1926, et commença à faire des illustrations, affiches et décors. Son activité fut interrompue avec la guerre civile, en 1936, alors qu'il devint combattant de l'armée républicaine. Il arriva en France en 1939, fut interné à Prats de Mollo, puis au camp des Haras à Perpignan. Libéré grâce à Martin Vivès, il exposa la même année, ses dessins et gouaches exécutés dans les camps. Il arriva à Paris, le 5 avril 1939. En avril 1940, il exposa à la librairie “Au Sans Pareil”, sans succès. En 1941, Clavé s’installa dans son premier atelier situé au 45, rue Boisssonnade. En 1942, naquit son fils Jacques et sa mère arriva à Paris. Époque intimiste, où il fut influencé par Bonnard et Vuillard. En 1944 il exécuta ces lithographies pour Lettres d’Espagne de Prosper Mérimée. La même année il rencontra Picasso, choc profond qui sera déterminant pour l’avenir de son œuvre. La Société Nationale des Beaux-Arts lui décerna le Prix spécial en 1944. À partir de 1946, commença pour lui une carrière d'illustrateur, c'est alors qu'il créa les décors et costumes pour les ballets: Los Caprichos au Théâtre des Champs-Elysées, pour le Prince travesti de Marivaux à la Comédie Française. Il illustra également d'autres livres de bibliophilie, La Dame de Pique de Pouchkine et Carmen de Prosper Mérimée en 1946 ; Candide de Voltaire en 1948. Puis commença la série des ballets de Roland Petit pour lesquels il inventa des décors et des costumes: Carmen (1949), Revanche (1951), Deuil en vingt-quatre heures (1953), La Peur (1955). Durant toute cette période, il fut très sollicité, alla aux États-Unis, en 1952, pour créer les costumes et décors du film Hans Christian Andersen. À cette époque, Clavé se rendit compte que son art était entièrement absorbé par des commandes d'œuvres décoratives. Il décida de peindre et d'arrêter la décoration en 1954. Il installa un atelier au 4 rue de Châtillon à Paris et travailla avec acharnement. Inclassable, ni figuratif, ni abstrait et les deux à la fois avec sa force et son mystère, il aimait aussi les collages et se livrait volontiers au hasard de la création. Quant à la sculpture, il ne s'y intéressa que par périodes, au début de sa carrière et ensuite beaucoup plus tard. À la fin des années 1950, Clavé connut le succès. Mais en 1963, il s'interrogea: il avait cinquante ans, une œuvre considérable. Il était reconnu en France, aux États-Unis, au Japon, en Suisse, en Suède, on rechercha ses toiles dans le monde entier, ce qui l'inquiéta. Il décida de quitter Paris et la société qui faisait la mode, notamment le monde du spectacle. Il quitta Paris pour Saint-Tropez en 1965. Il se construisit un atelier et une maison au Cap Saint-Pierre qu'il décora avec un soin méticuleux, aidé de sa femme Madeleine. Tous deux réalisèrent un Palais de couleurs avec des tentures. C'est là que les plus grandes toiles du peintre furent composées. En 1977, il exposa ses premiers trompe-l'œil. Le musée d'art moderne de la ville de Paris lui consacra une rétrospective en 1978 et il exposa ses œuvres “en marge de la peinture” au Musée national d’art moderne Centre Pompidou. La Biennale de Venise exposa plus de cent œuvres au pavillon espagnol en 1984. La même année, il reçut la médaille d'or du mérite des beaux-arts par le ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports. Antoni Clavé fut inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse. Une exposition César/Clavé fut présentée en 2007 à Montélimar. Pour le centenaire de la naissance de l'artiste en 2013, la Fundación Vila Casas à Barcelone organisa une rétrospective de son œuvre. Très bel exemplaire en reliure d'Alix. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 279. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°8096. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, III, p. 57.
Paris, Poulet-Malassis, 1862. In-12 (180 x 115 mm), 2 ff. n. ch., 307 pp., 12 pp. de catalogue de Poulet- Malassis. Maroquin marron janséniste, dos à nerfs, auteur et titre dorés, double filet doré sur les coupes, doublure de maroquin rouge, triple encadrement de roulettes et filets dorés, fer floral en écoinçon, double garde de tabis noir et de papier peigné, tranches dorées sur témoins, couvertures conservées (Marius Michel).
Édition originale “de ce recueil magnifique” (Oberlé). “Le poète arrivé ici à l'apogée de son art peint toutes les férocités des civilisations du Nord, les mythes légendaires, les sombres tableaux d'un primitivisme rude, les existences guerrières, les dernières batailles entre le paganisme et le christianisme” (Oberlé). “Ouvrage rare et important” (Carteret). C'est aussi son “recueil le plus célèbre” (Clouzot). Parfait exemplaire en maroquin doublé de Marius Michel. Oberlé, Auguste Poulet-Malassis, un imprimeur sur le parnasse, 1996, n°612. Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, II, p. 43. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 189. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, V, col. 144.
Amsterdam, Antonio de' Rossi, 1744. In-folio (277x427 mm). X pp, 1 f. n. ch., 166 pp., 3 ff. n. ch. Velin à dos lisse, pièce de titre en maroquin rouge ornée, tranches marbrées.
Édition originale rare. L'ouvrage réunit de brefs commentaires en italien et 76 gravures à l'eau-forte in-texte pleine page, dont 3 doubles-pages. Il traite des origines et des divisions des trois principaux ordres d'architecture: dorique, ionique et corinthien. Il illustre leur emploi dans trois des plus célèbres monuments antiques et modernes de Rome: le Colisée, le Panthéon et la Basilique Saint-Pierre. L'édition est ornée de nombreux bandeaux, culs-de-lampe, lettrines et médailles. Ercolani-Neralco, membre érudit de l'Arcadie romaine du XVIIIe siècle. Giuseppe Maria Ercolani, dit Pastore Arcade Neralco (1672-1759), fut ecclésiastique et auteur: Rime a Maria (1725), les Quattro parti del mondo (1756) et I tre ordini d'architettura (1744)... Ercolani fut membre de l'Accademia dell'Arcadia fondée à Rome en 1690 par des poètes gravitant dans l'entourage de la Reine de Suède. Chaque membre était inscrit sous un pseudonyme pastoral dans l'esprit de l'Arcadia, célèbre roman de Jacopo Sannazaro (1501). Le roman évoque la vie rurale bucolique selon une tradition littéraire et poétique remontant à l'Antiquité. Ercolani choisit le pseudonyme de Neralco Castrimeniano. Parmi les membres illustres de cette Arcadie romaine, on comptait l'écrivain Carlo Goldoni, les compositeurs Alessandro Scarlatti et Arcangelo Corelli. De l'Antiquité à la Renaissance, la gloire de l'architecture par ses ordres. Les ordres, constitués d'une base, d'une colonne et d'une architrave, sont essentiels en architecture car ils déterminent les proportions, les formes et l'ornementation de tout l'édifice. Les gravures représentent les élévations des trois ordres avec le détail des architraves, le décor des métopes, les balustrades, les loggia à colonnades. Suivent les illustrations de l'emploi de ces ordres dans les trois plus importants monuments de la Rome antique que sont le Colisée, le Panthéon, ainsi que la Basilique Saint-Pierre du Vatican que l'architecte Bramante réalisa à la Renaissance, à partir de 1506, sur les ruines de la Basilique de Constantin. Les élévations, ainsi que les plans, vues intérieure et extérieure, en sont donnés à pleine page. Les plans et les élévations du Colisée (p. 136, 138) et du Vatican (p. 162) sont à double-page. L'ouvrage devint une référence pour son époque. Il est cité dans le Voyage d'un Français en Italie, fait dans les années 1765 et 1766 de Lefrançois de Lalande à propos des descriptions qui y sont faites des théâtres et des amphithéâtres de Rome. Bel exemplaire en vélin du XVIIIe siècle. Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, IV, p. 40; Lefrançois de Lalande, Voyages d'un Français en Italie, fait dans les années 1765 et 1766, 1769, III, p. 275.
Paris, Arc-en-ciel, 1948. In-8 (225x280 mm). 1 f. n. ch., 158 pp., feuille sous couverture bleutée rempliée imprimée d'éditeur, chemise étui, dos passé.
Exemplaire illustré sur vélin enrichi d'une aquarelle originale. L'édition est illustrée de 36 gravures en couleurs d'André Dignimont (Paris 1891-1965): 23 in-texte, 6 en-tête, 6 culs-de-lampe. Cet exemplaire est un des 10 destinés aux collaborateurs (n°VIII) sur vélin pur fil. Il est enrichi d'une aquarelle originale dédicacée par l'artiste. Un artiste du Réalisme poétique. Célébré par Colette, Dignimont fut illustrateur de journaux -Le Crapouillot, Le Rire- et de plus de 50 éditions, dont celle de La Vagabonde de Colette (1926) ou Les Poésies complètes de Francis Carco. Dignimont participa également au réalisme poétique cinématographique des années 30 et 40, comme La Nuit du carrefour de jean Renoir. Le Quai des Brumes, de Mac Orlan à Marcel Carmé. C'est à partir du roman de Mac Orlan que le scénario du Quai des Brumes de Carmé fut réalisé en 1938, avec Jean Gabin et Michelle Morgan. Ce film célèbre est emblématique du r"alisme poétique. Ces caractéristiques principales, qu'on retrouve également dans les illustrations de Dignimont, sont un environnement populaire et un traitement expressionniste de l'image, avec des lumières enveloppantes. Bel exemplaire en parfait état.
Constance, l'illustre servante.
Paris, Piazza, 1931. In-4 (278 x 205 mm), 2 ff. n. ch., 85 pp., 1 f. n. ch. Maroquin bordeaux janséniste, fers à froid sur les plats rejoignant les nerfs et imitant les décors d'attaches, dos à nerfs, titre et date dorés, filets sur les coupes, double filet sur les coiffes, doublure en maroquin havane aux armes mosaïquées en maroquin bleu, blanc et rouge, large encadrement composé d'un simple, double et triple filet, gardes de soie rosée et or décorées de motifs floraux, tranches dorées, dos et couvertures conservés, étui bordé, dos légèrement éclairci (P. Affolter - J. Augoyat sr - A. Cuzin).
Un des 25 sur Japon (premier papier) avec un dessin original et deux suites. Ce texte, tiré des Nouvelles exemplaires, est illustré de 52 pointes sèches de José Pedro Gil : 2 hors texte, 10 en-têtes et 40 in-texte. Cet ouvrage a été imprimé à 200 exemplaires numérotés. Celui-ci est un des 25 (n°6) sur Japon impérial contenant un dessin original de l'artiste (ici à l'encre bleue), et deux suites : une sur Japon mince avec remarques et une sur vélin mince. Très bel exemplaire en maroquin mosaïqué aux armes du duc de Massa de Affolter, Augoyat et Cuzin. Monod, Manuel de l'amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°2427.
Paris, Les Impénitents, 1971. In-4 (280 x 189 mm), 76 pp. En feuilles, couverture à rabat imprimée sur le premier plat, chemise et étui de l'éditeur.
Édition originale. Cet ouvrage est le dix-septième publié par les Impénitents sous la présidence de Francis Garnung. Il fut tiré à 165 exemplaires sur vélin des Papeteries de Rives dont 130 pour les Sociétaires et 35 réservés aux artistes et collaborateurs. Il est illustré de 10 eaux-fortes originales en noir d'Alain Loiselet à pleine page et d'un frontispice par Ernest Fuchs gravé en bleu et or. Exemplaire de tête. Celui-ci est un des 25 premiers exemplaires, signés par l'artiste, comprenant une suite en bistre sur vélin de Mandeure et une estampe originale d'Alain Loiselet. Parfait exemplaire. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°6198.
Paris, Guy Chambelland, 1969. In-4 (280 x 210 mm). En feuilles, couverture rempliée de papier fort, chemise et étui en forme de livre, dos arrondi en demi-chagrin noir à grain long, titre, auteur et date argentés, étui bordé (P. Goy & C. Vilaine).
L’ouvrage a été tiré à 350 exemplaires sur vélin et 50 sur chiffon de Mandeure lithographiés et signés par l’artiste (les 10 premiers ornés d’une gouache) au format 200 x 280 mm. Le livre est dédicacé à Roger Blin. Cet ouvrage comporte 40 pages entièrement lithographiées avec un texte sur chacune. Cet exemplaire est un des 10 de tête signés sur papier Chiffon de Mandeure ornés d'une gouache originale signée de l'artiste. ‹‹ Ces textes sont nés au printemps de 1954. Pendant l’hiver 1953-1954, j’avais recherché les rues de Paris et de proche banlieue où les vieux murs, les maisons éventrées, parlaient misère, rêves avortés, aujourd’hui aux couleurs du désespoir. Un ami photographe, Guy Charon, m’accompagnait souvent. J’avais en effet pensé à superposer ces “surfaces misérables” et des visages et des corps, souvent ceux d’amis : Roger Blin, Jean Martin et d’autres. Je voulais faire un livre où photos et poèmes auraient créé une atmosphère. J’écrivis assez rapidement les textes, Guy Charon fit les photos. J’emportai le tout en Corse lors de mon premier séjour méditerranéen. Et là, au soleil, je mis ce petit livre au propre. Le manuscrit définitif fut tapé sur la machine à écrire de la mairie de Propriano en août 1954. René Char aima le texte et me le demanda pour Botteghe oscure mais sans les photos. Je refusai. Maurice Nadeau (je faisais partie de l’équipe des Lettres Nouvelles depuis 1951) fit paraître un encart de quatre pages, photos et poèmes, extraits du manuscrit. Comme beaucoup de mes textes, il dormit quelques années dans un tiroir. En 1969, Guy Chambelland le retint et fit une édition simple. Je lui arrachai l’idée d’imprimer 50 exemplaires sur beau papier, en grand format, et m’occupai du reste : je gravai des pierres et des zincs. Je voulais retrouver autrement cet aspect des murs qui ont trop vécu. Je ne quittai pas la machine. Une pierre passait, je la reprenais dans un autre sens, brûlais à l’acide, rajoutais au savon afin d’obtenir une “lèpre” mangeant entièrement chaque page. On changeait de teinte, ajoutait des graffitis. Une exposition eut lieu en 1972 à Paris et Genève. ›› Bel envoi poétique de Jean-Jacques Morvan à son ami Bernard Lépinay : "Sur ces murs quelques grafittis heureux aux couleurs de notre amitié Et sur le granit breton les mousses fragiles comme rêve des hommes. Avril 1970" Bel exemplaire sous chemise étui de Patrice Goy et Carine Vilaine.
Paris, Veuve Duchesne, 1780. In-12 (170 x 100 mm), 456 pp. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, fer doré en écoinçon, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin vert, filet doré sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches dorées, petite mouillure angulaire sur les premiers feuillets, des rousseurs (reliure de l'époque).
Un immense succès. Les Lettres péruviennes fut un des romans les plus lus de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Paru en 1747, il est conçu dans le style épistolaire, à l'instar des Lettres persanes ou, plus tard, des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Cet ouvrage reprend les thèmes de l'exotisme des civilisations dites "naturelles", portant un regard sur la société de l'époque. Françoise de Graffigny (Nancy, 1695 - Paris, 1758) ajoute un regard féminin, dénonçant l'assujettissement de la femme dans une société corrompue, régie par des hommes. Edition bilingue, présentant la traduction italienne en regard du texte français. Cette nouvelle édition de ce roman célèbre donne en regard du texte original une traduction italienne donnée par Deodati de Tovazzi. Cette traduction fut publiée pour la première fois en 1759. Des collections Paul Grandsire et L. Gidel, avec leurs ex-libris respectifs Très bon exemplaire en maroquin de l'époque. Quérard, La France littéraire, III, p. 441.
La passion de N.S. Jésus-Christ.
Paris, Daragnès, 1945. in-folio ( 348 x 269 mm). Maroquin janséniste marron, dos à nerfs, titre et date en doré, double filet doré sur les coupes, doublure de même maroquin, tranches dorées sur témoins, étui bordé (Huser).
‹‹ Très importante publication très cotée. ›› Cet ouvrage, avec une traduction originale du psaume XXI par Paul Claudel, a été imprimé par Daragnès sur ses presses. Il a été tiré à 140 exemplaires numérotés et signés par l'artiste. Celui-ci est un des 100 exemplaires sur vélin après 40 sur Japon. Il est illustré de gravures sur bois en camaïeu par Daragnès. Exemplaire unique. Cet exemplaire est enrichi d'une importante gouache signée (262 x 174 mm) de l'artiste, plus aboutie que l'illustration gravée qui représente la même situation. Il a été relié par Huser (1879-1961), qui fut ouvrier chez Noulhac avant de s'établir en 1903. ‹‹ Artisan de grande qualité, il était apprécié pour la finesse de ses reliures comparables à celle de Canape. ›› Très bel exemplaire en reliure de Huser. Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes 1875-1945, IV, p. 312 ; Fléty, Dictionnaire des relieurs français…, p. 176.
Constitution apostolique manuscrite du pape Pie IX, Rome, mars 1863, concernant le Venezuela.
1863. In-folio, 27 ff. sur vélin. Couverture de vélin, petit accroc sur le plat inférieur, quelques rousseurs et feuillets légèrement jaunis.
Constitution pour la création du diocèse de Calabozo au Venezuela, au sud de Caracas, par le pape Pie IX.Après la révolution bolivarienne et l’indépendance du pays en 1830, les couvents avaient été abolis ou transformés en collèges nationaux.Cette lettre se situe juste après la guerre fédérale meurtrière (1859-1863). Elle réaffirme les prérogatives de l’Eglise au Venezuela. La constitution détaille l’organisation et les modalités de l’institution du diocèse. Le premier évêque ne sera institué qu’en 1881. Document calligraphié à l’encre noire, avec frontispice et initiales de chaque page calligraphiées. Signatures manuscrites de la curie enregistrant le document.
Lettres sur les spectacles; avec une Histoire des ouvrages pour & contre les théâtres.
Paris, Boudet, 1777. 2 volumes in-12 (165 x 95 mm). Maroquin rouge, filet doré sur les coupes, tranches dorées, un coin usé (reliure de l’époque).
Belle édition des Lettres sur les spectacles et l’Histoire des ouvrages pour et contre les théâtres. Charles Desprez de Boissy (1730-1787) fut avocat au parlement de Paris et membre de plusieurs académies. Bel exemplaire en maroquin du temps. L’exemplaire de Brochant du Breuil, bibliophile du XVIIIe siècle; vente du 7 janvier 1779. Bibliothèque dramatique de monsieur de Soleinne, V, n°787 ; Cioranescu, XVIIIe siècle, I, n°23749.
Les Iles de la Nuit. Pointes sèches de Jacques Boullaire.
Paris, Les Bibliophiles du Faubourg et du Papier, 1964. In-4, en feuilles, couverture illustrée rempliée, chemise et étui de l'éditeur, coins frottés.
Première édition illustrée. 17 pointes-sèches originales de Jacques Boullaire dans le texte dont 7 à pleine page. Tirage unique à 150 exemplaires numérotés imprimés sur vélin de Rives. L'exemplaire est enrichi de deux menus comprenant une eau-forte originale de l'artiste. Bel exemplaire. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, II, n°11240.
Paris Furne, Pagnerre et Perrotin 1848[-1862] 30 30 volumes in-8 (222 x 144 mm, et 214 x 128mm pour les 5 volumes en supplément). Demi-chagrin vert foncé, dos à nerfs orné en doré (reliure de l'époque).
Une très bonne édition illustrée. ‹‹ Cette édition est illustrée de 25 vignettes gravées sur acier par J. de Mare, Tavernier, Bourgeois, H . Prudhomme, Nargeot, Vuillmann, Koenig, Ch. Lalaisse, Audibran, Ch. Colin, Roze, Outhwaite, Finden, Mauduit, Revel, Moret, Prévost, d’après Raffet, Alfred et Tony Johannot, ›› et de 24 (sur 25) « portraits représentant les héroïnes de chaque roman, non signés, dont quelques-uns gravés par Bourgeois, Bosselman et Hopwood ». « Cette édition des Œuvres de Walter Scott », dans la traduction de Defauconpret, « a été augmentée ultérieurement de cinq volumes, qui la complètent, dont 3 volumes pour l'Histoire d'Écosse, publiée en 1861 et deux pour les Romans poétiques, publiés en 1862, chez les mêmes éditeurs ». Cet exemplaire comporte bien les 5 volumes de supplément, reliés à l’identique, contenant chacun une figure. Notre exemplaire est donc illustré au total de 54 figures gravées hors texte. Très bon exemplaire. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, tome 7, col. 451 à 454.
Paris, J. Barbou, 1763. In-12 (150 x 85 mm), xi (mal chiffré x) pp., 1 p. n. ch., 370 pp., 1 f. n. ch. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné, pièce de titre noire, filet sur les coupes et roulette sur les chasses dorés, tranches dorées (reliure de l'époque).
Cette élégante édition a été établie par Joseph Valart (1698-1781). Elle est ornée d'un frontispice gravé par Duflos d'après B. Picart. Ex-libris manuscrit contemporain Le Pelletier des Ravinières. Bel exemplaire en maroquin du temps.
Paris, Raynal, 1835. In-12 (166 x 97 mm), 104 pp., 2 pl. et 24 pp. de catalogue de libraire. Demi-basane fauve à coins, dos lisse, roulettes et titre dorés, caissons estampés, tranches marbrées à l'imitation des plats, petits trous de vers au mors inférieur (reliure de l'époque).
Un ouvrage de référence. Publié pour la première fois en 1829, l'ouvrage fut augmenté d'un traité sur la destruction des animaux et des insectes nuisibles au jardinage dès la seconde édition en 1834. Il est illustré de 2 planches hors texte à plusieurs figures, une sur l'animal et ses galeries, l'autre montrant différents pièges. Grand classique sur le sujet, il fut "souvent réimprimé" (Thiébaud). Ex-libris manuscrit Melkfrey et tampon L.A. Bechtrüs. Très bon exemplaire en reliure du temps. Thiébaud, Bibliographie des ouvrages français sur la chasse, col. 770.
Io. Rauisii Textoris Niuerne[n]sis Officina partim historiis partim poeticis referta disciplinis.
[Paris], Antoine Aussourd pour Regnault Chaudière, 1520. In-folio (343 x 225 mm), 8 ff. n. ch., 384 ff., 1 f. n. ch., sans le dernier feuillet blanc. Veau brun sur ais de bois, plats décorés d’encadrements à l’antique estampés à froid, dos à nerfs, lanières en cuir postérieures avec fermoirs, charnières, coiffes et coins restaurés, petits trous de vers traversant les plats et le corps d’ouvrage, mouillures pâles dans les marges, affectant le texte des derniers feuillets, quelques rares taches, petit manque de papier dans l’angle du titre et du feuillet 104 (reliure de l’époque).
Édition originale rare de l’Officina de Ravisius Textor. Elle est ornée d’un beau titre à encadrement gravé sur bois, provenant de l’imprimerie de Henri Estienne, représentant la Trinité, un pape et un empereur, et deux autres personnages regardant vers le haut. Humaniste et poète nivernais, Ravisius Textor (Saint-Saulge en Nivernais, 1480-Paris, 1524), de son nom de baptême Jean Tixier de Ravisy, fut professeur au collège de Navarre et recteur de l’Université de Paris. Il est l’auteur de deux sommes didactiques qui vont marquer son temps: les Epitheta (1518), recueil d’épithètes, et l’Officina (1520), littéralement l’Atelier ou le Magasin, sorte d’encyclopédie thématique de l’Antiquité à l’usage du poète débutant ou de l’apprenti orateur. Ces deux ouvrages ont été plusieurs fois réédités jusqu’au milieu du XVIIe siècle, en subissant de profonds remaniements pour répondre à de nouveaux besoins scolaires. Rabelais a remprunté à l’Officina la généalogie traditionnelle des géants gréco-romains. Au premier contreplat figure l’ex-libris manuscrit de Joannis Durus (Jean Durus), suivi d’une inscription latine indiquant que l’ouvrage a été acheté à l’épouse et aux héritiers de Joannis Guterus (Jean Gouthière?) en 1555. Intéressant exemplaire conservé dans sa première reliure en veau estampé. Renouard, Inventaire chronologique des éditions parisiennes du XVIe siècle, II, 1511-1520, n°2489. Adams, Catalogue of books printed on the continent of Europe, 1501-1600 in Cambridge libraries, II, p. 135, n°211. Olivier Pédeflous, « De l’art de recoudre les “vieilles rapetasseries” : rééditions et actualisations des Epitheta et de l’Officina de Ravisius Textor », Le Discours du livre. Mise en scène du texte et fabrique de l'œuvre sous l'Ancien Régime, Classiques Garnier, 2011, pp. 299-319.
Paris, Union latine d'éditions, 1931. In-8 (215 x 169 mm), 3 ff. réglés vierges, 3 ff. n. ch., VIII pp., 224 pp., 3 ff. n. ch., 3 ff. réglés vierges. Demi-chagrin marron à coins, dos à nerfs orné, non rogné, tête dorée, quelques frottements (reliure de l'époque).
Premier tirage des illustrations du peintre Paul Dardé. Cette édition, traduite et annotée par Raoul Mortier, est illustrée de 20 planches hors texte en couleurs de Paul Dardé. Elle fut tirée à 1000 exemplaires numérotés, celui-ci sur vergé chiffon. La nouvelle traduction de Raoul Mortier parut l'année d'avant en 1930. Un “artiste maudit”. Paul Dardé (Olmet, 1888-Lodève, 1963) quitta l'école à 13 ans pour aider son père comme berger. Il continua à lire et s'amusa au modelage et à la sculpture. Remarqué, il fut présenté au graveur et professeur de dessin de Lodève Max Théron, qui lui enseigna son art pour la plus grand joie de son nouvel élève. Au cours de son service militaire il suivit les cours du soir de l'École des Beaux-Arts de Montpellier. Il obtint plusieurs prix, fut admis à celle de Paris en 1912 et reçut une bourse pour aller en Italie. Il y voyagea plusieurs mois, abandonna à son retour l'École des Beaux-Arts de Paris, fit un bref passage dans l'atelier de Rodin et se mit à travailler seul. En 1914, il partit au front, comme brancardier, fut hospitalisé puis réformé. En 1919, il commença sa série de commandes commémoratives de monuments aux morts pour des villes du sud de la France. Au salon de 1920, il exposa au Grand Palais à Paris son Grand faune qui obtint le Grand Prix National des Arts. Cette notoriété lui apporta des commandes. En 1924, il installa un plus grand atelier près de Lodève. Cependant il contracta des dettes qui l'amèneront à la perte de tous ses biens, vendus aux enchères. En 1936 il s'exila à Saint-Maurice-Navacelles sur le Larzac, où il se construisit de ses propres mains un nouvel atelier et une demeure spartiate. Il n'en redescendit que 20 ans plus tard, alors très malade, et termina ses jours à Lodève dans une petite maison familiale. On trouve ses œuvres conservées au Musée d'Art Occidental Moderne de Tokyo (Tête de Christ, 1919), au musée d'Orsay à Paris (Eternelle douleur, 1913), au musée national de Préhistoire des Eyzies (L'Homme Primitif, 1931), et surtout au Musée Fleury de Lodève (2 800 dessins et 567 sculptures dont le Grand faune). Il illustra, outre La chanson de Roland, La Croisade contre les Albigeois, Hamlet et Macbeth de Shakespeare. Bon exemplaire en reliure du temps. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, III, p. 360. Monod, Manuel de l’amateur de livres illustrés modernes 1875-1975, I, n°2563.
Socrate chrestien. Et autres oeuvres du mesme Autheur.
Imprimé à Rouen, et se vend à Paris, chez Augustin Courbé, 1661. In-12 (130 x 72 mm), 12 ff. n. ch., 399 pp. et 32 pp. n. ch. Veau fauve glacé, armes dorées au centre des plats, dos à nerfs orné, roulette dorée sur les coupes, coins légèrement émoussés, forte brunissure d'origine dans la marge aux pp. 175-176 et 179-180 (reliure de l'époque).
Seconde édition. Ouvrage de théologie morale par un des fondateurs du classicisme. Le personnage portant le nom de Socrate ne réfère au philosophe que par sa méthode d'interrogation. Cette apologie du christianisme contient également Trois discours envoyez a monsieur Descartes portant sur le rapport de la philosophie à la vérité et à la morale chrétienne. La page de titre est illustrée d'un élégant bandeau gravé sur cuivre. L'exemplaire de Nicolas Lambert de Thorigny (1657-1729), à ses armes. Président de la Chambre des Comptes, il fut un bibliophile renommé dont la collection fut vendue un an après sa mort par Gabriel Martin. Cette famille avait fait édifier par Le Vau le fameux Hôtel Lambert à la pointe de l'Île de la Cité. Ex-libris gravé de Jack Wallis ; ex-libris armorié de Federico Lobetti Bodoni (1946-), notaire et photographe piémontais. Bel exemplaire à provenance remarquable. Tchemerzine I 369 (pour l'originale de 1652). OHR, 18 pl. 1772, fer 1. Bibliotheca Lambertina, Paris, 1730, n°3126.
Les Œuvres diverses. Avec son Pédant joüé
Rouen, Jean B. Besongne, 1678. In-12 (138 x 84 mm), 419 pp. ; 154 pp. Basane fauve janséniste, dos à nerfs, pièce de titre, des restaurations, rousseurs, exemplaire coupé court (reliure de l'époque).
L'œuvre de Cyrano de Bergerac. Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655) est l'auteur d'une comédie méconnue Le Pédant joué, que Molière a su utiliser. Admis dans le cercle de Gassendi il se trouva en compagnie de Molière, Chapelle, La Mothe Le Vayer. Il avait une profonde admiration pour Descartes. Dans ses lettres il fait preuve d'une verve philosophique digne de Montaigne ou des Lumières. Machiavélique en politique, ses pamphlets s'adressèrent aussi bien à Mazarin qu'aux Frondeurs. Cependant son grand œuvre est l'Histoire comique des états et empires de la Lune et du Soleil. Ce n'est pas là l'ouvrage d'un farfelu ou d'un fou littéraire. Il avait de solides connaissances scientifiques. Il a peut être rédigé l'un des livres de La Physique de Rohault. Il ne faisait en fait qu'adapter en matière d'astronomie les connaissances de son temps. Cette édition comprend, outre les Lettres et Le pédant joué, l'Histoire comique. Ex-libris manuscrit “A. Chauliac”. Exemplaire conservé dans reliure d'époque. Tchemerzine, II, 714.
Paris, NRF, 1935. In-12 (188 x 120 mm), 274 pp., 2 ff. n. ch. Broché, couverture imprimée, non coupé, dos uniformément plus foncé.
Edition originale, un des 130 exemplaires sur Navarre. Initialement publié en feuilletons dans le journal Marianne entre avril et juin 1935, Maison basse fut publié en juin par Gallimard dans la collection blanche. Après ses succès littéraires empreints de fantastique, La Jument verte et Le Nain, Marcel Aymé surprit ses lecteurs en publiant ce roman sociologique, prétexte à une critique des ravages causés par la nouvelle architecture urbaine. Ancré dans le Paris en crise des années 30, l’ouvrage conte les péripéties des habitants d’un immeuble moderne faisant face à une petite maison du quartier des Epinettes, où résida Marcel Aymé à partir de 1931. Très bel envoi autographe à son ami Claude Nicot: "En témoignage d’admiration et d’amitié". Comédien et metteur en scène, Claude Nicot (Paris, 1925-2003) rencontra Marcel Aymé lors de l’adaptation de sa pièce Les Maxibules, jouée au théâtre des Bouffes-Parisiens en 1961. Bel exemplaire.
Paris, H. Fournier jeune, 1830. In-8 (212 x 133 mm), 2 ff. n. ch.,, 449 pp., 2 pp. n. ch. Demi-maroquin havane à coins, filet d'encadrement à froid, dos lisse orné dans l'esprit Romantique, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés, réparation de papier dans la marge de 5 feuillets (p.93 à 104) et sur les couvertures, des piqûres (Pierre-Lucien Martin).
Seconde édition en partie originale. Cette nouvelle édition est augmentée des deux pièces suivantes : L'occasion et Le carrosse du Saint-Sacrement. À l'instar de la première, cette édition fut publiée anonymement. La Notice sur Clara Gazul est signée de Joseph L'Estrange, pseudonyme sous lequel se cachait Prosper Mérimée. ‹‹ Aussi recherché que la première édition ›› (Clouzot). Le Théâtre de Clara Gazul est le premier ouvrage écrit par Mérimée, et sa première mystification. En effet, l'auteur fait croire que Clara Gazul, soi-disant comédienne espagnole, est l'auteur des différentes pièces en prose du recueil. Il récidivera dans la supercherie avec son deuxième ouvrage, La Guzla, qui eut tout autant de succès. ‹‹ Première manifestation dramatique, en France, de la création romantique, […] l'ouvrage remporte un considérable succès dès sa parution ›› (Larousse). Bel exemplaire en reliure de Pierre-Lucien Martin. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 200 ; Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne 1801-1875, II, p. 134 ; Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes…, XIV, p. 218.
Paris, Alfred Daber, 1959. In-folio (400 x 295 mm). En feuilles, couverture parme rempliée, titre imprimé sur le premier plat, chemise et étui de l'éditeur toilé rouge.
Cette édition est illustrée de 30 lithographies originales en couleurs par Maurice Brianchon à pleine page. Tirage total à 147 exemplaires sur vélin, tous signés par l'artiste. L'exemplaire est enrichi de la plaquette descriptive et du bulletin de souscription. Bel exemplaire.
Le Moyen de Parvenir. Nouvelle édition.
Paris, Grangé, 1757. 2 volumes in-12 (143 x 82 mm), 1 f. n. ch., LXXVI pp., 335 pp. ; 1 f. n . ch., LII pp., 330 pp. Maroquin rouge, triple filet d'encadrement, dos lisse orné, pièce de titre et de tomaison en maroquin olive, filet sur les coupes et les coiffes, roulette intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque).
La plus belle édition. Cette édition contient la dissertation de La Monnoye et est augmentée des imitations du Moyen de parvenir en vers latins ou français et un sommaire des chapitres. Elle est illustrée d'un frontispice gravé par Martinet figurant le portrait de Béroalde de Verville placé à l'envers dans un médaillon. ‹‹ Jolie édition, préférable à celle de 1773, qui en est la copie, et à toutes les autres ›› (Brunet). Le Moyen de parvenir est un répertoire de petits contes joyeux et de quolibets auxquels ont amplement puisé non seulement Tabarin et le pseudo-Bruscambille, mais encore d'Aubigné dans son Baron de Fœneste, et Sorel dans son Francion (Brunet). Composé dans les dernières années de sa vie, l'ouvrage assura à son auteur une renommée posthume, grâce à de très nombreuses éditions. Des bibliothèques Guelle Tersy, avec son ex-libris imprimé et contrecollé au verso du premier plat sur chaque volume ; Ripault, avec son ex-libris aux armes et devise "D'espérrer servira" ; et Charles Bertrand, avec son ex-libris imprimé en doré, sur pièce de cuir rouge. Très bel exemplaire en maroquin d'époque. Brunet, Manuel des libraires et de l'amateur de livres, I, col. 806 et 807 ; O.H.R., Manuel de l'amateur de reliures armoriées françaises, pl. 965.
Un jeune officier pauvre. Fragments de journal intime rassemblés par son fils Samuel Viaud.
Paris, Calmann-Lévy, 1924. In-8 (194 x 138 mm), 2 ff. n. ch., VIII pp., 256 pp. Maroquin aubergine, double filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné, auteur, titre, lieu et date dorés, roulette intérieure, tête dorée, en partie non coupé, couvertures conservées, dos légèrement passé, accroc à la coiffe supérieure, coins émoussés, traces de cire au premier plat (reliure du temps).
Exemplaire sur vélin du Marais. Nouvelle édition, publiée un an après l’originale. Bon exemplaire. Talvart & Place, Bibliographie des auteurs modernes, XII, p. 270.
Paris, Antoine de Sommaville, 1653. 2 volumes in-folio. Maroquin rouge, double encadrement d'un double filet doré sur les plats, petit fer en écoinçon, dos à nerfs richement orné aux pointillés, armes au centre, tranches dorées (reliure de l'époque).
Édition originale de la traduction de Pierre du Ryer, historiographe de France. Cette traduction est accompagnée des suppléments de Jean Freinsheim, bibliothécaire et historiographe à Stockholm, au palais de la reine Christine de Suède, à qui l'ouvrage est dédié. Exemplaire aux armes de Mazenod de Pazevin. “Marc-Antoine Mazenod, seigneur de Pazevin et de la Bastie, fut avocat au Parlement de Lyon et échevin de la même ville. Il rassembla une bibliothèque importante composée de livres reliés pour la plupart en veau ou en maroquin qu'il légua aux Jésuites de Lyon” (O.H.R). Exceptionnel exemplaire en maroquin XVIIe. Graesse, Trésor de livres rares et précieux, IV, p. 234. O.H.R., Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, pl. 1520.
Les Aventures de Télémaque, fils d'Ulysse.
Paris, Antoine-Augustin Renouard, 1795. 2 volumes in-4 (293 x 212 mm), de 2 ff. n. ch., 366 pp. ; 4 ff. n. ch., 348 pp. Maroquin rouge, jeu de roulettes dorées encadrant les plats, dos à nerfs orné, roulette sur les coupes et les chasses, tranches dorées, la tomaison de la reliure a été inversée et rectifiée postérieurement (reliure de l'époque).
Un ouvrage à visée pédagogique. Les Aventures de Télémaque furent écrites par Fénelon (Sainte-Modane, 1651-Cambrai, 1715) pour servir à l'enseignement du duc de Bourgogne. Il s'agissait de faire connaître au futur souverain, petit-fils de Louis XIV, la culture Antique qui imprégnait alors toute la civilisation moderne. Et de lui donner, à travers l'histoire d'Ulysse et de son fils Télémaque, une formation morale et politique, lui enseigner l'art de régner et de faire prospérer un royaume. Les Aventures s'inscrivent dans la lignée de son Traité de l'éduction des filles (rédigé en 1681), lorsqu'il est directeur de l'Institut des Nouvelles Catholiques, internat parisien. Le texte, publié en 1699 à l'insu de l'auteur, contenait une implicite critique de l'absolutisme et les plus hauts personnages de la cour ont cru se reconnaître à travers certains portraits satiriques. Malgré sa défense, Fénelon dut quitter la cour. L'ouvrage fut rapidement interdit et diffusé clandestinement dans toute l'Europe. L'édition du libraire-bibliophile Renouard. Cette édition fut imprimée par Pierre Causse à Dijon, sous la direction du libraire Antoine-Augustin Renouard. Elle est ornée d'un titre gravé, avec le portrait de Fénelon par Gaucher d'après Vivien en médaillon. L'ouvrage, d'une très belle qualité typographique, est imprimé sur papier vélin. Il fut tiré à 265 exemplaires, dont 240 furent immédiatement achetés par le baron de Lunas pour employer des assignats. Ceux-ci ne réapparaîtront qu'en 1817, à la vente des livres de feu le baron. Cet ouvrage est donc d'une rareté extrême en reliure de l'époque comme ici. Antoine-Augustin Renouard (1765-1853) prit une part active aux débuts de la Révolution. Électeur de 1791 et 1792, il est membre du conseil général de la Commune de paris et commissaire civil en 1793. C'est vers cette date qu'il commence à publier des éditions d'ouvrages classiques qui se font remarquer par leur élégance et leur correction. Arrêté puis libéré en 1794 et 1795, Renouard sera breveté libraire en 1812. Il se retire en 1825. Il sera maire du 11e arrondissement (actuel 6e) quelques années. Collectionneur et bibliophile, il est également l'auteur de nombreux ouvrages de bibliographie, dont les Annales de l'imprimerie des Alde (1803-1812), Catalogue de la bibliothèque d'un amateur (1819), Annales de l'imprimerie des Estienne (1837). Pierre Causse (1761-1834) succéda en 1788 à son père Jacques (1725-1802), imprimeur du parlement de Bourgogne et de l'académie des sciences de Dijon. Sa carrière d'imprimeur-libraire s'arrête en 1795, date à laquelle il confie son imprimerie à Jean-Pierre Moroge et se lance dans la politique. Superbe exemplaire en maroquin à dentelle de l'époque. Renouard, Catalogue de la bibliothèque d'un amateur, II, p. 209 ; Graesse, Trésor de livres rares et précieux, II, p. 565 ; Mellot et Queval, Répertoire d’imprimeurs/libraires XVIe-XVIIIe siècle, n°879 et 3205.
Paris, Nicolas Chesneau, 1575. In-4 (234 x 175 mm), 8 ff. n. ch., 248 pp., 12 ff. n. ch. Vélin, décoration au centre des plats dans le style Renaissance de l'époque, composée d'arabesques et de filets dorés estampés, filet doré d'encadrement, dos lisse à faux nerfs dorés, petit fer en caissons, pièce de titre en maroquin brun, tranches dorées, exemplaire réglé, mouillure dans le coin inférieur d'un cahier (reliure de l'époque).
Édition originale. De Privilegiis rusticorum aborde les privilèges légaux dont jouissaient les populations rurales dans le droit romain et civile. Comme Jean Bacquet et Jean Bodin, Choppin s'est servi du droit romain et des principes féodaux pour défendre un état centralisé dominé par le pouvoir royal. Les privilèges ruraux furent un sujet rarement exploré. Le traité de Choppin fit référence et fut réédité de nombreuses fois. Un travail bien écrit et remarquablement complet. René Choppin (Le Bailleul, 1537-Paris, 1606) fut un des plus célèbres jurisconsultes de son siècle. Il plaida longtemps au Barreau du Parlement de Paris, puis il vieillit dans son cabinet où il était consulté comme un des plus illustres oracles du droit. Il avait beaucoup d'esprit, d'érudition et une prodigieuse mémoire. Il se passionna pour l'antiquité et l'usage. Son second volume sur la coutume d'Anjou lui attira les honneurs de la ville d'Angers. Il fut anobli en 1578 par Henri III pour son De Domanio et son De Privilegiis rusticorum est “rempli de belles recherches et de décisions très notables” (Moreri). Bel exemplaire réglé en vélin doré du temps. Halperin, Le Juriste de la ville et l'homme des champs. Le "De privilegiis rusticorum" de René Choppin. Moreri, Le Grand Dictionnaire historique.
Paris, Alphonse Lemerre, 1873. In-12 (176 x 112 mm), 4 ff. n. ch., 258 pp. Demi-maroquin vert bouteille, dos à nerfs orné de caissons à froid, auteur et titre dorés (reliure de l'époque).
Édition originale "très recherchée" (Clouzot). Lorsqu’éclate la guerre franco-prussienne, Alphonse Daudet participe à la résistance des Parisiens lors du siège effectué par les armées ennemies. Engagé dans le 96ème bataillon de la Garde nationale, il effectue son service au fort de Montrouge. C'est de cette expérience de la guerre que sont issus les Contes du lundi. Ce recueil est, avec les Lettres de mon moulin, le plus célèbre de l'auteur. Ex-libris au monogramme L.C.B.A.V. non identifié, contrecollé sur le premier contreplat. Très bon exemplaire en reliure du temps. Clouzot, Guide du bibliophile français. XIXe siècle, p. 81 ; Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, III, p. 41.
Nantes-la-grise, ses vingt-huit ponts.
Nantes, Charles Boite, 1923. In-4 oblong (250 x 330 mm), 18 ff. Broché, couvertures illustrées.
Cet ouvrage est illustré sur chaque page d'un dessin de Jules-Félix Grandjouan, soit 40 dessins à l'encre en tout, couvertures recto et verso comprises. Cet ouvrage fut tiré à 300 exemplaires, tous numérotés et signés à la main par l'artiste. Jules Grandjouan (Nantes, 1875-Nantes, 1968) était le cousin de Jean Émile Laboureur. Son goût pour le dessin l'ayant emporté sur l'étude notariale, il fit ses débuts professionnels en 1897. Il s'installa à Paris vers 1900 et devint un dessinateur de presse prolifique. Il dessina d'une part pour la presse syndicaliste et libertaire, et pour l'autre part la presse humoristique. Il fit aussi de nombreuses contributions à L'Assiette au Beurre. Il illustra Bubu de Montparnasse, de Charles-Louis Philippe, les dessins d'Albert Marquet ayant été refusés par l'éditeur. Militant syndicaliste, anti-militariste, il fut condamné en 1910. Il demeura attaché toute sa vie à sa ville natale où il y mourut. Très bon exemplaire. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, 1976, V, p. 167.
Paris, d'Houry, 1782. In-8 (200 x 120 mm), 676 pp. Veau marbré, dos à nerfs orné, pièces de titre fauve et noire, tranches mouchetées rouges (reliure de l'époque).
L'annuaire officiel de la Cour au XVIIIe siècle. Cet almanach fut publié de 1700 à 1792 par Laurent d'Houry et ses héritiers successifs. Il fut remplacé par l'Almanach national. "D'une sorte de calendrier qu'il était à l'origine, se contentant d'un "discours général sur les changements de l'air et autres événements de l'année" et de quelques prédictions politiques plus ou moins banales, l'Almanach devint un véritable annuaire officiel, n'ayant plus que faire des "discours" et des "prédictions" (Grand-Carteret). En plus de l'indispensable calendrier, on trouve notamment dans cet ouvrage les dates de naissance et d'alliances, la liste des membres du clergé, des responsables des Maisons royales, des officiers de l'armée, des acteurs de la vie politique (parlementaires, conseillers d'État, fermiers généraux…), des membres des ordres de chevalerie ; la liste des bibliothèques, des membres des Académies, des chirurgiens et pharmaciens royaux, des foires les plus importantes ; les heures de départ des postes pour le courrier et le transport de personnes… L'ouvrage s'achève par une table des matières. Bon exemplaire en veau de l'époque.